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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 17

17

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


IV
Trois orphelins font une famille
(suite)

— Oui da. Cette mioche que voilà fait marcher l'autre au doigt et à l'œil.

Et l'autre, tout innocente qu'elle est, est adroite de ses mains comme un petit singe. Ça balaie, ça frotte, ça range et même ça coud comme une petite femme.

— Sœur Julie sait très bien coudre, fil Miette. Il n'y a qu'à lui dire. Sœur Julie sait faire beaucoup de choses, pourvu qu'on la commande comme il faut. II n'y a personne comme elle pour arranger les petits bouquets. Maman Coutard en vendait tous les jours une pleine petite corbeille à son kiosque de la gare.

— Tiens ! tiens ! tiens ! exclama Furet.

— Et cette petite-là, fit la Fricotte en montrant Miette, c'est une vraie ménagère, jamais on n'a vu d'enfant avoir tant d'idée que ça. Tenez, patron, ça ne sera pas difficile à faire, votre ménage, je m'en chargerai, moi, si vous voulez, et en prenant vos repas chez vous, eh ! bien, vous y trouverez encore votre compte.

— Du coup, me voilà bourgeois tout à fait. Une cuisinière à M. Furet ! Excusez ! quel genre !

Huit jours après, le ménage de Furet marchait comme sur des roulettes.

L'équilibre du budget, compromis un instant, était rétabli. Et même considérée comme une « affaire », l'adoption si généreusement pratiquée par le brave garçon n'était point trop onéreuse.

Une seconde alcôve avait été rajoutée au logement, moyennant le déplacement d'une moitié de paroi et l’adjonction d'un petit mur moitié en briques, moitié en boîtes à sardines.

Remplies de sable sec et jointoyées avec un peu de chaux, les boites à sardines sont des matériaux de construction fort acceptables.

Et, soit dans certains coins de Vaugirard - aux environs de la rue de Javel — soit à la cité Doré, soit au Petit-Mazas, ou même à la cité de la « Femme en culotte », plus d'une « maison » de chiffonniers — et des plus huppés, — n'est pas construite avec d'autres pierres de taille.

Toutefois, ce n'était, dans la pensée de Furet, qu'une construction provisoire en attendant qu'il eût rétabli le niveau de ses affaires. Car, malgré toute l'économie possible, il avait fallu dépenser beaucoup.

Les enfants n'avaient même pas un mouchoir de rechange. On les avait nippées d'occasion, à des prix doux.

Puis, la question du coucher ne s'était pas non plus réglée sans dépense.

Un sac de laine dans le vieux panier de la roulote — Furet l'avait conservé comme une relique — avait fait le lit de Miette. Sur un cadre en bois, avec un fond de toile à voile, on avait arrangé le lit de sœur Julie. Mais la laine, les draps, les couvertures, les ustensiles de ménage et de cuisine faisaient encore un chiffre. Sauf une petite réserve, bien petite, toutes les économies de Furet y avaient passé.

En revanche, on était monté comme des princes, disait Furet. Et ces trois créatures abandonnées formaient maintenant une petite famille, famille bizarre, mais heureuse et contente de son sort.

Les enfants, d'ailleurs, gagnaient leur vie. C'était Miette qui, la première, avait mis la chose sur le tapis.

Miette avait quelque éducation. Elle savait lire, écrire, un peu compter Elle était même très avancée pour son âge. Furet lui donnait des leçons d'un peu de tout, quand il avait le temps, lui prêtait ses petits livres d'autrefois Miette ne s'ennuyait jamais. Mais Julie, qui savait lire, aussi et même écrire, mais pour qui les mots semblaient n'avoir pas de sens, devenait parfois désagréable quand elle était désœuvrée.

Un matin que Furet avait rapporté du théâtre un bouquet fané, Miette lui dit :

— Est-ce qu'on peut vendre des petits bouquets à la gare ?

— Non, fit Furet, mais peut-être ailleurs.

— Alors, apporte des fleurs. Nous ferons des petits bouquets et nous les vendrons.

Le lendemain, elles étaient à l'œuvre. Julie travaillait sans mot dire avec une activité machinale, une adresse inconsciente et un goût instinctif qui faisaient en même temps peine et plaisir à voir.

Drôle de fille ! pensait Furet en la regardant. Quel dommage que le grand ressort soit cassé !

C'était, en effet, un singulier phénomène que cette fillette, forte et fraîche, pleine de vie animale, mais à qui manquait l'étincelle de la pensée et du sentiment. Les yeux fermés, elle était charmante ; les yeux ouverts, elle était navrante, avec son regard mort.

