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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Le don Juan de chevaux de bois

La lune de miel fut de courte durée

1923

Il est de notoriété publique que la cavalerie a de tout temps semé le trouble dans le cœur des femmes. Et l'effet ne manqua pas de se produire dans celui trop sensible de Mme Émilie Raysin, jeune femme de 28 ans, demeurant avenue de Choisy, lorsqu'elle vit, caracolant à ses côtés, ce gars à belle prestance.

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Quartier de la Maison-Blanche

Le drame de l'avenue de Choisy

1888

Les locataires d'un hôtel situé au n°33 de l'avenue de Choisy étaient réveillés, la nuit dernière, par les plaintes d'une femme.

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Crime avorté

1905

Mme Dupuis, veuve de cinquante-huit ans, qui habite une maison isolée, au numéro 10 du Boulevard Masséna, voulait depuis longtemps se débarrasser de son amant, un neveu de souche très éloignée, avec qui, durant dix-huit ans, elle mena la vie quasi conjugale.

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Cité Jeanne-d'Arc

Chez une cartomancienne on trouve un homme assassiné

1921

Au 166 de la rue Nationale, dans le quartier de la Gare, s'ouvre la cité Jeanne-d'Arc. C'est une voie étroite, toute grouillante d'une population laborieuse où se glissent çà et là quelques éléments troubles.

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Quartier de la Salpêtrière

Une tragédie passage Doré

1908

Non loin de l'emplacement où s'ouvrira bientôt le nouvel hôpital de la Pitié, dans le treizième arrondissement de Paris, se trouve une petite cité ouvrière, le passage Doré, qui forme le prolongement de la rue Louis-Français et qui vient aboutir rue Jenner.

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Les deux assassins ont été vus à l'angle de la rue Croulebarbe et de la rue Corvisart - 1930

Le crime de la Butte-aux-cailles

Les deux assassins ont été vus à l'angle de la rue Croulebarbe et de la rue Corvisart

Bien que l'identité de la victime reste encore inconnue, on croit à un meurtre politique

Paris-Soir — 5 mars 1930

La petite cité aux rues tortueuses qui, village dans la ville, se tasse entre la place Paul-Verlaine et le boulevard Auguste-Blanqui, bourdonne ce matin d'un naturel émoi. À chaque angle de venelle ont poussé de petits groupes qui s'entretiennent de « l'affaire » et les ménagères qui se pressent au marché Corvisart ne parlent que de cela en soupesant des choux-fleurs. Venant après tant de crimes mystérieux, l'assassinat de la rue des Cinq-Diamants mérite une telle rumeur : une victime, dont on ignore non seulement la vie, mais l'identité, des meurtriers présumés « politiques », sept coups de revolver, un acharnement rare à tuer, voilà plus qu'il n'en faut pour que tout un quartier s'agite — et surtout celui-ci où, de tout temps, les commères s'en donnèrent à langue que veux-tu.

Cependant, si l'on parle beaucoup, rares sont ceux qui virent. Il y a d'abord la bonne du « Papillon d'Or », Mlle Simone Guimbert ; puis la marchande de journaux installée dans un renfoncement du passage des Artistes ; enfin, le vendeur de journaux qui se tient, dès 5 h. 30, à la porte de la station du métro Corvisart.

Dans l'escalier du passage des Artistes

Joseph Werner

Mlle Guimbert, on le sait, reçut, samedi et dimanche, un jeune étranger, — grand, mince, vêtu d'une gabardine claire — qui lui demanda le numéro de la chambre où logeait Robert Werner.(*) Quelques secondes après le crime, elle croira dans le couloir de l'hôtel un homme qui la bouscula dans sa course :

— C'est le même que celui de dimanche, a-t-elle déclaré aussitôt.

Les deux autres témoignages sont plus intéressants, car ils précisent à la fois le nombre, le signalement et l'itinéraire des meurtriers.

