Le nouveau Paris - 1861

Le nouveau Paris

Le Siècle — 29 mars 1861

L'ex-commune de la Maison-Blanche, au-delà du boulevard d'Italie, est une des parties annexées qui offrent le plus de difficultés pour le nivellement, car d'un côté il s'agit de franchir les hauteurs de la Butte-aux-Cailles, et de l'autre il faut remblayer des fondrières, des carrières abandonnées ; aussi n'y voyait-on, naguère encore, que ruelles et sentiers tortueux, le chemin du Pot au-Lait, le chemin de la Fontaine-Mulard, le sentier de la Tripière, etc.

En attendant que les grandes études d'ensemble soient complètes, l'administration municipale fait rectifier les voies tortues, élargir les ruelles et paver les rues. Celle de la Santé, qui forme la limite orientale du XIVe arrondissement, vient d'être mise à l'alignement, malgré les constructions de l'ancien hospice Sainte-Anne, que cette rectification écorne au nord-est, et qui doivent entièrement disparaître. Cet hospice, fondé au treizième siècle par Marguerite de Provence, veuve de Louis IX, occupa d'abord l'emplacement où se trouve aujourd'hui le Val-de-Grâce; mais quand Anne d'Autriche fonda ce monastère, elle relégua l'hospice Ste-Anne à l'endroit qu'il occupe maintenant.

Cet établissement a servi tour à tour d'annexe à l'Hôtel-Dieu, dans les moments d'épidémies, d'asile pour les convalescents et, en dernier lieu, l'administration de l'assistance publique y créa une ferme où l'on essaya d'employer des aliénés aux travaux agricoles ; mais depuis 1854 la personnel de cette petite colonie a été réintégré à Bicêtre.

Au haut de cette rue de la Santé s'élèvent deux rotondes de pierre, que l'on prendrait pour de grosses tours tronquées, ce sont les glacières, dont une seule renferme maintenant 1.600 tombereaux de glace, c'est-à-dire trois millions de kilogrammes. À quelque trois cents mètres de là, l’administration de la guerre fait construire un poste caserne sur la route stratégique.

Léon Leymonnerye (1803 - 1879 - Glacière établie à Paris près de la Bièvre (1864)

Une autre des principales artères de ce quartier, et qui escaladait péniblement la colline dont elle porte le nom, la rue de la Butte-aux-Cailles, a été nivelée en pente douce, parfaitement pavée et bordée de granit ; aussi, des habitations fort belles y ont été immédiatement construites. La rue du Moulin-des-Prés, qui descend un peu brusquement vers les prairies de la Bièvre, ne tardera pas à être à son tour aplanie, et les habitants ne peuvent manquer d'affluer dans cette portion du Nouveau-Paris.

C'est qu'en effet l'on ne peut désirer de plus charmante perspective que celle dont on jouit de la butte aux Cailles ; pour l'horizon, l'on a le château de Bicêtre qu'encadrent les peupliers de Gentilly; à droite, des pentes où les habitations sont étagées de la façon la plus pittoresque, et au pied du mamelon, les deux bras da la Bièvre, bordés de saules, serpentent à travers des prés émaillés de clochettes jaunes, et font leur entrée dans le faubourg Saint Marcel, entre deux haies de peupliers.


Extrait d'un plan de 1868 - Les boulevards de Port-Royal et Arago sont encore à l'état de projet
 
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Lu dans la presse...

Un nouveau pont

Un nouveau pont vient d'être construit sur la route militaire qui entoure Paris, entre la porte de la Gare et celle de Vitry. Il est parallèle au boulevard Masséna, et franchit la ligne du chemin de fer d'Orléans. De cette façon, on peut parcourir la ligne stratégique sans rencontrer d'obstacles. (1877)

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Pour les Petits Ménages, Maisons et jardins

C'est aujourd'hui qu'on inaugure la « fondation Singer-Polignac » devant un nombreux et élégant public d'invités.
À vrai dire, ce n'est pas « tout près d'ici ». C'est à l'autre bout de Paris, à la Glacière, tout près des « fortifs » dans un quartier essentiellement populaire, où l'on vient d'achever une nouvelle église, une nouvelle paroisse, Sainte-Anne, qui succède à la chapelle Bréa. Rue de la Colonie, entre les baraques en planches d'une population inconnue et une usine ; on y arrive par la place d'Italie et la rue Bobillot. (1911)