Pourtant, elle n'était pas idiote, comprenant ce qu'un lui disait et capable d'en garder quelque souvenir. De ce qu'elle avait appris à l'école, elle n'avait rien oublié. Mais ce qu'elle savait n'avait plus de sens pour elle ; et, pour qu'elle fît quelque chose, il fallait que la volonté vînt d'ailleurs. Chez elle, la volonté, la conscience, la personnalité n'existaient plus. C'était une machine demeurée intacte, mais dont le moteur avait été brisé. Pour la faire marcher, il fallait remplacer le ressort absent. C'était l'âme de Miette qui faisait vivre ce corps.

Il suffit à Miette de mettre des fleurs devant elle et de lui dire — Fais des bouquets.

Puis, les bouquets faits, Miette lui donna deux petites corbeilles :

— Arrange-les.

Et avec la même activité, la même indifférence et le même goût, Julie dressa les deux corbeilles.

Furet accompagna « ses filles » à la porte des écoles et des cours où l'on pouvait trouver la meilleure clientèle.

Par une série de calculs très savants sur les heures des cours, il avait combiné une « tournée » aux bons endroits.

Et, comme il était quelque peu connu, son succès fut complet.

D'ailleurs, les enfants n'étaient point banales. La gentillesse de Miette et la disgrâce même de Julie avaient quelque chose de touchant. Même, un jour, à la porte de l'école de médecine, un professeur, curieux de ce phénomène, l'examina non sans attention et parut s'intéresser vivement à son histoire.

En moins de huit jours, la clientèle était faite. Les bouquets s'enlevaient par panerées. Julie suffisait à peine à les confectionner. Et Furet émerveillé disait en se frottant les mains :

— Voilà que ces petites morveuses vont, tout à l'heure, gagner plus que moi !

Entre temps, Furet avait écrit à Bordeaux pour retrouver, s'il se pouvait, les parents des fillettes. Toutes les réponses se ressemblèrent : La famille Coutard avait disparu. La grand'mère des enfants, dernière survivante de tous les siens, était partie pour Paris avec les petites filles et on ne leur connaissait nulle part des parents, même éloignés.

— Eh ! bien, me voilà père de famille, se disait Furet. Elles sont à moi maintenant ! Y a plus personne qui puisse me les réclamer. Bonne affaire !

Car, maintenant, il sentait que si on venait les lui reprendre, il ne s'en consolerait pas.

Le matin, en se levant — souvent très tard, quand il « était du cinq » au théâtre — lorsque Miette lui jetait ses deux bras au cou en lui disant : « Bonjour papa Furet », le cœur lui fondait de joie. Il y avait dans cet abandonné l'instinct profond de la famille. N'ayant pas eu le bonheur d'être fils, il se rattrapait en devenant père. C'était presque la même chose et c'était même mieux.

En matière d'affection, le bonheur est de donner plus que de recevoir, et plus il exige de sacrifices, plus il a de douceur. Furet était l'homme le plus heureux du monde.

Miette, elle aussi, rayonnait.

— Tu es le petit papa, je suis la petite maman et sœur Julie est notre grande fille, disait-elle à Furet.

— Ça va trop bien ! ça ne peut pas durer, disait Furet. Pour sûr, il va noua arriver quelque chose !

Et en effet, une catastrophe se préparait.

 

Le 13e en littérature

La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

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La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

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Le quartier de la Gare

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

(1908)

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La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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Un Treizième à découvrir dans...

Enfants perdus

par
Léo Larguier
(1931)

La criminelle

par
Jules Lermina
(1881)

Les Loups de Paris

par
Jules Lermina
(1877)

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)

Refuge Nicolas Flamel

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

La Butte aux-Cailles

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

En remontant le boulevard de l'Hôpital

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...


Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)


La dame de pique

par
Jules de Gastyne
(1906)


Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)


Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

La rue du Dessous-des-Berges

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Pour aménager la Place d'Italie, une fois les pavillons Ledoux abattus, il fallut abaisser le niveau d'un des côtés de plus d'un mètre et exhausser l'autre d'autant. L'idée était également de diminuer ainsi la pente de la rue Mouffetard, future avenue des Gobelins, qui se révélait impraticable aux engins lourds dans ses derniers mètres.

*
*     *

C'est en 1897 que fut achevé le percement de la dernière partie de la rue Bobillot entre la place d'Italie et la rue de la Butte-aux-Cailles.

*
*     *

Fin décembre 1877, les travaux de la future rue de Tolbiac étaient dans un état d'avancement marqué.
Les immenses remblais qui faisaient face à la Butte-aux-Cailles et les déblais du côté de la rue d'Alésia étaient presque terminés.
Encore quelques jours, et les deux quartiers que séparait la vallée de la Bièvre seraient réunis. Restaient à exécuter et le rachat des différences de niveau des petites rues qui aboutissent à la voie nouvelle, et la mise en état de viabilité de la chaussée elle-même. À la hauteur de la rue du Moulin-des-Prés on avait construit une voûte qui enjambait cette voie.
Cette voute connue un temps comme le « pont des suicidés » fut enterrée en 1902 lors du relèvement de la rue du Moulin-des-Prés.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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