Faits divers

 Place Pinel, un modèle tombe dans un guet-apens

Drame mystérieux

Place Pinel, un modèle tombe dans un guet-apens

C'est par deux femmes que fut attaquée Mlle Buisine. — Après que l'une l'eût aveuglée avec du poivre, l'autre la poignarda

Le Petit Parisien — 20 septembre 1911

La place Pinel, voisine du boulevard de la Gare, dans le treizième arrondissement, a été le théâtre hier soir d'une tentative d'assassinat, encore entourée de mystère.

Il était un peu plus de neuf heures et demie, lorsqu'un taxi-auto déboucha de la rue Esquirol et s'arrêta sur la place. Deux jeunes femmes, vêtues avec une certaine élégance, en descendirent.

La place Pinel

Celle qui semblait la plus âgée, une grande blonde, paya le chauffeur. L'autre tandis que I’auto s'éloignait, gagna l'angle de la rue Pinel, où sa compagne alla bientôt la rejoindre. Elles se concertèrent un instant et se séparèrent: La première alla se poster à l'une des extrémités de la place ; sa compagne demeura au coin où elle s'était arrêtée tout d’abord.

Peu après, une troisième femme passa Elle traversait la place Pinel, se dirigeant vers Le boulevard de la Gare, lorsque la grande blonde s'élança sur elle et lui jeta au visage une poignée de poivre en poudre.

La malheureuse poussa un cri et tenta de fuir, mais, littéralement aveuglée elle ne put aller bien loin...

Rejointe aussitôt par la compagne de celle qui l'avait attaquée tout d'abord, elle tomba bientôt, frappée en pleine poitrine de deux coups de stylet.

Un ouvrier mécanicien de M. Benoist demeurant rue du Gaz, oui avait assisté de loin il cette scène dramatique, alla prévenir les agents.

L'état de la blessée, transportée dans une pharmacie, fut jugé grave. Elle portait de profondes blessures au-dessous du sein gauche. On la conduisit à l'hôpital Cochin.

M. Yendt, commissaire du quartier Croulebarbe, ouvrit une enquête. La victime une jeune femme de vingt et un ans, Mlle Alice Buisine, posait à l'école des Beaux-Arts. Elle habitait chez sa mère, 28, rue Watteau.

Longtemps, elle avait fréquenté les établissements du quartier Latin mais, il y a quelques mois, dégoûtée de la vie galante, elle avait adopté une existence plus régulière.

Interrogée par le magistrat, Mlle Buisine lui a déclaré qu'elle n'avait pu reconnaître les femmes qui l'avaient attaquée. Elle avait tout lieu de croire, ajouta-t-elle, que celles- ci avaient agi pour le compte d'une de ses anciennes rivales qu'elle a refusé de nommer.

Le service de la sûreté, informé, a été chargé d'éclaircir cette affaire.


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Louise Buisine, qui fut attaquée, l'avant-dernière nuit, place Pinel, par une inconnue, a été interrogée hier par M. Yendt, commissaire de police. La jeune femme, qui n'a d'ailleurs été blessée que très légèrement, a déclaré ne pas connaître son agresseur et a refusé de porter plainte.

Le Matin — 21 septembre 1911

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Saviez-vous que... ?

Eugène Oudiné, sculpteur et graveur en médailles, membre; de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, né le 1er janvier 1810, est décédé en avril 1887. Son nom était populaire car on pouvait lire sa signature sur toutes les pièces de monnaie frappées depuis 1870. Prix de Rome en 1851, il avait été élève de Gallé, de Petitot et d'lngres. Vers 1844, il fut attaché au Timbre et à la Monnaie. Ce qu'on connaît le plus de lui, ce sont les effigies des pièces de cent sous. Oudiné a pourtant exécuté bon nombre de statues.
La ville de Paris l'honora en 1934 en donnant son nom à la rue Watt prolongée.

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La rue située entre la rue du Château des Rentiers et la rue Nationale fut dénommée rue Deldroux, en 1888.
Deldroux était un canonnier qui, en 1871, préféra, mourir que de rendre sa pièce.

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Le 4 octobre 1923, par suite d'un dérapage, un camion-auto, chargé de caisses vides, renversait un candélabre en face le numéro 41 de la rue de Tolbiac.

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La mairie du 13e a été construite sur les plans de Paul-Emile Bonnet, architecte et grand prix de Rome (1828-1881). Les extensions latérales sont dues à Antoine Soudée.
M. Bonnet avait aussi étudié, sur un terrain à l'angle de la rue de Tolbiac et de la rue Damesme, un projet d'église qui ne fut pas exécuté et que celui de l'église Saint-Anne remplaça.

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