À quelques pas de l'hôtel du « Papillon d'Or » s'ouvre une ruelle fort pittoresque, bordée de maisons basses et dont les pavés inégaux retiennent, même par temps sec et par un miracle qu'on ne voit qu'à la Butte-au Cailles, des flaques stagnantes de boue. Cette ruelle, la rue Jonas, est longue seulement de quelques mètres, aboutit à la plus extraordinaire venelle, baptisée pompeusement passage des Artistes. Ce passage n'est, en réalité, qu'un escalier de pierre, zigzaguant, gluant, glissant, qui, s'ouvrant sous porte, se glisse entre les maisonnettes de planches, de papier goudronné, de plaques de boîtes à conserves, dans un décor de misère qu'égaient quelques arbres semés au hasard par le vent. Sur le boulevard Auguste-Blanqui, le passage débouche dans une sorte de cour mal pavée et c'est dans un coin de cette cour que, derrière une table de planches, Mme B… exerce un commerce de journaux.

L'éventaire de Mme B… est assiégé de curieux et la brave commerçant - une petite femme, boulotte, rose et rieuse — en était ce matin, à 9 heures, au moins à son douzième récit :

— J'ai vu, dit-elle, deux hommes, dont l'un était plus grand que l'autre, descendre en courant le passage. Le premier portait un béret basque, le second un chapeau de feutre. Voilà tout.

— On a dit qu'un de ces deux hommes avait laissé tomber et ramassé aussitôt un revolver et un mouchoir.

— C'est exact. Mais c'est un de mes clients qui assista à cette scène rapide.

Ce malheureux client — qui tient à conserver le plus strict incognito — est payé pour s'en souvenir. Il montait, en effet, paisiblement l'escalier des Artistes quand deux hommes, survenant en trombe, le heurtèrent et le firent tomber. C'est en se relevant qu'il vit l'homme qui l'avait bousculé perdre et ramasser son arme.

Deux bêtes traquées

Le marchand de journaux du métro Corvisart a fait une déposition plus précise encore et il l'a faite avec un luxe de détails et dans un style imagé  qui en soulignent encore l'importance :

— Voilà, dit ce brave homme. Il était environ 6 h. 15 quand je vis deux hommes déboucher à toute allure du passage des Artistes. J'ai reconnu immédiatement qu'il s'agissait de deux types dont la conscience n'était pas propre, car, à six heures du matin, on ne court, pas comme cela si l'on ne se croit pas poursuivi. On aurait dit deux bêtes traquées.

» Le premier, grand, mince, était vêtu de noir. Il ne portait pas de chapeau et j'ai pu voir qu'il avait les cheveux noirs comme du jais. Il courait comme un champion de course à pied, a longues foulées, la tête rejetée en arrière et les mains ouvertes à hauteur des épaules. On ne voit courir de cette façon que dans les stades; pour moi, ce devait être un sportif.

» Le second, plus petit, s'essoufflait visiblement pour le suivre. Celui-ci portait un chapeau de feutre, une gabardine beige, une paire de lunettes à monture de métal ; il avait les cheveux blonds… C'est, parait-il, celui-là qui a tiré.

» Tous deux s'engouffrèrent à six pas de moi, sous la voûte qui supporte la ligne du métro et, traversant le boulevard Auguste-Blanqui, se jetèrent dans la rue Corvisart.

» Je fus tellement intrigué par ces deux coureurs que je me dérangeai et, jetant mes journaux malgré de nombreux clients qui se trouvaient là, allai les regarder à l'angle de la voûte. Malheureusement au bout de la rue Corvisart commence la rue Croulebarbe et, comme elle fait un coude brusque, je ne sais pas dans quelle direction les deux assassins se sont sauvés. »

On perd la piste

Ont-ils, descendant la rue Croulebarbe, filé jusqu'à l'avenue des Gobelins pour prendre le métro à la station nouvelle ? Ont-ils pris le petit passage des Reculetes pour remonter vers la place d'Italie, avec l'intention de brouiller leurs traces ? À l'angle de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe la piste se perd. Nul commerçant de ces deux rues ne se souvient d'avoir vu passer les deux singuliers coureurs.

Au métro « Gobelins » on ne se rappelle pas plus leur passage.

— D'ailleurs, nous dit l'employé, occupe au pointage des tickets, ce n'est pas moi qui étais à ce poste hier.

