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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 22

22

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VIII
Le nouveau plan du baron
(suite)

—Tenez, lisez ce que cet homme ose m’écrire ! fit avec dégoût Mlle Aimée, tout en présentant au baron la lettre qu’elle voyait de parcourir.

— C’est de l’audace ! articula de Gurgoff, après en avoir pris connaissance.

Mais, comme cette missive contenait des renseignement précieux pour le baron et qu’il désirait vivement les avoir plus complets, il insista afin que le porteur fût interrogé.

La jeune fille se laissa persuader et l’auxiliaire du lieutenant fut conduit en présence de Mlle d’Évry et de M. de Gurgolf, sous les traits de qui il fut loin de reconnaître M. Polydor.

Lame-d’acier raconta la scène de la Bibine de la rue de Bièvre, que nos lecteurs connaissent, la disparition du marquis, enlevé par Sans-Malice et Négriot au domicile du père Grognard.

Tous ces faits étaient tellement inouïs, tellement improbables, s’ils n’eussent été machinés d’avance, qu’Aimée en tira la certitude de la culpabilité du comte de Maurevailles.

— Retournez auprès de celui qui vous envoie, dit-elle d’un ton courroucé ; retournez auprès de l’homme qui vous paye et assurez-le de ma part, que je ne suis plus la dupe de ses honteuses inventions.

Lame-d’Acier était absolument hébété. Il pivota sur lui-même, ainsi qu’un ivrogne à qui ses jambes refusent leur service et sortit ahuri.

Plongé dans la plus grande stupéfaction, ne comprenant rien à ce qui se passait, il ne songea même point à protester, et se dirigea tout courant vers l’hôtel de Maurevailles.

Malheureusement, Gontran, qui désirait prendre du repos en vue de la rencontre du lendemain, avait défendu sa porte, et le pauvre garçon ne put l’entretenir, le domestique n’osant pas enfreindre la consigne.

Le baron de Gurgloff prit congé de Mlle d’Évry, se promettant d’utiliser les précieux renseignements qu’il venait de recueillir.

Restée seule, Aimée fut accablée sous le poids de sa douleur. Les désillusions affreuses qui envahissaient son âme, l’attristaient, en causant à son cœur un chagrin poignant.

Eh quoi ! elle avait été trompée, trahie ! L’homme en qui elle avait placé son amour et sa confiance n’était qu’un gredin vulgaire, plus habile que les autres, il est vrai, mais par là même d’autant plus coupable !

Ah ! quelle peine cruelle, elle éprouva ! Que ces constations horribles d’une trahison infâme furent douloureuses pour son cœur !

Pleure ! malheureuse enfant ! Pleure   Plus tes larmes seront amères, plus ta joie sera immense, le jour où tu connaîtras la froide vérité, si du moins tu es destinée à l‘apprendre ?

Puisse le ciel, pour te consoler, accomplir ce miracle ! Puisse-t-il te dévoiler la réalité des événements que tu ignores !

Mais, hélas ! qui donc conduira, à travers le dédale de fourberies insignes, ton esprit qui se heurte aux mille suppositions hourdies par un maître en l’art de l’hypocrisie et de l’astuce ?

Personne, sans doute !

Celui qui pourrait t’éclairer est voué à une mort certaine : les pistolets biseautés du baron de Gurgloff attendent leur victime, et demain, probablement, un crime de plus aura été consommé !

IX
Dénouement

Le baron, on a pu s’en apercevoir déjà, était un homme d’action et de résolution.

À peine eut-il appris les incidents dont « la Bibine » de la rue de Bièvre avait été le théâtre et l’enlèvement du marquis d'Évry, qu’il courut à une station de voitures, avisa un fiacre dont le cocher donnait sur le siège, s’engouffra dans le véhicule et, ouvrant la portière du devant, donna l’adresse de la rue du Fer à-Moulin.

L'automédon, fortement assoupi, n’avait point aperçu la silhouette de son voyageur, de telle sorte qu’il ne fut nullement surpris, en arrivant à destination de voir descendre M. Polydor.

C’était bien lui, en effet, avec sa barba grise, ses chevaux d’un blanc sale, ses bésicles bleues et sa casquette en abat-jour.