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La mort de M. Curie

Les obsèques de M. Curie ont été célébrées, hier, avec la plus grande simplicité et sans aucune cérémonie.
Dès trois heures arrivèrent à la maison mortuaire, 108, boulevard Kellermann, des professeurs de la Sorbonne et du Collège de France, ainsi que des membres de l'Institut. Tour à tour ils pénétraient dans la petite maison... (1906)

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Les transformations de Paris

L'administration vient de faire déposer à la mairie 13e arrondissement le plan parcellaire des propriétés dont la cession est nécessaire en tout ou en partie pour exécuter :
1° L'élargissement à 40 mètres de la rue Mouffetard, entre le boulevard Saint-Marcel et les boulevards d'Italie et de l'Hôpital ;
2° La transformation de la place d'Italie, entre la rue Mouffetard et les boulevards de la Gare et d'Italie ;
3° L'ouverture, entre cette place et la Gentilly, d'un boulevard de 34 mètres de largeur, donnant à l'ouest le pendant du boulevard de l'Hôpital. (1867)

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Logements à bon marché

Paris nous réserve toutes les surprises, et ses historiens, malgré leurs patientes recherches, n'arrivent que difficilement à nous signaler les faits bizarres, les trouvailles imprévues que les faits-divers nous révèlent chaque jour et par hasard.
On vient de découvrir qu'en plein cœur de la capitale il existe une maison habitée par une cinquantaine de locataires depuis plus de vingt ans et que cet immeuble n'a ni propriétaire ni concierge. (1896)

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La maison sans maître

Tout au bout de l'avenue d'Ivry, près des fortifications, se trouve une impasse dont l'accès est si étroit, qu'aucun véhicule n'y peut pénétrer sans raser et détériorer les murailles des maisons qui la bordent ; c'est le passage d'Ivry.
Tout au fond de ce passage se dresse une maison branlante, dont l'histoire est bien extraordinaire. (1904)

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La maison puante

Par quoi le fait de n'avoir ni propriétaire, ni concierge, ni loyer à payer ne constitue pourtant pas le bonheur.
M. Navarre a entretenu hier le conseil municipal d'une maison de son quartier qui n'a ni propriétaire, ni concierge, mais qui n'est pas sans locataires, ou plutôt sans habitants. (1907)

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La Butte-aux-Cailles nouvelle butte « sacrée »

Elle pourrait bien être en passe de gagner le titre de nouvelle Butte sacrée, cette Butte-aux-Cailles, au nom plein de charme évocateur, qu'on songe à la splendeur cynégétique ou à la petite amie souriante, chantante et potelée. (1927)

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Le nouveau Paris

L'ex-commune de la Maison-Blanche, au-delà du boulevard d'Italie, est une des parties annexées qui offrent le plus de difficultés pour le nivellement, car d'un côté il s'agit de franchir les hauteurs de la Butte-aux-Cailles, et de l'autre il faut remblayer des fondrières, des carrières abandonnées... (1861)

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Les projets pour le XIIIe arrondissement

Le treizième arrondissement se compose, comme le douzième, d'une fraction de l'ancien Paris et d'une partie annexée. Cette dernière est comprise entre les anciens boulevards extérieurs, les rues de la Santé et de la Glacière, les fortifications et la Seine. La butte des Moulins, la butte aux Cailles et les bas-fonds de la Bièvre, en font une des régions les plus mouvementées de la zone suburbaine, et, par conséquent, une de celles qui présentent le plus d’obstacles à une viabilité régulière; de là, des tâtonnements et de longues études. (1863)

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Les travaux du chemin de fer de Ceinture : du pont Napoléon au tunnel de Montsouris

Les travaux du chemin de fer de Ceinture, toujours conduits avec la même activité, sont terminés sur une grande partie, du parcours, en ce qui concerne les terrassements et les ouvrages d'art ; aussi a-t-on, déjà commencé le ballastage, la pose des voies et l'édification des bâtiments de stations. (1866)

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Le viaduc de la Bièvre

On continue à s'occuper très sérieusement du tracé du chemin de fer de ceinture sur la rive gauche ; les études du pont à jeter sur la Seine et celles du viaduc dans la vallée de la Bièvre sont maintenant terminées. (1861)

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