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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

La vieillesse de Monsieur Lecoq - 5

5

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey


PREMIÈRE PARTIE


M. Lecoq se dérobe


V

On n'entrait pas chez M. Lecoq comme chez un épicier retiré des affaires. Il avait installé à sa porte un double système d'avertissement : une sonnette vulgaire avec le classique pied de biche pour les inconnus, laquelle sonnette tintait de façon à ce que le bruit s'entendit dans tout l'appartement ; pour les familiers, un bouton électrique, dissimulé dans un angle, et correspondant à la pièce où veillait la fidèle Gertrude, qui était chargée de recevoir et d'interroger préalablement le visiteur.

En se levant de table et en laissant son fils à ses réflexions et à son cigare, il savait donc parfaitement à qui il allait donner audience, et il ne fut point surpris de trouver dans son cabinet le chef de la sûreté.

Il y avait cependant plus d'un an qu'il ne l'avait vu, car ce fonctionnaire, sachant bien que Lecoq avait renoncé aux affaires, ne venait le consulter officieusement que dans des cas tout à fait exceptionnels. Quand ces cas se présentaient, le policier en retraite ne se faisait pas prier pour donner son avis, mais il refusait invariablement de coopérer aux recherches, et on n'insistait pas pour obtenir de lui un concours actif.

Il était donc bien tranquille sur le résultat de l’entretien qu'il allait avoir avec l'agent supérieur de la préfecture, et il lui fit un excellent accueil.

— Eh bien ! dit-il en se frottant les mains, il y a donc du nouveau à la maison ?

— Du nouveau et de l'intéressant, dit le chef de la sûreté. Depuis quinze ans que j'exerce, je n'ai rien vu d'aussi extraordinaire.

— Et nous venons consulter le père Lecoq ? Nous croyons donc qu'il n'est pas trop ramolli ?

— Je crois que vous seul êtes de force à débrouiller cette affaire.

— Ma foi ! vous avez peut-être raison. Petit bonhomme vit encore et il se flatte d'avoir conservé toute sa jugeotte. Et puis… aujourd'hui, je suis lucide, comme disent les somnambules… je suis lucide parce que je suis de bonne humeur. Asseyez-vous, cher ami, et racontez-moi votre petite histoire.

L'habile agent entama aussitôt un récit très-détaillé et pourtant très-clair des incidents qui avaient mis sur pied la nuit dernière une grande partie du haut personnel de la préfecture. Il n'omit rien, il ne confondit rien, il sut laisser de côté les circonstances insignifiantes et mettre en lumière les faits importants. Il faut être du métier pour parler ainsi.

M. Lecoq l'écouta avec une attention soutenue, fermant les yeux pour que ses oreilles fussent moins distraites et s'abstenant soigneusement d'interrompre. À bon narrateur, excellent auditeur.

— Est-ce tout ? demanda-t-il quand l'histoire fut finie.

— Absolument tout. L'homme est au Dépôt, la femme est à la Morgue. L'homme n'a pas encore dit un mot, et l'autopsie de la femme ne nous a rien appris de nouveau, si ce n'est qu'elle a été tuée moins de deux heures après avoir mangé.

— Le cas est très-curieux, en effet. C'est un vrai logogriphe.

— Dont vous trouverez le mot, j'en suis sûr.

— Je n'en sais rien ; et, dans tous les cas, je ne le tiens pas encore. J'ai bien déjà quelques idées… des bases d'induction… des points de départ… des pierres d'attente… mais rien de plus.

— Il y a cette dame de pique.

— C'est quelque chose ou ce n'est rien ! L'assassin a peut-être voulu tout simplement vous dérouter par une mise en scène empruntée aux romans judiciaires. Cependant, la dame de pique pourra vous servir plus tard quand la victime sera reconnue.

— Oui, la reconnaissance… voilà l'essentiel, le corps sera exposé ce soir.

— Moi, je ne commencerais pas par là.

