logo paris-treizeime.fr
UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

    plan 13e
  • Accueil
  • Lieux
  • Faits divers
  • Dans la presse
  • Les drames du 13e
  • Un jour dans le 13e
  • La Bièvre
  • Promenades
  • Littérature
  • Le 13e avant le 13e
  • Feuilleton
  • Plans

logo paris-treizeime.fr
Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

Logo P13

  • ACCUEIL
  • LIEUX
  • FAITS DIVERS
  • DANS LA PRESSE
  • UN JOUR DANS LE 13e
  • LA BIEVRE
  • PROMENADES
  • LITTÉRATURE
  • LE 13e AVANT LE 13e
  • FEUILLETON
  • PLANS

Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 13

13

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


III
Enfant du pavé
(suite)

— Mieux que ça, mon garçon, professeur de collège. Seulement comme l'Université, que tu ne connais pas, ce dont je te félicite, me nourrissait de coquilles de noix et me traitait presque comme ton patron t'a traité, je me suis fait saltimbanque. J'ai appliqué la science à l'escamotage. Ce n'est peut-être pas un « art libéral » mais il me nourrit avec beaucoup plus de libéralité. Viens avec moi, tu verras du pays, tu mangeras à ta faim, et je t'apprendrai ce que tu n'apprendrais pas à l'école : les moyens de gagner ta vie.

Furet hésitait beaucoup. Non pas que la chose lui déplût, au contraire. Mais il lui semblait que ce serait mal de ne pas retourner chez son maître.

Furet avait encore le respect de l'autorité.

Quand il rentra dans le magasin, le patron regardait dans une vitrine l'image de son nez, lequel, fortement marbré de rouge et de bleu, représentait au naturel une petite aubergine avariée. Les « peaux de chèvre clouées » avaient fait ecchymose comme disent les médecins.

En apercevant Furet le patron s'écria :

— Oh ! te voilà canaille !

Puis sautant, sur son tire-pied, il bondit vers l'enfant en allongeant le bras gauche et levant le bras droit.

Furet bondit également, mais vers la porte et prit ses jambes à son cou.

Puis quand il fut hors de portée :

— Au plaisir de ne pas vous revoir, lui cria-t-il. Et soignez votre trompette !

C'est ainsi que Furet fut conduit à faire ses débuts dans la vie d'artiste.

Il y réussit du reste admirablement.

Souple et fluet, il apprit très vite à se désosser. Intelligent et toujours curieux de s'instruire, il fut pour son nouveau maître un élève exceptionnel.

Au bout de six mois, il lui servait de petit compère dans les trucs les plus difficiles.

Le vieux professeur qui, par moments avait la nostalgie de renseignement, était heureux d'avoir un disciple à former. Furet, à treize ans, était une façon de petit savant, et le pitre .de la troupe l'avait baptisé « Sorbonne ». Il apprit la boxe et le chausson, le saut périlleux et la théorie de la pile électrique. Vêtu en petit page, il apportait sur la scène les accessoires essentiels et, comme il devenait très joli museau, il avait beaucoup de succès auprès du public féminin.

C'était trop beau ; cela ne pouvait durer. Un soir, le vieux professeur fut pris de fièvre chaude et mourut. Son fonds fut acheté par un physicien, dépourvu d'amabilité mais abondamment fourni de famille et dont le premier acte de propriétaire fut de faire endosser à l'un de ses enfants le costume de Furet à qui son congé fut signifié.

Furet se trouvait donc une fois encore sur le pavé. Mais cette aventure, quoique fâcheuse, n'était point aussi cruelle que la précédente. Furet avait quatorze ans, cinquante francs en poche, un peu d'expérience acquise et beaucoup de confiance en lui-même.

Congédié à Corbeil, il gagna Paris tout de suite avec l'idée bien arrêtée de demeurer son maître et de s'établir à son compte.

En débarquant de la gare d'Orléans, il prit d'instinct le chemin de la rue Mouffetard, voulant peut-être revoir un quartier où il avait passé deux de ses plus heureuses années. Comme il tournait le coin de la rue Buffon, une averse glacée se prit à tomber. Deux ou trois jeunes gens qui marchaient devant lui se mirent à courir en disant :

— Allons nous chauffer au cours, pendant ce temps l'averse passera.

Furet leur emboîta le pas, et tout courant, leur demanda :

— Est-ce que je ne pourrais pas me chauffer aussi ?

— Tant que tu voudras, mon garçon. Le cours est public ; entre qui veut.

Furet trouva qu'il faisait vraiment bon dans cette salle. Puis, la leçon, bien qu'il n'en comprit que des bribes, l'intéressa vivement. Il s'agissait des « nerfs olfactifs » si délicats chez certains animaux. Furet apprit avec surprise qu'en employant telles et telles odeurs, on peut attirer à volonté chiens, chats, pigeons, etc. Il resta jusqu'au bout de la leçon, et quand il retrouva le froid humide de la rue, l'idée lui vint que dans un cas de besoin, c'était là un refuge possible et qu'on y apprenait tout de même « des choses qui pouvaient servir ».

Ce hasard décida de son sort. Il résolut de se fixer à portée de ces cours dont il avait lu la liste fort longue sur les murs de l'amphithéâtre. Non pas pour les suivre, mais parce que l'idée lui venait qu'on pouvait y faire ses affaires en vendant, à la porte, des journaux, des brochures, des crayons, etc.

C'est ainsi que Furet fut conduit à se mettre dans le commerce et dans l'enseignement supérieur en même temps.

Comme tous les commerçants, il eut des hauts et des bas. Il connut la vache enragée et les jours sans pain.

