entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

 Château des Rentiers

« Château des Rentiers ».

C'est une ferme, une vraie ferme qui, ainsi que le Gaulois l'a annoncé, brûlait en plein Paris, dans la rue du Château-des-Rentiers, durant la nuit de lundi à mardi.

Était-elle contemporaine du château qui donna son nom à une voie parisienne, et qui a disparu depuis longtemps ?

Il avait été construit, à l'avant-dernier siècle, par un riche «rentier» d'Ivry, le sieur Vieillard. La chronique du temps vantait fort la beauté du site dominant la Seine, par delà la rustique barrière des « Deux-Moulins », et s'extasiait sur ses jardins « tout remplis de statues, d'obélisques, de rotondes et de pavillons » de tout ce que nos pères qualifiaient, en un mot, de « fabriques ».

Mlle Contât, qui épousa le poète Parny, résida elle aussi, au « Château des Rentiers ».

Sur ses ruines fut édifié, il y a une soixantaine d'années, un petit théâtre de banlieue qui, empruntant son nom au site environnant, d'où la vue était superbe, s'intitula fièrement « théâtre du Belvédère Il, mais dont les destinées furent éphémères... Une fabrique de céruse ― la première établie à Paris ― le remplaça, et, depuis 1848, elle dressa là ses hautes cheminées dont les panaches fumeux se mêlent à ceux des usines des alentours, en ce coin de Paris peuplé de fabriques ― mais non plus de « fabriques » ; hélas ! selon le mot d'antan.

Le Gaulois ― 23 septembre 1904
sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Les travaux du pont de Tolbiac enjambant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans commencèrent le 1er avril 1893.
Le pont fut inauguré par le Président de la République M. Félix Faure, le 15 juillet 1895.


C'est en 1888 que le conseil municipal de Paris décida que la rue ouverte entre la rue de Tolbiac et la rue Baudricourt, prendra le nom de rue Larret-Lamalignie.
Larret-Lamalignie, capitaine de frégate, se fit sauter la cervelle plutôt que de rendre en 1871, le fort de Montrouge qu’il commandait.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Retour du théâtre - 1897

Retour du théâtre.

Le Journal — 27 mars 1897

Vers minuit et demi, M. Monteil, brocanteur, demeurant, 130, rue Nationale, rentrait, sortant du théâtre. Sa porte était fermée ; il l'ouvrit et pénétra dans son magasin. Sa surprise fut grande en le voyant éclairé par une lampe, et en constatant qu'un désordre très grand avait remplacé la symétrie de ses étalages.

Des malfaiteurs s'étaient introduits chez lui en escaladant une fenêtre du 1er étage. Sauf le coffre-fort qu'ils ont descellé, mais qu'ils n'ont pu forcer, ni emporter, les cambrioleurs ont fait main-basse sur toutes les valeurs qu'ils ont trouvées : environ 7,500 francs.

M. Roches, commissaire de police, a ouvert une enquête.


 L'inévitable fou - 1900

L'inévitable fou.

Le Matin - 31 décembre 1900

M. Remongin, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche, a reçu, hier matin, la visite d'un pauvre diable, vêtu de loques sordides, qui lui a déclaré se nommer Charles-Camille Cuny, âgé de trente-sept ans, et être l'auteur du crime de la rue des Plâtrières.

— J'ai reçu du ciel la mission de couper en morceaux tous les hommes qui insulteraient le saint nom de Dieu, a-t-il dit, au magistrat.

Ce malheureux, qui est un pauvre déséquilibré, est en état de vagabondage. Il a été dirigé sur l'infirmerie spéciale du Dépôt.


 Le bon refuge- 1901

Le bon refuge

Un soir à l'Hospitalité de nuit. - L'arrivée des hôtes. - Hirondelles d'hiver. - La Journée d'un sans-travail. - Misères et gaieté d'un chansonnier à la côte. - Réouverture des ateliers de l'Assistance.

Le Petit-Parisien ― 30 octobre 1901

Brumaire a ramené son habituel cortège de sans-travail et de souffreteux à l'asile de nuit. Depuis quelques jours, il n'y a plus un lit vacant au refuge Nicolas-Flamel, en cette rue du Château-des-Rentiers, si ironiquement nommée, où afflue chaque soir, d'un pas fatigué, la cohue des journaliers et des gens de métier victimes du chômage. Ils sont là 212 qui reçoivent quotidiennement, vers six heures, l'accueil qui réconforte, après les longues courses à travers Paris en quête du travail que trop souvent ils sollicitent en vain.

