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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

L'église Notre-Dame de la Gare, terminée en 1864 par M. Claude Naissant; est un monument assez élégant, construit dans le style de transition du douzième au treizième siècle, mais dont l'intérieur n'offrait, au moins en 1890, rien de curieux.


L'église Saint-Hippolyte, œuvre de l'architecte Jules Astruc (1862-1935), a été construite entre 1909 et 1924, grâce notamment à la générosité de la famille Panhard.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Un drame boulevard de l’Hôpital - Le Figaro – 5 mars 1897

Un drame boulevard de l’Hôpital

Le Figaro – 5 mars 1897

M. Edmond Laflesselle, employé dans une Compagnie d'assurances, se mariait il y a trois mois avec une jeune fille de dix-huit ans, Juliette Nassot, avec laquelle il entretenait des relations depuis longtemps déjà.

D'un caractère très jaloux, Laflesselle, se croyant trompé, avait averti sa femme qu'il la tuerait si jamais il apprenait… ce qu'il appelait couramment… son malheur.

En fut-il informé? On ne le sait. Toujours est-il que, rencontrant Juliette, hier soir, à neuf heures, en face du n° 119, du boulevard de l'Hôpital, il lui tira deux coups de revolver. Frappée au front, la jeune femme s'affaissa sans proférer un cri. Elle était morte. Le meurtrier se logea ensuite une balle dans la tempe droite. Il est soigné à l'hôpital de la Pitié. Son état est très grave.

Le corps de la défunte a été transporté d'abord a la Morgue, puis, après qu'on eut établi son identité à l'aide des papiers trouvés sur son mari, au domicile de sa mère.


 Paris la nuit … - 1894

Paris la nuit …

Le Figaro ― 24 octobre 1894

M. Potut, professeur, suivait hier soir, vers minuit, la rue Lebrun, dans le quartier des Gobelins, lorsqu'il fut assailli par cinq rôdeurs qui, pour le dévaliser mieux à leur aise, l'accablèrent de coups. A moitié assommé, incapable d'opposer aucune résistance,. M. Potut dut se résigner à voir passer entre les mains des malfaiteurs sa montre et sa chaîne en or, son portefeuille renfermant des papiers de famille, son porte-monnaie contenant une centaine de francs et même son foulard.

Mais des gardiens de la paix qui étaient survenus avant que les agresseurs aient songé à prendre la fuite, ont pu arrêter trois d'entre eux. Ils ont été envoyés au Dépôt.

M. Potut a été transporté à son domicile dans un état alarmant.


 La peste - 1890

La Peste

La Lanterne — 6 septembre 1890

Quinze enfants morts en quelques jours

La Butte aux, cochons. — Un cimetière en plein vent. — Tombereaux chargés d'ossements.
— Un quartier dans la désolation.

La Bièvre est un ruisseau tout noir
Qui sent comme un goût d'urinoir…

chantait ce pauvre Rivoire, qui chantait si lugubrement la triste épopée d'un grelotteux de la Glacière.

La Bièvre est depuis plusieurs années, reléguée sous terre : elle circule en de tristes canaux souterrains et n'arrose plus dans Paris, que les peaux encore puantes que lavent les mégissiers de la ruelle des Gobelins en ses eaux multicolores, ici blanches et écumeuses, plus loin rouges et vineuses, ou violettes ou noires.

Et l'on comble sa vallée si pittoresque ; on réunit les unes aux autres les buttes et les monticules qui bordaient la rivière.

D'immenses travaux de nivellement Sont entrepris entre la Butte-aux-Cailles et la Butte-aux-Cochons. Mais savez-vous de quels débris, de quels décombres on emplit la vallée de la-Bièvre ?

Un charnier

Hier, une lettre d'un correspondant nous informait qu'une maladie épidémique s'était déclarée, à la Butte-aux-Cailles, à la suite d'exhalaisons pestilentielles, et qu'il avait perdu deux enfants en moins de huit jours.

Nous nous sommes rendus dans cet étrange coin du vieux Paris, que décrivit si poétiquement Huysmans dans ses « vieux quartiers de Paris ».

Nous voici dans la rue du Moulin des Prés. Au niveau du pont de Tolbiac, voici tout à coup la rue qui s'éboule, qui s'effondre en un terrain immonde, où poussent quelques touffes d'herbes jaunes, et qu'entourent de misérables maisons.

C'est la plaine de la Bièvre. Des terrassiers déchargent des tombereaux. Des lourds véhicules s'écroulent des amoncellements d'ossements jaunis, de fémurs, de tibias, de vertèbres et de crânes.

La plaine est couverte, en tous points, de ces ossements humains ; et les petits enfants courent, s'amusent dans ce vaste square, où les fleurs sont remplacées par des débris de squelettes.

Le mal

Mais les émanations qui s'exhalent de la plaine sont mortelles à ces petits êtres. Quinze enfants sont morts, atteints par un mal inconnu implacable.