— Vraiment ? s'écria l'agent très surpris.

— Non, je ferais embaumer et je n'exposerais que plus tard.

— Alors, par où attaqueriez-vous l'affaire ?

— Je dois vous dire d'abord qu'à mon appréciation l'homme est réellement muet et qu'il n'a joué qu'un rôle tout à fait accessoire. J'incline même à penser qu'il ne savait pas ce qu'il portait.

— - Je suis assez de votre avis, sauf sur le dernier point. Il me parait difficile d'admettre que ce gaillard-là n'est pas complice du meurtre.

— Il peut bien être au service de l'assassin, et n'être pas son complice. Reprenons la scène de l'arrestation. Un bourgeois passe les deux mains dans ses poches, rue Corvisart, à trois heures du matin, par un froid et une neige à ne pas mettre un chien dehors. À quinze pas derrière lui, vient le porteur du colis. On l'empoigne. Le bourgeois continue son chemin, monte dans une voiture qui l'attendait sur le boulevard d'Italie, et la voiture file grand train. Vous venez de me dire que les sergents de ville avaient entendu un bruit de roues de ce côté-là. Donc c'est le bourgeois qu'ils auraient dû arrêter.

— J'en ai peur. Mais, que voulez-vous, on ne pense pas à tout.

— Oh ! ils n'ont rien à se reprocher. Il aurait fallu qu'ils fussent sorciers pour deviner que l'homme aux crochets portait un cadavre sur son dos. C'est déjà beaucoup qu'ils aient eu l'idée de le conduire au poste. Maintenant, j'arrive à mes conclusions. L'assassin se proposait évidemment de faire disparaître le corps ; par quel procédé ? je n'en sais rien, mais il y a apparence qu'il comptait le mettre dans une voiture, celle qui l'attendait au bout de la rue Corvisart et l'expédier hors Paris. À la barrière on ne visite qu'à l'entrée et…

— Pardon, deux objections. Pourquoi n'a-t-il pas fait stationner la voiture à la porte de la maison où le crime a été commis ? Évidemment la femme a été tuée à domicile. On n'emballe pas un cadavre sur la voie publique. Et puis, pourquoi cette dame de pique ?

— Si ce n'est pas pour donner le change en cas d'arrestation dit porteur, c'est peut-être un signe convenu avec un complice chargé de recevoir le colis... quelque part…à la campagne, dans un château. Ce sont là de pures conjectures que la suite de l'enquête démentira peut-être. Quant à la première objection, elle est enfantine. L’organisateur de l'affaire, qui doit être très-fort, il n’avait garde d'amener son véhicule devant l'immeuble où il a opéré. Il ne tenait pas, je suppose, à se faire remarquer des voisins.

— Vous croyez qu'il a mieux aimé traverser à pied un ou plusieurs quartiers de Paris, suivi d'un homme charriant le corps sur son dos ?

— N'oublions pas que cet homme est muet, et qu'en cas d'accident l'assassin était toujours assuré de se sauver. C'est justement ce qui est arrivé. Tenez ! je vais vous reconstituer l'histoire comme je la comprends. Cet assassin, qui ne me l'ait pas l'effet d'appartenir à la catégorie des escarpes de profession, car, selon toute probabilité, il est riche, cet assassin veut tuer une femme pour des motifs que j'ignore. Nous n'en sommes pas encore aux motifs. Il a un muet à son service. C'est très-utile, un muet, surtout quand il ne sait ni lire, ni écrire, ni parler par signes. Il l’emmène avec lui en allant chez la femme, à une heure où il savait qu'il la trouverait seule, et il le laisse à la porte. Lui, il entre, il fait son coup, il encaisse la morte dans une malle qu'il trouve là… Vous m'avez dit que c'était une malle de femme… il la charge, sur ses épaules... il sort sans être vu... la maison n'a sans doute pas de portier… c'est peut être un de ces petits hôtels qu'on bâtit tout exprès pour les cocottes qui commencent à se lancer… il retrouve son muet, lui repasse le colis, lui fait, signe de le suivre, et... vous, savez la suite.