C'est la maison du bon Samaritain qui s'ouvre devant eux : une soupe fumante leur est servie ; un lit blanc leur est offert ; un bain, par surcroit, leur est imposé. Pour trois jours, ils disposent d'un logis. Leur misère s égaie d'une éclaircie. O joie des pauvres gens, l'aide leur arrive au moment même où ils se croyaient perdus dans l'océan parisien !

Ici même, des ateliers les attendent ; ils ont toute liberté d'y entrer et d'y gagner pendant trois semaines un pécule d'une trentaine de francs qui leur permettra de se lancer de nouveau dans la mêlée et même de surmonter les difficultés de la lutte, sinon de regagner par étapes le milieu social qu'ils ont eu tort de quitter ; car la plupart ne sont pas des Parisiens ; ils viennent, poussés par des rêves chimériques, de tous les points du territoire et même de l'étranger.

Lorsqu'à leur entrée, défilant devant le guichet, ils donnent leur nom au contrôleur chargé de les inscrire sur les registres de l'asile, on est frappé des origines lointaines qu'ils indiquent. L'extrême Midi aussi bien que le Nord est leur patrie. Paris les a attirés par le mirage des gains qu'on y réalise. Ils ne se doutaient point que la concurrence de la main-d'œuvre y rendait la vie plus difficile.

Lugubre Défilé

Ce défilé de gens hâves et harassés, qui portent jusque dans leurs vêtements sans couleur l'indice de la détresse dont ils souffrent, est un des spectacles les plus douloureux qui se puissent voir. L'inscription se fait très rapidement On ne s'appesantit point sur tant de misère :

― Votre nom, votre âge, votre profession, monsieur ?
― Vingt-deux ans ; pâtissier, je suis originaire de Saint-Gaudens.
― Depuis combien de temps habitez-vous Paris ?
― J'y suis arrivé au printemps.
― N'êtes-vous pas déjà venu à l'asile, en cas derniers deux mois ?
― Non monsieur.
― Voici votre numéro.

Un jeune homme aux traits émaciés, à la démarche chancelante, laisse tomber ces mots : « Seize ans. Je sors de l'Hôtel-Dieu ». Et comme on lui demande s'il a une profession : « Mouleur ».

Puis c'est un palefrenier dont le visage glabre parait au guichet. Un charretier hirsute le suit. Viennent des journaliers, des maçons, des terrassiers, des hommes rudes dans la force de l'âge, de vieux ouvriers courbés par les ans. La plupart sont déjà depuis la veille ou l'avant-veille pensionnaires de l'asile. Ils passent vite, remettant leur numéro et recevant les jetons qui leur donnent droit à la soupe et au couchage. Une seule redingote se mêle aux blouses et aux bourgerons ; c'est celle d'un professeur au front chauve et à l'allure inquiète.

Le dernier de la série des nouveaux, ― c'est- à-dire des arrivés du jour ― est un adolescent à la physionomie intelligente où n'apparaît aucune gêne. Il n'attend pas qu'on l'interroge pour dire qui il est et d'où il vient. Garçon d'office, il a quitté Lyon il y a sept jours, pensant trouver facilement un emploi à Paris. « Mais, dit-il, je vois qu'il faut attendre et, pour vivre, je vends des journaux. Sur quinze que les passants m'achètent, je gagne neuf sous. Je travaille aussi un peu aux Halles. Cela me fait une moyenne d'un franc par jour. Heureusement, les « arlequins » ne coûtent pas cher et la soupe que je mange sur le carreau est excellente. Aujourd'hui, pourtant, la journée qui était pluvieuse me laisse en déficit et je viens demander l'hospitalité de la ville de Paris. »

L'asile a aussi ses hôtes réguliers, ses hirondelles d'hiver qui reviennent de longs voyages entrepris à travers la France, de refuge en refuge. Dès novembre, ils touchent barre à Paris dont ils connaissent les ressources. Au printemps, ils repartiront n'emportant pour viatique que les trois sous du Juif-Errant. Ce sont des fileurs de comète, des habitués du grand trimard que le vagabondage a conquis tout entiers et qui lui doivent le meilleur de leur vie.