Certaines familles ont été terriblement éprouvées : elles ont perdu coup sur coup deux enfants.

Nous citerons des noms, au hasard, pour prouver la véracité de notre récit.

Mmes Lecomte, Dalezenne, Pouin, demeurant 46, 48 et 50, rue du Moulin-des-Près, pleurent, chacune, deux petits morts en moins de deux semaines.

La maladie qui frappe les pauvres petits n'est cataloguée dans aucune pathologie. Les médecins qui soignent les malades sont stupéfaits. L'épidémie présente les symptômes du choléra, de la variole, du croup tout à la fois.

En deux jours, le mal accomplit son œuvre : ses progrès sont terribles, la fatale terminaison inévitable.

Un habitant du quartier, qui a certaines notions d'histoire naturelle, a recueilli une centaine de mouches charbonneuses, à tête rouge, dans la plaine de la Bièvre. Il les a conservées dans un flacon :

— Ce sont, dit-il, mes pièces à conviction.

Réclamations inutiles

Quand on commença à décharger ces tombereaux d'ossements, presque à leurs portes, les habitants de la rue du Moulin-des-Prés protestèrent.

Ils adressèrent au préfet de la Seine une pétition ; mais on ne répondit pas à leurs plaintes. Les décharges continuèrent.

Quand survinrent les premiers décès causés par les émanations cadavéreuses, les habitants firent faire, par ministère d'huissier, signification au préfet de la Seine de cesser ces déchargements de squelettes sur la plaine.

On envoya alors deux balayeuses pendant deux jours dans la rue.

Mais on ne prit pas même les plus élémentaires précautions de désinfection. On ne répandit sur les terrains voisins ni acide phénique, ni chlorure de chaux.

Et c'est en vain que chaque jour ces pauvres gens désolés ont cherché quelque secours à l'Hôtel de Ville, on les a renvoyés de bureaux en bureaux. Les conducteurs de la voirie ont reçu, avec leur aménité bien connue, leurs récriminations, ni justes, ni légitimes !

Un bûcher

Tous les matins, à huit heures, les terrassiers allument dans la plaine un immense bûcher sur lequel on brûle les débris de cercueils qui contiennent les squelettes et des parties de cadavres qui sont demeurées intactes dans la terre.

À midi, hier, cet horrible bûcher flambait encore. Une fumée âcre, épaisse, emplissait l'atmosphère de miasmes putrides.

Pour entretenir le feu, les hommes jetaient de pleins vases de goudron sur les crânes et les tibias.

Nous avons vu parmi les horribles débris recueillis sur le charnier une tête d'enfant, récemment ouverte, pleine encore d'une bouillie noire, qui est la cervelle, les cheveux adhéraient encore au crâne !

— Monsieur, monsieur, nous criaient hier ces pauvres gens, si la presse ne nous défend pas, nous pourrirons tous dans ce trou !


Le 13 septembre, le Matin et le Temps publiaient ce petit texte sans aucun commentaire.

Rumeurs exagérées

Le Matin — 13 septembre 1890

L’Administration communique aux journaux la note suivante relative à la pseudo-épidémie de fièvre infectieuse qui se serait déclarée, ces temps derniers, dans les quartiers de la Glacière et de la Maison-Blanche.

« De l'enquête ordonnée par le préfet de la Seine, au sujet des faits qui se seraient produits dans le quartier de la Glacière, il résulte qu'eu effet des terres contenant quelques débris il ossements ont été déchargées dans un terrain de la rue de Tolbiac, par suite d'un triage insuffisant au moment du chargement du boulevard Saint-Marcel.

» Contrairement à ce qu'on a annoncé, on n'a brûlé aucun débris provenant des sépultures. Les matières brûlées consistaient en vieux papiers, débris de toitures, etc.

« Enfin, aucune maladie épidémique causée par les travaux n'existe dans le quartier. On n'a constaté qu'un seul décès, du 1er août au 7 septembre, dans la rue du Moulin-des-Prés. »


A lire également

La Butte aux Cailles (1877)

La Lanterne du 19 juillet 1890

L'épidémie de la Maison-Blanche (Le Figaro - 7 septembre 1890)

L'épidémie de la Maison-Blanche (Le Matin - 7 septembre 1890)

La réponse de la Lanterne - 14 septembre 1890

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Ailleurs sur Paris-Treizieme

Perquisition dans une pharmacie - 1911

Sur commission rogatoire de M. Chesney, juge d'instruction, MM. Berthelot, commissaire de police aux délégations judiciaires, et Loutières, professeur à l'École de pharmacie et inspecteur des pharmacies, se sont transportés au siège d'une succursale de la Pharmacie mutualiste, 113, rue Broca

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La cité Jeanne d’Arc transformée en fort Chabrol - 1934

La nouvelle que M. Luien Monjauvis , député communiste du XIIIè, avait été arrêté devant les usines Panhard, devait provoquer, parmi ses électeurs adhérents au parti communiste ou sympathisants une certaine agitation.

