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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 13

13

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VI
Où la connaissance continue à se faire
(suite)

— Voilà une réflexion excessivement juste, cher marquis… Quel bonheur d’avoir des enfants déjà grands, quand on est soi-même dans la force de l’âge ! s’écria le vicomte avec une conviction simulée.

— En effet, poursuivit le marquis, on a le temps de les guider soi-même dans les sentiers difficiles de l’existence, de les aider de ses conseils, de les éclairer de son expérience... Hélas ! je ne connaîtrai point cette félicité !

— Oh ! ne dites pas cela ! vous ne voyez donc pas le mal que vous me faites ?

— Si, du moins, continua avec tristesse le vieillard, si du moins, j’avais la bonne fortune de rencontrer un honnête homme qui se chargerait de rendre Aimée heureuse !

— Et quel est le mortel assez insensé, assez dénué de tout sentiment pour ne pas s’estimer heureux de consacrer ses jours à l’accomplissement d’une tâche aussi douce et aussi délicate ? prononça avec feu le vicomte.

— Parmi les prétendus qui se sont présentés déjà, je vous avoue que je n’en ai rencontré aucun qui fût digne de ma confiance.

— Ah ! marquis, cher marquis ! Si je ne me croyais pas indigne de cette confiance dont vous parlez...

— Eh bien ? interrogea le vieillard sur le ton de l’encouragement.

— Eh bien ! répliqua avec enthousiasme de Moreuil, eh bien ! je vous dirais : permettez-moi de vous donner désormais le doux nom de père !

— Vous, Lucien !

— Oui, j’ai cette ambition ; et si vous accueillez ma demande avec faveur, je vous jure que tout ce que j’ai de tendresse, tout ce que j’ai d’affection, je le consacrerai au bonheur de votre fille adorée !

— Oh ! merci, mon enfant ! mille fois merci !... Dans mes bras, Lucien, dans mes bras ! C’est un père qui va te presser sur son cœur !

Le soir même, Lucien de Moreuil faisait part au baron de Gurgloff du succès de sa démarche.

— Bien joué, mon fils ! dit le baron ; je suis content de vous ! Voilà donc le papa décidé à cette union : c'est en atout dans notre jeu. Il reste maintenant le consentement de la demoiselle.

— Oh ! une petite fille sans expérience, est-ce que ça peut avoir une volonté ?

— Hé ! hé ! quelquefois... ça c’est vu... ne vous y fiez pas !

— Enfin, demain vous l’apprendrez vous-même, car j’ai annoncé au marquis votre visite.

— Ma visite ?

— Oui, pour la demande officielle. Là, en votre présence, le marquis interrogera Aimée, et je ne doute point, moi, qu’elle ne réponde : oui !

— Nous verrons bien ! conclut le baron.

— Avez-vous songé aux actes de l’état civil ?

— Soyez sans inquiétudes, j’en possède une collection très authentique, fabriquée en Allemagne, fit de Gurgloff, en riant.

— Parfait !... à demain, alors !

— À demain ! comptez que je plaiderai votre cause avec chaleur.

— Merci.

Les deux complices, après s’être donné une chaude poignée de main, se séparèrent très satisfaits l’un et l’autre de la tournure que prenait l'affaire.

Le lendemain, ganté de frais, correctement cravaté, élégamment serré dans son gilet à un seul bouton et dans son habit d’une coupe irréprochable, le baron se faisait annoncer chez le marquis d’Évry.

Après les salutations d’usage et quelques mots relatifs au mariage projeté, ainsi qu’à la situation personnelle du futur, le marquis manda sa fille auprès de lui.

— Ma chère enfant, dit-il, je te présente le baron de Gurgloff, un ami de fraîche date, mais qui ne nous en est pas moins dévoué.

— Que le baron soit le bienvenu ! prononça d’une voix harmonieuse la jeune fille.

Gurgloff s’inclina.

— Aimée, continua le marquis, M. le baron m’a fait l’honneur de m’adresser une requête que je n’ai point voulu accepter d’une façon définitive sans ton approbation.

— Une demande ? articula Aimée avec étonnement.

— Oui ! il est question d’une alliance à laquelle je souscris des deux mains, moi, mais qu’il faut que tu agrées avant tout, puisqu’il s’agit de ton bonheur.

— Du reste, observa le baron, le vicomte Lucien de Moreuil, dont je suis l’interprète en cette circonstance solennelle, ne veut devoir sa félicité qu’à la volonté librement exprimée de Mlle d’Évry.

