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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

Le 13e en littérature

La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

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Le boulevard Saint-Marcel

Les Baisers rouges

par
Montfermeil

A travers Paris jusqu'à la rue Coypel...

(1900)

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La rue de la Vistule

La fille du fusillé

par
Paul Samy

Huit heures du soir sonnaient à l’horloge de l’hôpital Marie-Lannelongue, située à l’angle de la rue de Tolbiac et de l’avenue d’Ivry, quand une automobile, arrivant par l’avenue d’Italie, tourna dans la rue de la Vistule et s’arrêta devant une petite grille terminant un mur, derrière lequel s’élevait une maisonnette.

(1924)

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Croulebarbe et la ruelle des Reculettes

La main trouée

par
Montfermeil

Le quartier Croulebarbe est un de ceux que n'a pas encore assainis la pioche du démolisseur, un des recoins restés sordides du vieux Paris.

(1901)

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La boulangerie socialiste de la rue Barrault

Les amis du Peuple

par
Jean Vignaud

Jacques et sa sœur, laissant derrière eux le boulevard d'Italie, gravirent la rue Barrault. Celle-ci, flanquée d'un côté de la Butte-aux-Cailles, énorme pâté de maisons aux murs de pisé, de l'autre, d'immenses terrains couverts de roulotes peintes et d'abris en planches, s'élevait ainsi qu'un ravin poussiéreux et crevé de trous.

(1904)

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La rue du Petit-Banquier

Le colonel Chabert

par
Honoré de Balzac

Le comte Chabert, dont l'adresse se lisait au bas de la première quittance que lui avait remise le notaire, demeurait dans le faubourg Saint-Marceau, rue du Petit-Banquier, chez un vieux maréchal des logis de la garde impériale, devenu nourrisseur, et nommé Vergniaud.

(1832)

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La rue des Vignes Saint-Marcel (Rubens)

Les Misérables

par
Victor Hugo

Ce promeneur, s’il se risquait au delà des quatre murs caducs de ce Marché-aux-Chevaux, s’il consentait même à dépasser la rue du Petit-Banquier, [...], ce promeneur hasardeux atteignait l’angle de la rue des Vignes-Saint-Marcel, latitudes peu connues.

(1862)

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Léo Larguier - Enfants perdus (1931)

Les contes d’« Excelsior »

Enfants perdus…

Par Léo Larguier
Excelsior — 23 octobre 1931

L'homme allait, boitant un peu et traînant ses souliers crevés, dans une sorte de caban qui n'avait pas été fait pour lui.

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.

De vieilles bâtisses avaient l'air encore solides, malgré leur lèpre, mais des toits s'étaient envolés et quelques murs croulaient dans des terrains redevenus vagues où achevaient de se rouiller et de pourrir des paquets de ressorts, des objets rompus, usagés et lamentables, parmi des tessons et des gravats.

II y avait, dans ces décombres, des choses jetées, des bouts d'étoffes infâmes, maculées et brûlées, qui faisaient songer à des hardés de pestiférés.

L'homme prit une sorte de chemin abandonné de ronde, derrière la manufacture, une ruelle d'usine morte qui semblait conduire à quelque crassier tout grenu de scories et de mâchefer puant le soufre.

De l'autre côté fumaient de hautes cheminées, et il allait dans l'odeur des peausseries, des mégisseries, des fabriques proches, une odeur de tan, d'alun et d'équarrissoir.

À droite, il y avait des palissades pareilles à celles contre lesquelles on fusillait, sous la pluie, des communards ; à gauche, des murs de maladrerie montraient de vieilles pâleurs farineuses et des faisandages humides, inquiétants, d'une détresse infinie. D'affligeantes maladies de peau, des scrofules et des dartres écaillaient les vieux plâtres, des eczémas rongeaient les antiques badigeons.

Avant d'arriver à la rue Croulebarbe, cependant, cette ruelle sinistre s'élargissait, on apercevait le toit monumental de la Manufacture et, sur une plaque de marbre, le clochard qui cheminait le nez dans un vieux foulard de coton sale ne lut pas cette inscription :

Jean et Philibert Gobelin,
marchands teinturiers en écarlate,
qui ont laissé leur nom à ce quartier
de Paris et à la manufacture de tapisseries,
avaient ici leurs ateliers
sur les bords de la Bièvre
à la fin du XVe siècle

Marchands teinturiers en écarlate ! La ruelle s'ennoblissait un peu. On pouvait songer aux vieux artisans aux mains garance qui vidaient leurs cuves de pourpres, mais tout cela lui était bien égal...

*
*         *

Il longea la rue Nationale. Dans les impasses, des chiffonniers faisaient leur tri des chiffons, des objets cassés, des journaux, des casseroles sans queue, des bouteilles vides et des choses étranges émergeant d'un tas : une Vénus de Milo en plâtre près d'un mannequin de couturière montrant ses côtes d'osier défoncées.

Le pauvre diable les envia. C'étaient des gens à leur aise. Ils avaient des sous, une bicoque où la soupe bouillait sur le poêle, un lit, une femme et des gosses, la vie, quoi !...

En clopinant, il gagna la rue du Château-des-Rentiers.

C'était l'heure où les malheureux qui ont leur couvert mis aux soupes populaires et leur couverture faite dans les dortoirs des asiles de nuit venaient chercher un gîte au refuge Nicolas-Flamel.

Les quelques types qui attendaient déjà devant la porte semblaient des naufragés jetés sur ce trottoir comme sur un coin de plage sinistre, échoués là, après avoir enduré les pires tempêtes. Mauvaise pêche et guigne noire, la barque avait sombré cent fois, des paquets d'eau avaient fait de leurs vêtements ces nippes de noyés et une dernière vague les avait balayés sur cet îlot d'asphalte...

L'homme prit la suite et se mit à battre la semelle, comme les autres.

Il n'était pas le dernier. Un bonhomme qui portait un antique chapeau melon et une capote de soldat au bleu délavé, vint se coller à lui. Une de ses mains était entourée d'un pansement sale d'où sortaient des bouts de doigts aux ongles trop longs.

Ils se dévisagèrent, effarés, et le type à la capote recula d'un pas.

— Ah ! ben... par exemple... Te v'là ?...

L'autre se taisait.

— Et Louise ? demanda-t-il à mi-voix.

Il parlait de sa femme qui l'avait quitté jadis pour ce garçon qui chantait alors des couplets imbéciles dans un beuglant, près de la gare de l'Est. L'homme à demi vêtu en fantassin eut un geste vague :

— On n'est pas resté six mois... Y a vingt ans que je sais rien d'elle... Faut plus penser à ça... Il s'est passé tant de choses depuis.,. Comment ça se fait qu'on se soye jamais rencontré ?... Veux-tu une cigarette ?...

Le clochard haussa les épaules. Son œil où flambait une brusque flamme s'éteignit.

Évidemment, il ne lui en voulait plus... il y avait si longtemps et il s'était passé tant de choses, comme il disait, et il faisait si froid, surtout...

— Donne du feu, fit-il en tendant sa cigarette.

L'ancien comique montra un briquet en aluminium orné d'un médaillon de cuivre qui voulait représenter Joffre. Il en paraissait très fier.

— C'est un beau briquet, dit-il, je l'ai eu avec... il était dans une poche de la capote...

Léo LARGUIER

Léo Larguier (1878-1950) est poète, nouvelliste, critique littéraire et essayiste. Il fréquente le quartier de Saint-Germain-des-Prés, dont il deviendra l’un des chroniqueurs et historiens. Il est voisin d’Apollinaire et ami de Paul Cézanne, qu’il rencontre lors de son service militaire à Aix-en-Provence.
Son œuvre est riche et variée : romans, essais, critiques, pièces de théâtre. Il s’intéresse particulièrement à l’art et à la peinture, écrivant notamment sur Georges Michel et Camille Corot. Il développe un goût prononcé pour la collection d’objets d’art et fréquente les salles de ventes et brocantes.

Le 13e en littérature

La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Le pont de Tolbiac, en cours de construction depuis 1879, fut grandement endommagé par la grande débacle des glaces de janvier 1880 mais les dégâts furent vite réparés.

*
*     *

Le pont de Tolbiac franchissant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans avait été inauguré le 15 juillet 1895 en présence du Président de la République, M. Félix Faure, qui, à cette occasion, dit quelques mots aimables.
Ce pont entièrement métallique, mis à part la chaussée, mesurait 162 mètres de longueur en trois travées de 51 mètres, 60 et 51 mètres.

*
*     *

En octobre 1936, une épidémie de diphtérie sévissait parmi les enfants fréquentant les écoles de la rue Daviel et habitant dans l’îlot insalubre de la Glacière. Huit cas dont un mortel étaient établis à la date du 31 octobre.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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