Faits divers

 Un cimentier a tenté de tuer sa femme d'un coup de revolver à la tête avenue des Gobelins - 1914

Un cimentier a tenté de tuer sa femme d'un coup de revolver à la tête avenue des Gobelins

Le Petit-Journal — 13 juin 1914

Dans un accès de jalousie, un ouvrier cimentier a tenté de tuer sa femme en lui logeant une balle de revolver dans la tête, la nuit dernière, un peu avant minuit, avenue des Gobelins.

La malheureuse a été transportée à l'hôpital Cochin, où son état est considéré comme désespéré ; quant au meurtrier, il a été arrêté aussitôt par des passants.

Voici les circonstances de ce drame :

II y a trois ans, Louis Poher, âgé de 28 ans, épousait Marie Le Loringuer, âgée de 21 ans. Tous deux étaient originaires des Côtes-du-Nord et se connaissaient de longue date. Mais les querelles furent fréquentes et les époux se séparèrent, au mois de mars dernier.

Cette séparation affecta beaucoup Poher, qui, de plus, est malade. Ne pouvant se résigner à vivre seul, il se mit à la recherche de sa femme et finit par la trouver. Tous deux s'installèrent, il y a quinze jours dans un hôtel, 13, rue des Gobelins, mais les querelles reprirent de plus belle.

La rue des Gobelins vue depuis la rue des Marmousets.

Marie Poher, cependant, travaillait régulièrement comme plongeuse dans un restaurant, 6, avenue des Gobelins, mais la jalousie de son mari s'était accrue et il allait jusqu'à la menacer de son revolver. Craignant pour sa vie, la jeune femme quitta de nouveau le cimentier, le 5 juin, et alla habiter 8, impasse de l'Astrolabe.

Comme elle travaillait toujours dans le même restaurant, son mari l'attendit, jeudi soir, avenue des Gobelins et la décida à venir chez lui. Arrivée devant l'hôtel, la plongeuse changea brusquement d'avis et ne voulut pas entrer. La discussion continua jusqu'au moment où, perdant patience, Mme Poher tourna les talons et partit.

Elle n'avait pas fait trois pas qu'une détonation retentissait et la malheureuse, la tête traversée d'une balle, tournoyait sur elle-même et tombait. Poher avait fait feu par derrière et elle avait reçu le projectile dans le cervelet.

La rue des Gobelins vue depuis l'avenue des Gobelins.
C'est là que se déroula le drame.

Cependant le meurtrier remettait froidement son arme, un petit revolver, dans sa poche, et remontait l'avenue des Gobelins, suivi par la foule qui criait :

« C'est lui le meurtrier, arrêtez-le ! » mais personne n'osait s'approcher.

À la fin, deux courageux jeunes gens, MM. Maurice Thevenet, peintre, et Motuelle, représentant de commerce, se jetèrent sur lui et le mirent dans l'impossibilité de se servir de son revolver. Tous voulurent alors assommer Poher, et deux soldats du 23e régiment d'infanterie coloniale, MM. René Bouclaud et Louis Hecquet, durent même dégainer pour protéger le meurtrier contre la fureur populaire.

Conduit au poste central du XIIIe arrondissement, le cimentier a été entendu, hier ? par M. Yendt, commissaire de police, qui l'a envoyé au Dépôt. Quant à la victime, on a tenté de lui faire subir l'opération du trépan pour retrouver la balle, mais sans résultat.


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— Ma femme est guérie de ses maux de tête, je viens de lui ouvrir le crâne avec ma hache ! Ces femmes, ajoutait-il, ont tous les jours un mal nouveau qui les prend.

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Saviez-vous que... ?

Le 26 avril 1939 une distribution de sacs de sable était organisée dans le quartier Croulebarbe par la préfecture de la Seine.

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Gustave Geffroy (1855-1926) fut directeur de la Manufactures des Gobelins. Il n'est donc pas anormal que la rue qui porte son nom soit situtée tout près de celle-ci.

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Ernest Rousselle (1836-1896) -C'est lui ! - et son fils Henri (1866-1925) étaient négociants en vins.

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La rue Rubens (511 mètres, entre la rue du Banquier, 33, et le boulevard de l'Hôpital, 140), existait au XVIIe siècle. Elle s'appela primitivement rue des Vignes, à cause des treilles de la Salpêtrière. Par décret du 24 août 1864, elle reçut sa dénomination actuelle, en mémoire du peintre flamand (1577-1646), à cause du voisinage des Gobelins.

L'image du jour

La mairie du XIIIe