Un Poète

Dans le vaste réfectoire où s'alignent les bols de soupe sur les longues tables et où le docteur Mallet vient chaque soir tenir une séance de vaccination, je remarque un personnage à la figure souriante qu'encadrent des cheveux et un collier de barbe couleur de neige. C'est un poète, un poursuivant de rimes opulentes, mais pauvre lui-même comme Job et que l'accueil de l'asile ravit. Il est enchanté de la politesse qu'on témoigne à l'égard des hospitalisés et me montre un poème qu'il est en train d'écrire, dans lequel il chante l'exquise urbanité du personnel du refuge :

Il faut les voir à l'œuvre auprès des misérables
Qui viennent chaque soir se ranger à leurs tables,
La tonte, la douceur, sont à l'ordre du jour
Vous êtes, renseigné de suite et sans détour
De leur bouche il ne sort la moindre impolitesse ;
Pas de cris de gros mots a moins qu'en cas d'ivresse
Il faille être sévère ; encore, dans ce cas,
Si le Pochard s'excuse, on ne l'expulse pas !

Il a couvert ainsi, de strophes écrites de sa plus belle écriture, de grandes pages au bas desquelles je lis cette signature : « Jules Tréleu, chansonnier diplômé, membre de l'Académie des poètes, ancien sous-officier ».

Ce chansonnier n'est pas un poète inédit : « J'ai soixante-quatorze ans, ma dit-il, et je monte un Pégase qui est un peu fourbu ; mais je laisse quelques œuvres. Elles ont été mises en musique par Lamare, par Emmerlé, l'ami de Sellenick et par le petit Prevet, le célèbre piston de la musique de la garde républicaine, mort voici quinze ans. Mes meilleures chansons sont : la Vivandière (c'était Rosa que je chantais, la cantinière du 15e de ligne), la Neige, la Mélodie des Morts, le Drapeau... Vous voyez, hélas ! où m'ont conduit les vers. Ah ! ce Lamarre à qui je survis, a-t-il assez exploité son parolier ! Mais pourquoi me morfondre ? On est aimable, ici, à mon égard :

.   .   .   .   .   .   Je n'oublierai jamais
Qu'au Château des Rentiers j'ai trouvé des français
Qui m'ont tendu la main avec humanité,
Une douceur sereine, une noble bonté !

Il est radieux quand même ce poète que la Muse a laissé choir. Malgré la misère qui le talonne, l'inspiration le hante et d'innombrables rimes jaillissent de son cerveau. Il a adressé une ode aux mânes de Villebois-Mareuil et au tsar de toutes les Russies : il ne cesse maintenant d'en dédier au directeur de l'asile, le dévoué M. Gobard, qui espère pouvoir acheminer vers l'hospice de Bicêtre, où il pourrait être hospitalisé, le vieil aède pauvre mais invaincu.

Les Ateliers

Depuis quelques jours, les huit ateliers de l'asile ont retrouvé toute leur activité. C'est la saison d'hiver qui en fait surtout la grande ruche ouvrière où se confectionnent les deux millions de ligots ou de margotins et les innombrables briquettes que consument les écoles de la ville et les bureaux de l'administration municipale.

Le refuge, qui a abrité plus de 300.000 besogneux depuis 1894, date de sa fondation, a payé environ 130.000 francs de salaires aux hospitalisés qui ont travaillé dans ses ateliers. Il a placé définitivement plus d'un millier d'ouvriers qu'il avait occupés et en a rapatrié 10.000 autres.

Ses ateliers, fort bien construits — quoique sans pierre de taille — couvrent une superficie de 400 mètres carrés. Ils ont été édifiés, à mesure des besoins, par les hospitalisés eux-mêmes sons la direction de M. Gobard, qui a été le véritable organisateur de cet utile établissement et qui a su, en employant les talents et les aptitudes des ouvriers auxquels il venait en aide, créer sans grands frais le meilleur modèle des refuges où se pratique l'assistance par le travail.

L'exemple est à citer pour qu'il trouve des imitateurs.

Valensol

A lire également

Ce sont les clochards qui assurent le chauffage des écoliers parisiens (1942)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Rue de l'Amiral-Mouchez une jeune femme est enlevée en taxi par quatre hommes. - 1931

Un entrepreneur de plomberie, de la rue de l'Amiral-Mouchez venait, au début de l'après-midi d'hier, déclarer au commissariat du quartier de la Maison-Blanche que ...

Lire

Sur la zone du XIIIè arrondissement un ivrogne blesse grièvement sa femme d'un coup de couteau - 1933

Au numéro 1 de la villa Sainte-Hélène, tout près de la poterne des Peupliers, sur la zone annexée du XIIIè arrondissement, la famille Nesler occupe une baraque de trois pièces, au fond d'un petit terrain clos dont elle est locataire.

Lire

L'Accident de la Poterne des Peupliers a fait 300,000 francs de dégâts - 1912

Mettant à profit les loisirs d'un dimanche ensoleillé, près de vingt mille Parisiens ont défilé hier, sous la poterne des Peupliers, pour se rendre compte des dégâts causés par l'accident de samedi soir.

