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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Quartier Croulebarbe

Sombre histoire de charbon

1937

Il n'est question dans le quartier Croulebarbe (XIII* arrondissement), que d'une histoire de détournement de charbon, dont ce qu'on en a pu savoir, suffit à faire le mystère dont on l'entoure volontairement.

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Quartier de la Maison-Blanche

« Entends-tu ma voix qui t'invite ? » - 1905

1905

Jean Rousseau, dit « Guibollard », dix-neuf ans, et Lucien Fraisier, dit le « Petit-Rat », seize ans, avaient résolu d'offrir à leurs amis de la poterne des Peupliers un repas à l'instar de ceux que s'offrent les bourgeois.

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Boulevard de la Gare

La veuve Rigolot a malgré tout de la chance

1873

La dame veuve Rigolot est une bonne vieille qui tient, boulevard de la Gare, 6, une baraque pour la vente des journaux.

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Avenue des Gobelins

Une bagarre au Théâtre des Gobelins

1892

Une bagarre s'est produite mercredi soir au théâtre des Gobelins, où, devant une salle comble, on jouait les Danicheff.

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Boulevard de l'Hôpital

La « Folie russe »

1896

Il est à remarquer que les grands événements ont leur répercussion dans le cerveau des malheureux que la folie guettait évidemment depuis longtemps.

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Le proces du drame de la rue du Tage - 1935

Le drame de la rue du Tage

Le jeune parricide Robert Sorel condamné à 5 ans de réclusion

Le Populaire — 3 janvier 1935

Lorsque tout allait bien, avant la crise, avant le chômage, la famille Sorel habitait à Belleville où elle a laissé de bons souvenirs. Belleville, pour eux tous, c'était une sorte de paradis. François, le père, et Robert, le fils, tous deux fumistes, travaillaient de concert et « faisaient de bonnes journées ». Une seule ombre au tableau : l'ivresse, qui parfois, d'ailleurs rarement, les sortait d'eux-mêmes et les rendait violents.

Mais les mauvais jours sont venus ! Les Sorel ont abandonné le clair logis de Belleville et sont allés vivre, à l'autre bout de Paris, rue du Tage, près de la porte d'Ivry, dans un petit hôtel. Le fils, Robert, séparé des siens, préféra aller giter — de force plus que de gré —  rue Blanqui, sur la zone. Il y a là, à chaque numéro, un amoncellement d'innombrables baraques, cagnas et taudis, wagons et buvettes. C'est ainsi que le jeune homme fit la connaissance de mauvais garnements, qui l'entraînèrent à voler. Oui, deux fois de suite, il a commis d'authentiques cambriolages, allant dans un magasin jusqu'à s'emparer de phonographes. Il se fit condamner, et rendu à la liberté, devint rémouleur : il gagnait un ou deux francs lorsqu'il parvenait à trouver quelques couteaux à aiguiser !

Mais quelle école de perversion que celle de l'oisiveté, de la prison et de la zone ! Robert Sorel se mit à boire davantage. Son père aussi. Et lorsque, rue du Tage, des scènes de violence se produisaient, lorsque François Sorel battait sa femme, on courait chercher le fils exilé rue Blanqui, et il venait protéger sa mère. Oui, on en était tombé là !

On devait dégringoler encore, et tomber plus bas ! Le soir, comme il ne gagnait guère, et que sa mère avait conservé pour lui une tendresse d'autant plus protectrice et vive, le jeune rémouleur se rendait rue du Tage, où on lui donnait à dîner. Mais sa mère, en réalité — quel coup de sonde dans la vie des déchus ! —  ne le pouvait hospitaliser qu'en cachette, à l'insu du père qui le craignait et le détestait. Il ne s'asseyait pas à la table familiale, mais mangeait seul, comme un pestiféré, dans la pièce d'à côté. Et l'on ne se risquait pas à prononcer son nom ou à faire allusion à sa présence, par peur des cris et des coups !

C'est ainsi qu'un drame d'une indicible tristesse devait se produire le 28 août. Robert affamé, arriva à la nuit tombante, et de la cour intérieure de l'hôtel siffla pour annoncer sa présence. Il en était parfois réduit de cette cour, à gagner par une échelle, la chambre où sa mère le servait, afin de ne pas attirer l'attention du père. Ce soir-là, François Sorel, plus ivre peut-être que d'habitude — il avait fait chaud ! — devina l'approche du fils détesté et se pencha à la fenêtre. Il commença par jeter un pavé à « son garçon » ainsi qu'il disait encore par habitude, puis il lui cria de s'éloigner, de « foutre le camp, et plus vite que ça » ! Il s'empara enfin d'une lime qu'il brandit comme un poignard et descendit afin « d'expulser le clochard »...