Mais jamais il ne désespéra. Tour à tour marchand de journaux, commissionnaire, petit clerc d'huissier à quinze francs par mois, il vécut tant bien que mal. Aux jours de chance, il s'était créé un domicile, cité Doré, dans une vieille cahutte en planches qu'un chiffonnier lui avait louée au mois. Les étudiants avaient fini par le connaître et cela lui faisait une clientèle. Quand les fonds manquaient pour acheter de la marchandise, il allait en exploration, courait les bois et la banlieue, ramassait ceci ou cela, le vendait.

Il s'intitulait lui-même « marchand de tout ce qu'on peut avoir gratis et vendre comptant ». Les cours du Muséum et d'autres encore, qu'il fréquentait volontiers, lui avaient révélé des tas de petits métiers où, tant bien que mal, on finissait par gagner sa vie.

Il ramassait des plantes pour les herboristes, des insectes d'eau pour les marchands d'aquariums, des fleurs des champs pour les bouquetières, des hannetons pour les écoliers, des œufs de fourmi pour les volières du Jardin des plantes, que sais-je encore ?

Puis un jour de détresse, le hasard lui mit dans la main vingt francs de récompense pour un chien trouvé. Ce fut une branche d'industrie qu'il exploita désormais, en y mettant du sien. La leçon du premier cours qu'il avait entendu lui revint en mémoire et plus d'une fois il « trouva » fructueusement des amours de petits chiens qu'il avait un peu bien aidé à se perdre.

Ce fut un chien, un petit havanais magnifique, c'est-à-dire hideux, qui lui fit passer l'eau et l'introduisit dans le monde dramatique. Furet l'avait récolté sur la place du Châtelet, pas bien loin du théâtre. Le havanais appartenait à une étoile de féerie qui menait à la baguette non-seulement l'enchanteur de la pièce, mais le directeur de la maison.

La bonne fée avait un cœur d'or.

Elle adorait son chien et ne haïssait pas les jolis museaux. La frimousse de Furet lui plut et son bavardage l'amusa. Furet se présentait d'ailleurs avec tant d'aisance qu'elle devina en lui l'habitude des planches. Elle lui fit conter son histoire, s'attendrit, éclata de rire, et, finalement, lui proposa de le faire engager au théâtre dans la figuration, l'assurant qu'il ferait son chemin.

Furet marchait dans ses seize ans à ce moment, et quoique petit et fluet pour son âge, il était de bonne mine. On ne pouvait pas dire qu'il fût beau ; ses traits manquaient un peu de régularité. Mais il y avait ce diable d'œil qui remplissait toute la figure, cet œil dont on ne voyait pas s'il était noir à force d'être bleu ou bleu à force d'être noir. Et puis des mains fines, des pieds menus, un sourire plein de malice, des dents blanches et de l'esprit comme un gamin de Paris, voire un gamin perfectionné. Pour sûr, cet enfant trouvé devait avoir de la race et sa naissance devait cacher quelque mystère distingué.

Le théâtre compléta Furet, le fit Parisien fieffé.

 

Le 13e en littérature

La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

Lire


L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

Lire


La rue du Banquier

Madame Gil-Blas

par
Paul Féval

Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.

(1856)

Lire


La Barrière des Deux-Moulins

Les Chifffonniers de Paris

par
Turpin de Sansay

En suivant les rues Saint-Victor, du Marché-aux-Chevaux et de Campo-Formio, on arrivait à la barrière des Deux-Moulins, située de l'autre côté du boulevard extérieur.

(1861)

Lire


La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

Lire


Le boulevard Saint-Marcel

Les Baisers rouges

par
Montfermeil

A travers Paris jusqu'à la rue Coypel...

(1900)

Lire


La rue de la Vistule

La fille du fusillé

par
Paul Samy

Huit heures du soir sonnaient à l’horloge de l’hôpital Marie-Lannelongue, située à l’angle de la rue de Tolbiac et de l’avenue d’Ivry, quand une automobile, arrivant par l’avenue d’Italie, tourna dans la rue de la Vistule et s’arrêta devant une petite grille terminant un mur, derrière lequel s’élevait une maisonnette.

(1924)

Lire

Un Treizième à découvrir dans...

Les Loups de Paris

par
Jules Lermina
(1877)

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)

La criminelle

par
Jules Lermina
(1881)

La Butte aux-Cailles

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

En remontant le boulevard de l'Hôpital

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?


Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)


Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)


Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)


La dame de pique

par
Jules de Gastyne
(1906)

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.

A travers la Maison-Blanche

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

La rue du Dessous-des-Berges

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

La création de la caserne des pompiers de Port-Royal fut décidée en 1883.

*
*     *


Abel Hovelacque, député du 13ème arrondissement, dont le nom a été donné à la rue de Gentilly en 1899, fut le promoteur de l'Ecole Estienne qui ouvrit le 20 novembre 1889. Cette école occupe ses locaux actuels depuis le 1er juillet 1896. Abel Hovelacque ne vit pas cette installation car il mourut le 22 février 1896 à l'age de 53 ans.

*
*     *

Dans l’après-midi du 5 octobre 1883, des agents arrêtaient un individu qui s’apprêtait à prendre un bain dans le bassin de la place d’Italie.
Cet homme prétendait être un diplomate en mission spéciale : « Je suis envoyé par M. Carnot, a-t-il dit, près de l’amiral Avelane, afin de le prémunir contre les dangers qui le menacent et moi aussi. » En même temps, il montrait ses lettres de créances, consistant en un billet de sortie de l’hôpital Sainte-Anne.
Il est vraisemblable qu’il y soit retourné aussitôt.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

A propos de ce site

Mentions légales

Politique de confidentialité

Recherche


© paris-treizieme.fr 2010-2026