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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 99

99

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


TROISIÈME PARTIE


La revanche de Furet


IV
Un cœur tout neuf
(suite)

— Que c'est bête ! exclama Furet ; que c'est bête de me faire pleurer comme ça !

Julie le regarda en souriant et, tout à coup se penchant vers lui, elle lui mit un baiser sur le front.

Il en resta tout interdit comme elle l'avait été lorsqu'à l'hôpital, il lui avait mis au front un baiser pareil ; et il la regarda s'éloigner, avec des larmes plein les yeux et de la joie plein le cœur.

 

V
Où Miette a une mère

Le lendemain, Marie déclara qu'elle se sentait forte, voulut absolument se lever. Julie eut beau résister ; il fallut céder.

Une fois levée, elle voulut rester seule, demanda de quoi écrire. Un peu plus tard, elle fit appeler Furet. Elle avait à lui parler.

Il arriva, tout courant, heureux à la pensée qu'il pouvait lui être bon à quelque chose. Elle voulut rester seule avec lui. Puis, tout de suite, elle lui demanda :

— Que s'est-il passé pendant ma maladie ?

Furet, franchement, non sans émotion, raconta tout. En apprenant la mort de sa mère, Marie courba la tête et se prit à pleurer tout bas. Mais lorsque Furet lui apprit la visite de Reynaud, l'envoi des billets de banque et des cartes-télégrammes, elle se cacha le visage dans ses mains et demeura longtemps absorbée, sanglotante, ne pouvant ressaisir le fil de sa pensée.

Pourtant lorsque ses mains s'abaissèrent, elle avait les yeux secs et sur son visage pâli se lisait une résolution arrêtée.

— Vous avez fait usage de cet argent ? demanda-t-elle.

— Non, madame, il n'en était pas besoin.

— Et vous avez envoyé les télégrammes ?

— Oui, madame tous les jours.

— Et que disaient les derniers télégrammes envoyés.

— Que vous étiez en convalescence mais très faible encore.

Marie réfléchit un instant, puis, résolument :

— Je ne veux recevoir personne… personne absolument.

— C'est bien, madame, répondit Furet, non sans quelque tristesse.

Et à part lui le brave garçon se disait :

— Non ! non ! ça ne sera vraiment pas facile à arranger.

Marie reprit, au bout d'un instant, son interrogatoire.

— Et M. Valdonnier n'est-il pas revenu, n'avez-vous pas eu de ses nouvelles ?

— Non ; j'avoue que cela m'étonne bien. Il faut qu'il y ait quelque chose là dessous. Je ne sais pas quelles misères il a pu vous faire, mais je me doute bien que s'il nous avait volé Miette, c'était pour en tirer de l'argent.

— Vous ne vous trompez pas, c'était une spéculation, en effet.

— Eh bien ! s'il n'est pas encore venu nous la reprendre, c'est que, probablement il nous croit sans ressources, vous et moi. Mais je ne suis pas tranquille. Et justement, je pensais à cacher Miette, à l'envoyer quelque part, un peu loin,

— C'est inutile, répondit Marie avec une fermeté qui fit tressaillir Furet.

Ma fille n'a plus rien à craindre de ces misérables.

Furet leva sur Marie un regard étonné.

— Voici une lettre que je vous serai reconnaissante de faire porter tout de suite. Il y a une réponse.

La lettre était adressée au notaire qu’elle avait consulté le jour de sa fuite.

Dans l'après-midi, le notaire vint en personne. Il resta longtemps avec Marie.

— Madame, lui avait-il dit, permettez-moi de vous faire, avant de vous donner l'acte à signer, une dernière objection, une dernière demande. Je ne savais pas qui vous étiez, quand vous êtes venue chez moi. Maintenant que je connais votre nom, c'est un devoir pour moi d'insister sur mes premiers conseils.

— Inutile, monsieur ; ma résolution est irrévocable. Entre M. Reynaud et moi, tout est fini. Veuillez me donner l'acte.

— Devant une volonté si ferme, il ne me reste plus qu'à m'incliner. Voici l'acte.

Marie signa sans hésiter. Puis, le notaire parti, elle appela Furet. Il arriva suivi de Miette.

— Embrasse-moi ma mignonne, dit Marie. Maintenant je suis ta mère pour de bon et personne ne peut plus te disputer à moi.

— Oh ! maman ! maman ! maintenant je puis le dire que tu es maman ?

— Oui, mon enfant. Et tu ne me quitteras plus.

— M. Jules ne viendra pas me chercher ?

— Non, ma chérie. Et s'il venait on le mettrait à la porte.