Le fils, à ce moment, sans aucun doute, eût dû fuir, quitte à revenir manger plus tard. La colère, l'ivresse quelque orgueil dépravé, peut-être aussi, le retinrent sur place. Son « vieux » s'élança sur lui et le frappa de sa lime, légèrement, c'est certain — !e docteur Paul a constaté quelques égratignures! Alors, tant il avait perdu la notion des choses, Robert Sorel saisit son propre couteau, l'ouvrit, et de trois coups bien portés blessa mortellement le père. On donne ce détail qui fait frémir : lorsqu'on releva l’ivrogne pour le conduire à l'hôpital où il devait succomber, on l'entendit prononcer ces seuls mots textuels et navrants :

— Ça y est, je suis fait ! Il m'a eu, la vache !

On voudrait que cela n'ait pas été dit, tant ces mots révèlent de vilenie. Ce n'est pas à Belleville que le père Sorel se serait ainsi exprimé ! Le vocabulaire se modifie selon les gains, et selon les milieux. Le chômage les avait tous deux atteints, le père et le fils, comme un mal contagieux qui salit, flétrit et délabre tout !

Et pourtant, il n'est pas méchant, ce gosse ! Ou l'a vu hier, à l'audience de la cour d'assises, pleurer et regretter son geste. Le président Fredin lui reprocha « de n'avoir pas d'autre idéal dans la vie que de vider une chopine !» C'est vite dit ! Puis il remarqua :

— Votre père ne vous a pas tué ?

Et l'accusé de répondre à sa façon par ce mot qui explique bien des choses :

— Quand j'ai vu sa tête comme elle était !

Évidemment ! Il faut d'ailleurs, pour être juste, convenir que le président Fredin se montra impartial, et c'est beaucoup. On vit à la barre défiler les deux frères Sorel ainsi que la mère venue vaillamment défendre son fils et dire :

— Ce n'était pas un mauvais gars ! Il n'avait ni travail, ni chômage, et je lui donnais à manger. C'est comme ça que c'est venu...

L'accusateur, un avocat général tout neuf, au visage endimanché comme celui d'un lycéen un jour de rentrée, rappela tout ce qui accablait le meurtrier, ses vols antérieurs, ses fréquentations, son ivresse,, son crime : beaucoup de maux et qui ont pour origine unique la crise et le chômage : mais un magistrat constate et ne remonte pas à la source du mal. La jeune avocate, Me Géorgie Myers, sut par contre retracer l'histoire de cette déchéance et évoquer la peur de l'adolescent battu, exaspéré, et qui s'arme à son tour. Elle réussit de la sorte à regagner beaucoup du terrain perdu. Les jurés, en effet, accordèrent des circonstances atténuantes et déclarèrent, afin de ne pas aggraver le cas, que l'accusé n'était pas le fils de son père. Ce pieux mensonge leur permit de prononcer le minimum de la peine prévue, cinq années de réclusion. C'était là une décision équitable et humaine. Robert Sorel est de ceux qui se peuvent racheter, et l'on n'a pas le droit de rejeter un homme de la société tant que tout espoir n'est, pas perdu !

SYLVESTRE.

A lire également

Drame de la misère et de l'ivrognerie à la Maison-Blanche

À lire également...

Quartier Croulebarbe

Précoces Criminels

1895

Une tentative criminelle que ne renieraient pas des scélérats endurcis a été commise par trois gamins de douze à treize ans contre un autre enfant, le jeune Lucien Delagne, âgé de douze ans, écolier, demeurant chez ses parents, honnêtes ouvriers, rue du Champ-de-l’Alouette.

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Quartier de la Gare

Le drame de la rue Dunois

1892

Le nommé Duchefdelaville, maraîcher, demeurant 20, rue Dunois, se présentait hier dans la matinée au commissariat de police de la rue Jeanne-d'Arc.

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Sur la Zone...

Le Crime du Petit-Ivry

1903

En franchissant les fortifications par la porte d'Ivry, le boulevard de la Zone se trouve à deux cents mètres environ du poste de l'octroi, mais pour y parvenir il convient de faire un assez long détour, abandonnant la rue de Paris pour s'engager dans la rue Barbès, une voie large et régulière regagnant extra muros l'avenue de Choisy...

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Près des fortifications

Le drame du boulevard Masséna

1882

Une effroyable tragédie, dont le dénouement n'est que trop prévu, met en ce moment en émoi les habitants de la partie du treizième arrondissement qui confine aux fortifications.

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Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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En 1863, le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital se tenait le mercredi et le samedi de chaque semaine et le premier lundi de chaque mois. Quelques temps plus tard, le marché aux chevaux était appelé à migrer dans le 14e arrondissement pour permettre le percement du boulevard Saint-Marcel. Il revint dans le 13e en 1878.

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Le monument élevé à la Gloire des mères françaises implanté sur le boulevard Kellermann à proximité de la porte d'Italie est dû au ciseau des sculpteurs Henri Bouchard et Alexandre Descatoire. Le jardin qui l'entoure a éré dessiné par l'architecte Paul Bigot. Ce monument a été inauguré le 23 octobre 1938 par le président de la République, M. Albert Lebrun. Le maréchal Pétain était présent à cette cérémonie.

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Jusqu'en 1865, la rue de Patay (bourg du Loiret où Jeanne d'Arc défit les Anglais en 1429) portait le nom de boulevard de Vitry.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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