Le baron, dans la voiture même, s’était trans formé, mettant une perruque et une barbe fausses, endossant une vieille houppelande, qu’il portait au instant auparavant sur le bras, à la façon d’un pardessus plié, tirant de l’une des pochas de cet ample vêtement sa casquette, dont le claque du baron vint prendre la place.

La transformation était complète.

De Gurgloff avait calculé qu’à son domicile de la rue du Fer-à-Moulin, il trouverait probablement un avis officieux de ses dignes amis Négriot et Sans-Malice.

Le rusé personnage ne se trompait point !

— Eh ! bonsoir, m’sieur Polydor ! exclama la concierge avec force salutations ; vous avez fait bon voyage ?

— Mais fui, matame Lenoir, merci... Y a-t-il tes lettres pour moi ?

— En voici une, m’sieur Polydor.

— Pien ! merci.

Ayant reconnu l’écriture de Sans Malice, il glissa une pièce de cinq francs dans la main de la portière, qui se confondit en remerciements, et monta chez lui avec précipitation.

Excepté pour M. Polydor, le billet de Sans-Malice était assez énigmatique. Il disait en substance :

 — « Le ballot égaré est retrouvé ! »

C’était une phrase convenue d’avance entre les complices, Dans la circonstance, le Ballot signifiait : le Marquis !

— Bon ! pensa le faux brocanteur, me voilà fixé ! Courons à la masure du Corbeau rouge !

En sortant, il dit à la concierge :

— La leddre gue fus m’afés remise m’abbrend une vâcheuse nouvelle.

— Ah ! mon Dieu, tant pis !

— Un barent qui est pien malate... Che vas le vaire dransborder chez moi.

— Et je le soignerai comme défunt mon homme ! acquiesça la portière.

Cette assurance amena un sourire sur les lèvres railleuses de M. Polydor, qui continua son chemin.

Quelques heures après, le marquis d’Évry, grelottant la fièvre, affaibli, le cerveau encore troublé par les hallucinations du délire, était transporté sur une civière avec l’aide de messieurs Sans-Malice et Négriot, au domicile de cet excellent monsieur Polydor, à qui sa concierge attendrie ne put s’empêcher de prodiguer des éloges.

— Ah ! quel cœur d’or vous avez ! Vous êtes le roi des locataires.

Le 13e en littérature

La rue du Dessous-des-Berges

La dame de pique

par
Jules de Gastyne

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

(1906)

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A travers la Maison-Blanche

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

(1907)

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La poterne des Peupliers

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

(1910)

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La rue des Peupliers

Perdues dans Paris

par
Jules Mary

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

(1908)

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Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

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La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

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La Butte-aux-Cailles

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

(1910)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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L'Eglise Sainte-Anne de la Maison Blanche, de style romano-byzantin, est due à l'architecte Prosper Bobin. Elle repose sur 71 pilotis dont certains atteignent 22 mètres pour retrouver le sol naturel. Ses clochers mesurent 35 mètres.

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Le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital s'y installa le 1er avril 1878 revenant ainsi à proximité de son emplacement initial où il avait été installé une première fois au XVIIe siècle et dont il avait été chassé en 1866 pour permettre l'achèvement du boulevard Saint-Marcel.
Entre ces deux périodes le marché aux chevaux était implanté sur le boulevard d'Enfer, futur boulevard Raspail, non loin du boulevard du Montparnasse, sur un terrain rejoignant le futur boulevard Edgar Quinet, alors boulevard de Montrouge.

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Selon Henri Sauval, avocat au Parlement (1623-1676), auteur de « Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris » dont une édition parue en 1724 est facilement accessible, le faubourg Saint-Marceau de composait de quatre quartiers : Mallemaison, Copeaux, Reculettes et Fosse-aux-larrons, autrement dit la potence, aboutissant par en haut à la chaussée de Vitry et par le bas au sentiers des Tripes. Sauval précise que dans la fosse-aux-larrons, il y avait un lieu-dit « Les Tripes ».
Il y eut un chemin puis une rue de la Tripière dans le 13e jusqu’en 1872 au moins, voie qui fut ensuite confondue avec la rue du Gaz.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.