Dans la presse...

 La Bièvre en peinture - 1928

La Bièvre en peinture

Paris-Soir — 22 mai 1929

On visitait ces temps-ci, dans la salle des Fêtes de la mairie du 13e, une agréable exposition de toiles, aquarelles, dessins, organisé par le Cercle des Gobelins. Certes, le boulevard Raspail nous proposait d'identiques émotions, mais ce qui nous inclinait vers la place d'Italie, c'étaient quelques images de la Bièvre.

Le Cercle avait eu l'heureuse idée d'ajouter une petite section de paysages rétrospectifs. On y découvrait des peintres de la Bièvre. Des noms : Delatousche, Coupigny, Millard, Leblanc, Couturier, Polez, d'excellents paysages de neige sur la Butte-aux-Cailles, d'Andrey-Prévost, Colzy, Courotte, Raoul Carré, qui aborde largement le sujet, Bonneton surtout qui peignit autrefois la Bièvre, rue de Valence, et la rue Pataud, avec ses réverbères à poulie. On y voyait même trois admirables sculptures du grand artiste qu'est Chauvel.

Tous avaient posé leurs chevalets de la ruelle des Reculettes à la rue Bobillot où l'on voit surgir les tours byzantines de Sainte-Anne. Mais tous avaient peint ce vieux quartier comme un autre vieux quartier, cette rivière comme une autre rivière.

Des choses méritoires, belles, documentaires ! Ce n'était pas cependant la Bièvre littéraire. C'était, au vrai, plus réaliste. A ce compte, Lepère manquait, encore qu'il ait fait une Bièvre un peu romantique. M. Le Sidaner eût pu exposer ici un Huysmans à la manière de M. Rodenbach. Il est curieux de voir que ce sera plutôt par la photographie que par la peinture que les aspects de la Bièvre nous seront conservés.

Les lecteurs de Huysmans ont photographié, ou bien ils ont gravé ; les coins de la Bièvre en peinture n'ont que ce pittoresque inhérent à toutes les rivières de vieilles villes. Ce serait même une désillusion et c'est une illusion si l'on peut ajouter que le style huysmansien l'a marquée d'une certaine façon qui ne nous permet plus de la voir en couleurs.

On dirait que la Bièvre n'est elle-même que lorsqu'elle illustre un texte. Il reste un mérite à ces toiles, c'est de conserver l'aspect linéaire de ce que fut ce coin de Paris qui s'efface peu à peu. Le fameux passage Moret n'est plus qu'un monceau de moellons et, depuis la crise du logement, ceux qui hantent ces vétustes masures de pierres, feraient encore figure de seigneurs à côté des locataires du boulevard Jourdan. Donc, même fréquentée par les plus habiles pinceaux, la Bièvre, dans son esprit, reste traduite par le burin, qui se rapproche mieux de l'écriture.

D'ailleurs, il semble bien qu'elle ait trouvé son dernier grand peintre avec Huysmans et ses Teintures vives et inquiètes, et pour ce qui est des couleurs et des fards, cela ne lui sied que dans les campagnes fraîches et vertes d'Antony.

En vérité, la Bièvre des Gobelins n'était pas destinée aux églogues, ni aux beaux effets. Elle existait pour certains « touristes », Elle s'est consacrée à la littérature.

Gabriel-Ursin LANGE.

 

La Bièvre, rue de Valence Germain Eugène Bonneton
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

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On va prochainement soumettre aux formalités d'enquête le projet d'ouverture de la rue du Transit, partie comprise entre la rue de la Glacière et la rue du Château-des-Rentiers. Cette portion du 13e arrondissement est généralement peu connue ces Parisiens du boulevard. C'est une région arrosée par la nauséabonde rivière de Bièvre, dont un des bras prend le nom de rivière morte. (1867)

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On visitait ces temps-ci, dans la salle des Fêtes de la mairie du 13e, une agréable exposition de toiles, aquarelles, dessins, organisé par le Cercle des Gobelins. (1928)

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Saviez-vous que... ?

Le bureau du Comité du 13e arrondissement du Groupement général des classes moyennes organisa une première réunion de propagande le 6 juillet 1937 au café du Clair de Lune à l'angle de la Place d'Italie et de l'avenue de Choisy.

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Henri Rousselle était conseiller municipal en 1915. Plus tard, il fut président du conseil général

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La rue de Campo Formio s'est appelée Petite rue d'Austerlitz et, encore avant, rue des Étroites Ruelles.

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Dans les plans de 1860, c'est sur un viaduc long de 800 mètres, composé d'arches de dix mètres d'ouverture et dont la hauteur maxima aurait été de quinze mètres avec des piles évidées à l'aplomb de l'entrevoie que le chemin de fer de ceinture aurait dû traverser la vallée de la Bièvre en offrant une vue magnifique depuis le parc de la Butte-aux-Cailles qui, in fine, céda la place au Parc Montsouris.

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