L'ouverture de la nouvelle ligne a bouleversé le service et nous sommes obligés de nous remplacer continuellement. D'ailleurs, à six heures du matin, la clientèle est nombreuse, beaucoup d'ouvriers habitant le quartier et se rendant, a ce moment-là, à  leur travail ; il est donc possible que nous n'ayons pas remarqué ces deux voyageurs plus que n'importe quels autres.

L'étudiant-cordonnier n'est pas encore identifié

Quoiqu'il en soit, la brigade spéciale ne désespère pas de retrouver les deux meurtriers. Toute la matinée a été occupée par les enquêteurs à essayer de préciser l'identité de la victime. C'est en vain qu'on a fouillé dans les fiches. Joseph Werner n'avait point de carte d'étranger  et il est inconnu de la légation tchécoslovaque. On conclut qu'il avait intérêt à cacher son identité, et on suppose dès maintenant que le meurtre eut des raisons politiques. C'est donc, dans les milieux tchécoslovaques que, pour le moment du moins, s'aiguillent les recherches.

Malgré les enquêtes faites aux deux hôtels où le soi-disant Joseph Werner avait habité avant de loger rue des Cinq-Diamants, aucun renseignement n'a pu être recueilli encore sur la mystérieuse existence de cet étudiant singulier qui, tandis qu'il suivait des cours de journalisme, confectionnait dans sa chambre, pour vivre, des sandalettes d'enfants en cuir tressé.


(*) Le prénom varie au fil du texte (NdE)


A lire également

L'article du 4 mars 1930

L'article du 6 mars 1930

À lire également...

Les escroqueries d'une jolie fille

1897

Le commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche vient d'arrêter une fort jolie fille de vingt ans, Olga Régier, qui, en moins d'un an, a commis des vols pour une trentaine de mille francs, en usant de moyens assez curieux.

...


Quartier de la Gare

Le drame de la rue Albert

1907

Après avoir joué au Diabolo un forcené fait deux victimes.

...


Quartier de la Gare

Une femme aux fers

1873

Avant-hier, vers sept heures au matin, un gardien de la paix de service rue Lahire (13e arrondissement), entendit des cris d'angoisse et la voix d'une jeune femme l'appelant de la fenêtre du premier étage d'une maison située dans l'impasse de la Cerisaie.

...


rue de Tolbiac

Le môme « L’Affreux »

1903

« Nini des Deux-Moulins aime le môme « l’Affreux » pour la vie. »
C’est écrit en caractère gigantesques sur un mur de la rue de Tolbiac. N’était l'étrange sobriquet de l'heureux mortel qui a su allumer une telle passion dans le cœur de « Nini des Deux Moulins », on passerait bien indiffèrent, blasé sur l'éloquence des inscriptions murales.

...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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*     *

Le 13 juillet 1880 furent organisées des retraites au flambeau dans les principaux quartiers du 13ème arrondissement et le 14, eût lieu à 2 heures, une grande cavalcade au profit des écoles. Des fêtes foraines se tenaient sur les places et avenue de l'arrondissement et des concerts furent donnés par les sociétés instrumentales et chorales.

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En 1930, les Primistères parisiens avaient des magasins aux adresses suivantes : Rues, des Cinq-Diamants, 33 et 56 ; du Château-des- Rentiers, 54 et 135 ; Bourgon, 19 ; Nationale, 151 ; du Moulin-des-Prés, 9 ; de Patay, 92 ; Albert, 67 ; Baudricourt, 75 ; avenues : d'Italie, 52, 100, 198 et 180; d'Ivry, 41 ; de Choisy, 39 ; de Tolbiac, 169; boutevard de la Gare, 132 et 171.

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La façade et les tours de l'église Sainte-Anne de la Maison-Blanche ont été inaugurées solennellement le 2 avril 1900 et les trois cloches fondues par la maison Bollée (du Mans), baptisées Lucile, Françoise-Honorine et Jeanne-Marie, ont été bénites.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
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ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
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  • Un drame du terme
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LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
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  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
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  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
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  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
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  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
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  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
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  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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