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Les bagarres de la cité Jeanne-d’Arc et celles d’AlfortviIle, après celles de Mantes démontrent péremptoirement l’existence par noyautages, d’une organisation frénétique dans la région parisienne.

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Les Amis de « Guibollard » - 1905

Jean Bonneau, âgé de dix-sept ans, dit « Guibollard », avait convié à une petite fête tous ses amis, des rôdeurs qui hantent les fortifications, dans les parages de la porte de Fontainebleau. Ces joyeuses agapes devaient avoir lieu dans un établissement malfamé des environs de la poterne des Peupliers.

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Lu dans la presse...

M. Albert Lebrun inaugure le monument élevé « à la gloire des mères françaises »

Cet après-midi, à 15 heures, a eu lieu, boulevard Kellermann, près de la porte d'Italie, l'inauguration du monument érigé à la gloire des mères françaises. La cérémonie s'est déroulée en présence du président de la République et de Mme Albert Lebrun, et de hautes personnalités. (1938)

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La statue du docteur Pinel

On va prochainement ériger sur la place de la Salpêtrière la statue en bronze du docteur Pinel. (1883)

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Inauguration de l'hôpital école de la Croix-Rouge

La Société de la Croix-Rouge française a inauguré, hier après-midi, l'hôpital-école qu'elle a fait édifier, rue des Peupliers, dans le treizième arrondissement. (1908)

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M. Steeg, maire de Berlin, à l'école de la rue Küss

Le Docteur Steeg, maire de Berlin, ou plus exactement, président de l'administration municipale de la capitale du Reich est, depuis quelques jours, on le sait, l'hôte de Paris. (1941)

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M. Félix Faure dans le 13è

Le pont de Tolbiac est dans le treizième arrondissement, c'est-à-dire dans une région de Paris où jamais, en aucun temps, chef d'État n'a mis le pied. (1895)

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Ouverture d'une nouvelle voie dans le 13e arrondissement.

On va prochainement soumettre aux formalités d'enquête le projet d'ouverture de la rue du Transit, partie comprise entre la rue de la Glacière et la rue du Château-des-Rentiers. Cette portion du 13e arrondissement est généralement peu connue ces Parisiens du boulevard. C'est une région arrosée par la nauséabonde rivière de Bièvre, dont un des bras prend le nom de rivière morte. (1867)

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La nouvelle place d'Italie en haut de la rue Mouffetard.

Entre l'église Saint-Médard et la place d'Italie, la vieille et étroite rue Mouffetard se transforme à vue d'œil en une belle avenue de 40 mètres de largeur. (1868)

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La Bièvre en peinture

On visitait ces temps-ci, dans la salle des Fêtes de la mairie du 13e, une agréable exposition de toiles, aquarelles, dessins, organisé par le Cercle des Gobelins. (1928)

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Chronique électorale

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Gares et Stations du chemin de fer de ceinture (rive gauche)

Une enquête est ouverte, en ce moment, à la Préfecture de la Seine, sur le enquête est ouverte, en ce moment, à la Préfecture de la Seine, sur le projet des stations à établir sur le chemin de fer de Ceinture, dans les 13e, 14e, 15e et 16° arrondissements. (1862)

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Extension de la Gare du chemin de fer d'Orléans

On a mis récemment à l'enquête un projet d'agrandissement de la Gare du chemin de fer d'Orléans, à Paris, qui consiste à étendre les dépendances de cette gare jusqu'au quai d'Austerlitz, par l'annexion de tout l'emplacement compris entre ce quai, la rue Papin et le boulevard de l'Hôpital. (1862)

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Portrait : Emile Deslandres

Conseiller municipal du quartier Croulebarbe (1925)

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Promenade électorale dans le XIIIè

Le treizième a toujours été la cité des pauvres. Il sue encore la misère avec ses îlots de maisons délabrées… avec la rue du Château-des-Rentiers, ô ironie, avec la Butte-aux-Cailles chère à Louis-Philippe. Et comme la misère va de pair avec la douleur, beaucoup d'hôpitaux, la Salpêtrière, la Pitié, Broca, Péan, des asiles, des refuges. Sur 33.500 électeurs, 28.000 paient de 500 à 1.200 francs de loyer par an. Au prix actuel du gîte, ces chiffres ont une triste éloquence ! On ne s'étonnera pas si le treizième est politiquement très à gauche… et même à l'extrême gauche. (1927)

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Trop de clairons dans le quartier de la Maison-Blanche

Tandis que les chauffeurs ne pourront claironner ou trompeter par les rues de Paris, des escouades de bruiteurs autorisés continueront, embouchure aux lèvres, leur pas accéléré quotidien dans les rues du quartier de la Maison-Blanche en général, boulevard Kellermann en particulier. (1929)

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© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte