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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 25

25

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


IX
Dénouement
(suite)

— Libre ! libre ! s’écria le vieillard, ce n'est pas un jeu, n’est-ce pas ? Vous ne voudriez pas vous moquer d’un infortuné, n’est-il pas vrai ?

— Vous pouvez sortir !

— Oh ! merci, merci ! Qui que vous soyez, comptez désormais sur ma reconnaissance.

—C’est bon, c’est bon ! Filez ! C’est le plus urgent. Nous verrons le reste plus tard, si nous avons le temps.

La concierge essaya de s’opposer au départ des trois personnages.

— Allons, vieille pipelette, laisse-nous passer.

— Non, non, je proteste ! vous n’amènerez pas le fou ! M. Polydor me l’a confié !

— Assez de jérémiades comme ça, la vieille !

Et, ce disant, Lame-d’Acier repoussa brutalement la digne Mme Lenoir.

C’est ainsi que le marquis arriva à temps pour empêcher la signature du contrat de sa fille avec Lucien de Moreuil.

Après la scène du retour que nous connaissons, Lame-d'Acier s’en alla, tout courant, chez son ami l’officier.

Gontran était toujours étendu sur son lit de douleur ; néanmoins, un mieux sensible dans l'état du blessé s’était déclaré depuis quarante-huit heures, et le docteur répondait maintenant de son salut.

Si la science était pour beaucoup dans cette guérison, les soins d’une mère tendre et affectionnée y contribuèrent pour une large part.

En effet, la comtesse de Maurevailles, que nous avons dû négliger forcément puisqu’elle ne se trouvait pas liée à notre récit, la Comtesse de Maurevailles, disons-nous, veilla nuit et jour au chevet de son enfant chéri. Elle ne confia à personne le soin d’exécuter les ordonnances du médecin : seule, elle suffit à tout !

Lorsque Lame-d’Acier se présenta à l’hôtel et demanda à voir l’officier, on lui refusa l’accès auprès de Gontran.

Il insista ; le valet de chambre en référa à madame la comtesse.

Celle-ci, qui avait souvent entendu son fils prononcer, dans le délire de la fièvre, le nom de l’étrange visiteur accolé à celui de Mlle d’Evry, se rappela cette particularité et donna l’ordre d’introduire le nouveau venu.

Lame-d’Acier, à la vue de la vénérable comtesse, resta tout d’abord interdit. Il tortillait sa casquette, ne sachant où la fourrer, ni que faire de ses mains.

Il était assurément bien embarrassé, bien interloqué, le brave garçon ; mais Mme de Maurevallles ne prolongea pas longtemps son embarras.

— Vous connaissez mon fils ? fit-elle.

— Oui, Madame, oui ! et je lui suis dévoué, je m’en vante !

— Je le crois, en effet. Oui... il me semble...

— Oh ! n’en doutez pas !

— Vous désirez lui parler ?

— Oui, parce que la nouvelle que je lui apporte est bonne et qu’elle le guérira tout-à-fait.

— Vraiment ?

— J’en suis sûr.

— Oh ! quel bonheur ! Venez, venez vite.

Nous abrégerons ce récit, dont le lecteur entrevoit le dénouement.

Conduit dans la chambre de l'officier, Lame-d’Acier raconta la série d’évènements auxquels il avait assisté.

Aimée était libre ! la lieutenant n’eut désormais d’autre pensée dans l’esprit.

L'amour lui fit retrouver des forces, en hâtant sa guérison.

Que dirons-nous de plus ?

 

Huit jours après, Gontran, accueilli à bras ouverts par le marquis, était prosterné aux genoux de Mlle d’Évry.

— Aimée, chère Aimée, voulez-vous être à moi ? disait-il.

— Gontran, ça sera le vrai bonheur ; voici ma main ! fit Mlle d'Évry

Un chaste baiser scella l’union de ces deux âmes devant Dieu !

Quelques mois plus tard, le vénérable curé de l'église Sainte Clotilde bénissait le mariage des deux fiancés.

Le jeune ménage était aussi heureux qu’on peut l'être sur cette terre : pas un nuage au firmament de leur bonheur !

Lucien de Moreuil n’était plus qu’un fugitif et lointain souvenir, que rien, du reste, ne rappelait à la pensée des nouveaux époux, car le vicomte, assurait-on, avait mis violemment fin à ses jours.

On parla durant vingt-quatre heures de cet évènement ; puis il alla s’abîmer dans le gouffre de l’oubli.

Le baron de Gurgloff déclara, peu de temps après sa mésaventure, qu’il allait voyager.

Il quitta Paris, en effet, et ou ne le revit pas de plusieurs années.

La disparition du baron entraîna tout naturellement celle de M. Polydor. De ce fait, Mme Lenoir accrocha bientôt à la porte cochère de la maison de la rue du Fer-à-Moulin l’écriteau traditionnel : « Appartement à louer ». Un écrivain public consciencieux avait ajouté : « fraîchement décoré » !

Quelle illusion mensongère !

De tous nos personnages, celui qui, à coup sûr, fut le plus regretté, est sans contredit M. Polydor.

Son départ plongea dans la désolation l’excellente Mme Lenolr, la concierge, et plongea dans la consternation la plus vive toute la « pègre » de Paris.

Négriot, Sans Malice, l’Assommeur et François-le-Carrossier se firent remarquer parmi les plus affligés. Ce bon M. Polydor leur manquait.

Les habitués du tapis-franc de la rue de Bièvre prirent le deuil pendant huit jours.

Mais un deuil à leur façon et qui a peu de chance de s’acclimater dans la société aristocratique.

Ces messieurs, en signe de tristesse et d’affliction, s’offrirent réciproquement des tournées réitérées d’absinthe.

On vit des buveurs qui, au quinzième verre de cette liqueur, versèrent des larmes.

Nous laissons à nos lecteurs le soin de décider si ces pleurs étaient provoqués par l’émotion de l’ivresse ou par le regret du départ de M. Polydor.

Nini-Faucheux avoua qu’elle était grandement coupable de n’avoir point essayé, par l’attrait de ses charmes, de retenir à Paris le susdit M. Polydor.

— D'autant, ajouta-t-elle en manière de commentaire, d’autant que j’aurais pu, pour m’établir, « barbotter dans ses baguenaudes », car il en avait des « fafiots » de mille. (Fouiller dans ses poches. — Billets de banque de 1,000 fr)

Excellente fille ! Elle entendait sérieusement l’économie sociale, cette demoiselle.

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.

A la fin de ce chapitre, l'auteur réintroduit Nini Faucheux, que nous connaissions déjà pour l'avoir entrevue sous le nom de "Mimi" dans l'épisode 5.

Le 13e en littérature

Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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La ruelle des Reculettes

Les Monstres de Paris

par
Paul Mahalin

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...

(1879)

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Le quartier Croulebarbe

Robespierre

par
Henri-Jacques Proumen

Il pouvait avoir cinq ans, ce petit Riquet de la rue Croulebarbe. On lui en eût donné quatre tout au plus, tant il était fluet Son pauvre petit corps se dandinait sur deux longues pattes de faucheux qui prenaient assise dans deux godasses démesurées...

(1932)

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L'octroi de la porte d'Italie

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Grâce à l'or du faux baron de Roncières, Paul apporta l'abondance dans la maison de la rue du Moulinet.
On y fit une noce qui dura huit jours.
Perrine avait déserté son atelier de blanchisseuse. Elle tenait tête aux deux hommes, le verre en main.

(1894)

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De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.

(1912)

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La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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Le premier coup de sonde du puits artésien de la Butte-aux-Cailles a été donné le 28 août 1866.

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En 1860, Il y avait un commissariat pour deux quartiers dans chaque arrondissement de Paris. Pour le 13e, ces commissariats étaient installés 36 route d'Italie pour Croulebarbe et la Maison-Blanche et 62 boulevard de l'Hôpital pour les quartiers de la Salpêtrière et de la Gare.

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Une jeune fille du village d’Ivry avait coutume de faire brouter ses chèvres sur le boulevard de la Glacière, auprès de la rivière des Gobelins. Hier soir, à sept heures, au moment où elle se disposait à regagner son domicile, elle a été accostée par un individu qui, après une assez courte conversation, l’a frappée de quatre coups de couteau. La jeune bergère est morte sur la place, et son assassin a été presque aussitôt arrêté. À neuf heures, le cadavre gisait encore dans un champ, au coin de la rue Croulebarbe, où M. Roger, commissaire de police du quartier, dressait son procès-verbal.
C’est ainsi que les lecteurs de la Gazette de France apprirent la mort d’Aimée Millot, le bergère d’Ivry. La vérité impose de dire que le véritable auteur des faits n’avait pas été immédiatement arrêté.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.