Le 13e avant le 13e

 Un vol à la Butte-aux-Cailles - 1845

Un vol à la Butte-aux-Cailles

La Presse — 5 août 1845

Un vol d'une audace effrayante a été commis lundi dernier dans la commune de Gentilly, aux portes de Paris.

La maison du sieur Drevet, maître charpentier, située au lieu-dit la Butte-aux-Cailles, se trouve un peu isolée.

Lundi, sur les dix heures du soir, la dame Drevet se trouvait seule et attendait le retour de son mari, lorsqu'on frappa à la porte. Elle ouvrit sans la moindre défiance et aperçut deux hommes en blouse, qui demandèrent à parler au maître charpentier. La dame Drevet, croyant avoir affaire à des ouvriers, leur dit qu'elle attendait son retour et les invita à entrer.

Ces hommes la suivirent dans sa chambre d’habitation ; mais arrivés là, ils changèrent d'allure, et l'un d'eux, la saisissant par les bras, lui dit qu’il leur fallait de l'argent.

La femme du charpentier, saisie de cette brusque attaque, dit à l'autre malfaiteur de prendre quelques pièces qui se trouvaient dans le tiroir d’une chiffonnière ; il s'en empara en effet, mais revenant vers elle, il lui dit qu'il leur fallait plus d'argent que cela, qu'ils savaient très bien qu'elle en trouverait et qu'elle eût à déclarer promptement où il était, autrement ils se verraient forcés d'attenter à sa vie.

Se voyant à la merci de ces hommes déterminés, la dame Drevet dit à celui qui la tenait de la laisser, libre et qu'elle allait le satisfaire ; elle prit, en effet, un sac de 800 fr. dans le bas d'une armoire et le leur remit. Ils n'en demandèrent pas davantage et s'esquivèrent aussitôt.

Le sieur Drevet arriva quelques instants après, et il trouva sa femme encore sous l'impression de cette scène affreuse. Il a été de suite trouver les gendarmes de la Maison-Blanche qui ont fait une battue dans les environs, mais sans résultats.

La police est à la recherche de ces audacieux malfaiteurs, dont la dame Drevet a pu fournir le signalement.

Saviez-vous que... ?

Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

*
*     *

Dès les années 1880, l'envoûtement de la Bièvre pour des raisons sanitaires était à l'ordre du jour mais on reculait car cela signifait la mise à mort de toutes les industries qui utilisaient l'eau de la Bièvre et faisaient vivre le quartier Saint-Marcel.

*
*     *

Le boulevard Arago, le boulevard de Port-Royal et le boulevard Saint-Marcel furent inaugurés le 15 aout 1868. Il en fut de même du boulevard Mouffetard qui n'avait pas encore pris le nom d'avenue des Gobelins.

*
*     *

Le 25 janvier 1892, 24 vaches et 3 juments étaient en vente à la suite d’une décision judiciaire au 22 de la rue Corvisart. Il y avait certainement un nourrisseur à cette adresse. En tout cas, en 1921, c’était plutôt une mégisserie.

L'image du jour

La mairie du XIIIe

Le premier bâtiment de la Mairie en façade de la place d'Italie est dû à Paul-Henri Bonnet, architecte né en 1828, grand prix de Rome. Les travaux commenèrent en 1873. Bonnet les suivit jusqu'à sa mort en 1881. Des extensions de la mairie furent peu à peu constuites et elle occupa finalement, à la fin du XIXe siècle, tout le quadrilatère formé par la place d'Italie, l'avenue des Gobelins, la rue Philippe de Champaigne et le boulevard de l'Hôpital.