— Ah ! il s'agit de M. de Moreuil ? fit Aimée.

— Oui, mademoiselle, répliqua le baron. Le vicomte m’a délégué auprès de vous pour vous donner l’assurance de son affection la plus sincère et vous demander la faveur de consacrer sa vie à vous rendre heureuse.

— Puisque le marquis mon père, me laisse libre et me promet d’être franche...

— Assurément ! interrompit le marquis.

— Eh bien ! je vous prierai, M. le baron, de remercier le vicomte de Moreuil. Sa recherche m'honore ; mais je ne peux y donner suite en ce moment.

— Ah bah ! fit le marquis stupéfait.

— Je désire, mon père, vouer mes jours au soulagement de votre vieillesse.

— Oh ! oh ! pensa le baron, il doit y avoir un amour sous roche.

M de Gurgloff ne se trompait pas.

Le cœur de l'héritière des d’Évry avait battu déjà pour le comte Gontran de Maurevailles !

Gontran était lieutenant de spahis. Un congé d’une année l’avait ramené à Paris, auprès de sa mère, veuve du comte Louis de Maurevailles qu’elle avait épousé trente ans auparavant et ont elle avait eu deux enfants : notre héros et une fille. Cette dernière, Mathilde, âgée de seize ans, à l’époque où a commencé notre récit, achevait son éducation dans un couvent de province, et attendait avec impatience l’heure des vacances pour embrasser son frère qu’elle adorait et qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps.

Le lieutenant était donc dans toute la force de l’âge et dans la pleine efflorescence de la jeunesse. Assez joli garçon, au physique, il avait contacté, sous le soleil d’Afrique, le hâle particulier qui prête aux visages énergiques un aspect martial.

Certes, quand il remontait, à cheval, l'avenue des Champs Élysées, vêtu de son brillant costume, sa bonne grâce et sa haute stature faisaient retourner vers lui plus d'une tête curieuse de femme. Les hommes le considéraient at aussi, et chacun d’eux murmurait :

— Voilà le type du parfait gentilhomme et du brave soldat !

Le 13e en littérature

La rue du Petit-Banquier

Le colonel Chabert

par
Honoré de Balzac

Le comte Chabert, dont l'adresse se lisait au bas de la première quittance que lui avait remise le notaire, demeurait dans le faubourg Saint-Marceau, rue du Petit-Banquier, chez un vieux maréchal des logis de la garde impériale, devenu nourrisseur, et nommé Vergniaud.

(1832)

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La rue des Vignes Saint-Marcel (Rubens)

Les Misérables

par
Victor Hugo

Ce promeneur, s’il se risquait au delà des quatre murs caducs de ce Marché-aux-Chevaux, s’il consentait même à dépasser la rue du Petit-Banquier, [...], ce promeneur hasardeux atteignait l’angle de la rue des Vignes-Saint-Marcel, latitudes peu connues.

(1862)

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La cité Doré

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

À la hauteur de la place Pinel et de l’abattoir, entre le boulevard de la Gare et le boulevard de l’Hôpital, s'étend un vaste terrain qui est loué par bail à divers locataires. Le type même de la saleté et de la misère imprévoyante se trouve dans le rassemblement de masures, coupé de ruelles en zigzag et qu’un hasard ironique fait appeler cité Doré. Les cours des miracles devaient être ainsi.

(1899)

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Le marché aux chevaux

La maison Philibert

par
Jean Lorrain

Le Marché aux chevaux du boulevard de l’Hôpital, derrière la gare d’Orléans, sa grande cour pavée enclose de grilles dominant en terrasse le boulevard Saint-Marcel, son mouvement, ces allées perpétuelles de bêtes et de gens d’écuries, ces groupes de gros maquignons ventrus...

(1904)

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Refuge Nicolas Flamel

Enfants perdus

par
Léo Larguier

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.

(1931)

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La Butte aux-Cailles

Les Loups de Paris

par
Jules Lermina

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

(1877)

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En remontant le boulevard de l'Hôpital

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

(1889)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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L'Hôpital de la Vieillesse pour femmes, autrement dit la Salpétrière, comptait, en 1860, 4422 lits dont 1341 pour les aliénées. En moyenne, par an, dans les années 1850-60, 2100 aliénées y faisaient leur entrée et 800 y mourraient.

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Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.

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Lorsque fut conçu le projet de doter le quartier Maison Blanche d'une nouvelle église, il était prévu que celle-ci soit construite rue Damesme en face des écoles communales et qu'une rue la relie directement à la place Paul Verlaine.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.