— Ma foi si ce n'est pas vrai, c'est tout au moins vraisemblable… votre raisonnement est serré comme une intrigue de M. Sardou., mais la question est de savoir par où prendre, l'affaire. C'est le fil que je ne vois pas... et il n'y a que vous qui puissiez me le montrer.

Le 13e en littérature

Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Un Treizième à découvrir dans...

Les amis du Peuple

par
Jean Vignaud
(1904)

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis
(1899)

Le colonel Chabert

par
Honoré de Balzac
(1832)

Les Misérables

par
Victor Hugo
(1862)

La boulangerie socialiste de la rue Barrault

Jacques et sa sœur, laissant derrière eux le boulevard d'Italie, gravirent la rue Barrault. Celle-ci, flanquée d'un côté de la Butte-aux-Cailles, énorme pâté de maisons aux murs de pisé, de l'autre, d'immenses terrains couverts de roulotes peintes et d'abris en planches, s'élevait ainsi qu'un ravin poussiéreux et crevé de trous.

La cité Doré

À la hauteur de la place Pinel et de l’abattoir, entre le boulevard de la Gare et le boulevard de l’Hôpital, s'étend un vaste terrain qui est loué par bail à divers locataires. Le type même de la saleté et de la misère imprévoyante se trouve dans le rassemblement de masures, coupé de ruelles en zigzag et qu’un hasard ironique fait appeler cité Doré. Les cours des miracles devaient être ainsi.

La rue du Petit-Banquier

Le comte Chabert, dont l'adresse se lisait au bas de la première quittance que lui avait remise le notaire, demeurait dans le faubourg Saint-Marceau, rue du Petit-Banquier, chez un vieux maréchal des logis de la garde impériale, devenu nourrisseur, et nommé Vergniaud.

La rue des Vignes Saint-Marcel (Rubens)

Ce promeneur, s’il se risquait au delà des quatre murs caducs de ce Marché-aux-Chevaux, s’il consentait même à dépasser la rue du Petit-Banquier, [...], ce promeneur hasardeux atteignait l’angle de la rue des Vignes-Saint-Marcel, latitudes peu connues.


La maison Philibert

par
Jean Lorrain
(1904)


La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)


Enfants perdus

par
Léo Larguier
(1931)


Les Loups de Paris

par
Jules Lermina
(1877)

Le marché aux chevaux

Le Marché aux chevaux du boulevard de l’Hôpital, derrière la gare d’Orléans, sa grande cour pavée enclose de grilles dominant en terrasse le boulevard Saint-Marcel, son mouvement, ces allées perpétuelles de bêtes et de gens d’écuries, ces groupes de gros maquignons ventrus...

En remontant le boulevard de l'Hôpital

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

Refuge Nicolas Flamel

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.

La Butte aux-Cailles

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

A la création de l'arrondissement, la mairie était installée dans un des anciens pavillons de l'octroi à la barrière de Fontainebleau qui deviendra la place d'Italie.

*
*     *

La piscine de la Butte aux Cailles a été inaugurée le 4 mai 1924.

*
*     *

Le 11 aout 1907, un corbillard, qui se rendait, à trois heures de l'après-midi, au cimetière de Gentilly, a été tamponné, à l'angle de la rué de Tolbiac et du passage du Moulinet, par un tramway de la ligne Vincennes-Saint-Cloud. Le cercueil, rapportait le Figaro, qui était tombé sur la chaussée, ne s'est pas ouvert et a été replacé sur le corbillard, qui a pu continuer sa route. Mais pour la Justice, le cercueil fut projeté à terre, se brisa et le corps du défunt roula sur la chaussée.
Ce macabre accident, ajoutait la Justice, a suscité, parmi la foule des promeneurs, une pénible émotion.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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