Lire

Les fortifications s'effondrent sur plus de cent mètres - Le Journal 28 janvier 1912

La poterne des Peupliers, située à l'extrémité de la rue des Peupliers, entre les portes de Gentilly et de Bicêtre, fait partie d'un groupe d'ouvrages militaires se rattachait au système des fortifications de Paris reconstruit en 1889 pour assurer la défense de la vallée de la Bièvre.

Lire

Menu article

Lu dans la presse...

Avis à la population

Il est établi dans le 13e arrondissement des cantines pour le service des militaires qui montent la garde sur les remparts. (1870)

Lire


Le futur boulevard Saint-Marcel

Un arrêté du préfet de la Seine vient d'ouvrir une enquête à la mairie du douzième arrondissement pour le percement d'un nouveau tracé qui, sous le nom de boulevard Saint-Marcel, doit relier le boulevard Montparnasse au boulevard de l'Hôpital (1857)

Lire


L'élargissement de la rue Mouffetard et l'aménagement de la place d'Italie

L'administration vient de faire déposer à la mairie du 13e arrondissement le plan parcellaire des propriétés dont la cession est nécessaire en tout ou en partie pour exécuter l'élargissement de la rue Mouffetard et la transformation d ela place d'Italie. ()

Lire


Un nouveau boulevard pour le 12e arrondissement ?

Cette voie s'ouvrira en face la place de la Collégiale et viendra déboucher sur le boulevard extérieuraprès avoir coupé le faubourg Saint-Jacques. (1858)

Lire


Le percement du boulevard Arago

Les démolitions qu'on exécute en ce moment dans le faubourg Saint Marcel viennent de remettre au jour un coin très pittoresque du vieux Paris. (1868)

Lire


Le puits artésien de la Butte-aux Cailles

Les travaux du puits artésien qui est en cours d'exécution à la Butte-aux-Cailles, dans le 13e arrondissement de Paris, se poursuivent régulièrement, et la profondeur atteinte par l'instrument de forage dépasse aujourd'hui 350 mètres. (1868)

Lire


Le percement du boulevard Saint-Marcel

Le plus ancien vestige des édifices religieux encore debout en ce moment, mais qui disparaîtra au premier jour, est le porche de la chapelle Saint-Clément, qui date du quatrième siècle, et dans laquelle fut inhumé en 383 saint Marcel, évoque, de Paris, sous le règne de Théodose. (1868)

Lire


Intéressante découverte archéologique sur le chantier du boulevard Saint-Marcel

Les travaux qui s'exécutent dans le quartier Saint-Marcel ont amené des découvertes fort importantes au point de vue archéologique. (1868)

Lire


Nouvelles dénominations de voies

On donne à la rue de la Croix-Rouge la dénomination de Domrémy. village du département des Vosges, où naquit Jeanne d'Arc; la route de Fontainebleau devient route d'Italie, la place de la barrière d'Ivry devient la place Pinel... (1868)

Lire


Les palais des Reines Blanche aux Gobelins

Si le vieil hôtel de Sens est, sur la rive droite de la Seine, un édifice curieux à voir, deux hôtels non moins anciens et tout aussi intéressants s'offrent sur la rive gauche, dans le quartier des Gobelins, aux yeux des amateurs du gothique. (1878)

Lire


Deux promenades autour du boulevard Saint-Marcel

Le boulevard Saint-Marcel prend naissance au boulevard, de l'Hôpital, vis-à-vis la Salpêtrière, et va aboutir en ligne directe à l'avenue des Gobelins, où il se rencontre avec les boulevards Arago et Port-Royal pour former un spacieux rond-point. (1882)

Lire


La question de la zone parisienne

Ce n'est jamais sans un sentiment de gêne, pour ne pas dire de honte, qu'en arrivait aux portes de la grande, cité parisienne, on franchit cet espace de 250 mètres de largeur qui longe encore en une ceinture presque continue les fortifications et qu'on appelle la Zone. (1932)

Lire


Les jardins des Gobelins menacés ?

Les jardins des Gobelins forment dans un quartier populeux une oasis de fraîcheur et de verdure. Ils couvrent près de trois hectares et constituaient naguère une île entre deux bras de la Bièvre. (1933)

Lire


Un syndicat des « rouspéteurs » vient de se créer à Paris

Nous sommes déjà près d'un millier dans le treizième arrondissement, déclare son fondateur, M. Chartrain de la rue Vaqndrezanne. (1927)

Lire


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte