Faits divers

 La maison hantée - 1902

La maison hantée

Le Matin — 17 septembre 1902

Auprès de la Bièvre, au numéro 153 du boulevard d'Italie, se dresse une maison de trois étages, étayée de toutes parts et inhabitée depuis longtemps.

Le propriétaire, un oncle de M. Millerand, l'ancien ministre du commerce, a abandonné son immeuble ; le concierge est parti à son tour en fermant portes et volets.

Aussi les habitants du quartier de la Maison-Blanche étaient-ils très étonnés de voir, certains soirs, de la lumière briller aux lucarnes. Parfois, on entendait un grand bruit, des fusées de rires sarcastiques, puis tout retombait dans le plus profond silence.

Avec prudence, les plus hardis s'approchèrent, mais en vain la maison gardait son secret.

Des voisins déclarèrent avoir vu, la nuit, des hommes et des femmes entrer avec précaution sans qu'on les vît jamais sortir. Les dévotes du quartier se signèrent les gamins vinrent, le jour, jeter des pierres dans les volets, enfin des spirites crurent à une maison hantée.

M. Pelatan, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche, résolut de percer le mystère.

La nuit dernière, vers une heure, il fit cerner l'immeuble et y pénétra escorté d'une dizaine d'agents.

Bien lui en prit, car il se trouva en présence d'individus, hommes et femmes, qui festoyaient copieusement.

M. Pelatan procéda à leur arrestation. Comme on les conduisait au poste, au nombre de douze, les voisins vexés d'avoir été le jouet de ces vagabonds, voulurent leur faire un mauvais parti.

Les individus arrêtés sont tous de dangereux repris de justice. Ils se réunissaient dans la maison abandonnée, à jours fixes, en des agapes fraternelles, dont les commerçants du quartier faisaient tous les frais.

Ils ont tous été envoyés au Dépôt.


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Depuis quelque temps, plaintes sur plaintes affluaient au commissariat de M. Yendt. Il ne se passait pas de jour où quelque commerçant des environs de la place d'Italie ne vît ses étalages mis en coupe réglée par une bande de malandrins. Cette bande, connue sous le nom de bande des « Espadrilles de la Butte » et admirablement organisée, terrifiait littéralement le quartier.

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Saviez-vous que... ?

L'avenue de la Sœur Rosalie constitue l'embryon d'un boulevard qui devait faire pendant au boulevard de l'Hôpital et relier la Place d'Italie au boulevard de Port-Royal aux abords de la rue Saint-Jacques et du Val-de-Grace.

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La rue située entre la rue du Château des Rentiers et la rue Nationale fut dénommée rue Deldroux, en 1888.
Deldroux était un canonnier qui, en 1871, préféra, mourir que de rendre sa pièce.

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C'est par un décret impérial du 27 février 1867 que la rue de la Barrière des Gobelins prit le nom de rue Fagon et que la rue des Deux-Moulins prit celui de rue Jenner.

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En 1887, Charles et Alphonse Sécheresse, tous deux domiciliés 13 passage du Moulinet et tous deux marchands de vinaigre, constituaient une société en nom collectif ayant pour objet le commerce de marchand de vinaigre et de conserves. Alphonse en deviendra le seul propriétaie à partir de 1891. Plus tard, il sera condamné pour mise en vente d'huile falsifiée.

L'image du jour

rue Nationale - Quartier de la Gare