— Ça, dit Furet, je m'en charge et avec plaisir.

— Vous, mon ami, vous allez porter cet argent et cette lettre chez M. Reynaud.

— Ah ! dit Furet, vous renvoyez l'argent ? Au fait, je comprends. Et puis, nous sommes riches, à présent.

— Je connais votre dévouement, mon cher Furet, et je l'ai accepté. Mais je compte travailler et gagner ma vie. J'y avais songé avant mon mariage et je sais à quelle porte frapper.

— Eh bien, et moi, pourquoi suis-je faire, alors ?

— Pour porter ma lettre, à présent. Plus tard nous verrons. Vous n'en êtes pas quitte, mon pauvre ami.

— C'est bien ; on y va, tout de suite.

Ce n'était pas sans regret que Furet se chargeait de la commission. Il avait arrangé les choses tout autrement, dans son imagination. Mais tout de même, il ne désespérait pas encore. Il fallait voir comment M. Reynaud prendrait la chose.

Malheureusement il ne le rencontra pas. Reynaud était à son usine et ne rentrait même pas à l'hôtel depuis plusieurs jours.

Furet voulut en avoir le cœur net.

Il prit le train, courut à l'usine, demanda avoir le patron.

— M. Reynaud est occupé dans son laboratoire. Il ne reçoit personne, lui répondit-on.

Bon gré, mal gré, Furet dut laisser la lettre et s'en retourner sans avoir vu M. Reynaud.

 

En arrivant, au coin de la rue Jenner, il aperçut le vieux Poil-aux-Pattes qui accourait en gesticulant.

— Patron! patron! courez vite là-bas. On vous réclame. Il y a un malheur.

— Un malheur ! s'écria Furet.

— Oui, patron... La petite a disparu.

 

VI
Furet sur la piste

Furet partit tout courant. Il trouva Mme Reynaud folle de douleur et de colère. Elle parlait de s'adresser à la justice, de porter plainte. Puis, elle voulait courir chez Valdonnier. Si ce n'avait été son extrême faiblesse, elle y serait allée sur le champ.

— Attendons Furet, lui disaient Julie et la mère Fricotte. Quand Furet sera là, nous verrons que faire.

Le premier cri de Furet, en arrivant, fut :

— C'est ce bandit qui nous l'a reprise.

— Mais nous la lui reprendrons ! s'écria Marie. C'est ma fille, à présent et personne ne peut me la refuser.

— Sans doute, dit Furet. Mais il faut d'abord savoir où elle est. Comment a-t-elle disparu ? Quelqu'un a-t-il vu ce brigand… ou sa femelle ?

— Non, personne. La petite était allée chez le pharmacien porter l'ordonnance du docteur. Et elle n'est pas revenue. Alors, je suis allé voir. Le pharmacien m'a répondu qu'elle avait attendu un bon moment que la chose fût prête, mais qu'elle était partie déjà depuis une heure au moins. Et depuis personne ne l'a vue.

Le 13e en littérature

La Butte-aux-Cailles

Le trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

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La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

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Le quartier de la Gare

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

(1908)

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La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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Un Treizième à découvrir dans...

La criminelle

par
Jules Lermina
(1881)

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)

Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.


La dame de pique

par
Jules de Gastyne
(1906)


Perdues dans Paris

par
Jules Mary
(1908)


Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)


La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé
(1910)

La rue du Dessous-des-Berges

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

La rue des Peupliers

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

A travers la Maison-Blanche

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

La poterne des Peupliers

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Le dernier étang du quartier de la Glacière fut comblé en août 1881 enprévision de la construction de la gare de marchandises connue des habitants sous le nom de gare de Rungis mais dont le nom officiel était « gare de la Glacière-Gentilly ».

*
*     *

La gare de Paris-Gobelins a été mise en service le 15 mai 1903. Elle le demeura jusqu'en 1991. Son ouverture eut pour effet de doter Paris d'une nouvelle porte car il y avait encore un octroi à Paris et la gare des Gobelins était un point d'entrée et de sortie.

*
*     *

Dans son numéro du 18 novembre 1865, le quotidien Le Temps se montrait critique vis-à-vis de l’attribution de noms des proches de Jeanne d’Arc (Baudricourt et Clisson) ou de lieu de ses actions (Patay) à des voies du 13e arrondissement estimant que « les souvenirs de Jeanne d'Arc seraient mieux placés aux environs du Théâtre-Français, où se trouvait la porte Saint-Honoré, qu'elle attaqua le 8 septembre 1420, et où elle fut blessée. »

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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