logo paris-treizeime.fr
UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

    plan 13e
  • Accueil
  • Lieux
  • Faits divers
  • Dans la presse
  • Les drames du 13e
  • Un jour dans le 13e
  • La Bièvre
  • Promenades
  • Littérature
  • Le 13e avant le 13e
  • Feuilleton
  • Plans

logo paris-treizeime.fr
Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

Logo P13

  • ACCUEIL
  • LIEUX
  • FAITS DIVERS
  • DANS LA PRESSE
  • UN JOUR DANS LE 13e
  • LA BIEVRE
  • PROMENADES
  • LITTÉRATURE
  • LE 13e AVANT LE 13e
  • FEUILLETON
  • PLANS

Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 5

5

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


II
Un jour de noces
(suite)

— C'est Mlle Marie qui n'a pas voulu de noce. Vous savez, elle est très simple, très modeste ; elle ne sortait pour ainsi dire jamais.

Ma blanchisseuse qui les a connues quand elles étaient encore riches, m'a raconté que l'année après la mort de son père, Mlle Marie avait dû se marier avec un beau jeune homme, riche, riche… Le contrat était passé... Voilà-t-il pas que le pauvre garçon se fait tuer raide, la veille de son mariage.

— Comment, tuer ? en duel ?

— Non… dans un accident de voiture. La pauvre fille en a été malade pendant longtemps, à ce qu'il parait. Il a fallu la distraire, la faire voyager. Rien n'y a fait. Quand elles sont revenues, de Bordeaux, je crois, ou de Pau, elle était pâle, maigre et triste qu'on aurait dit qu'elle ne passerait pas l'année. Mais à présent, elle va pouvoir se rattraper. Ah ! les voilà qui descendent pour aller à l'église.

— Dites donc ! il n'est pas joli, joli, le marié !

— Non, c'est vrai, mais il a l'air rudement content.

— Et la mariée, donc ? elle est superbe.

— Est-ce qu'ils vont revenir ici, après la messe ?

— Oui. La mariée vient changer de costume, pour partir après le repas. — Tiens ! qu'est-ce que c'est que ce particulier-là qui vient d'entrer avec son portefeuille sous le bras ?

— Ça ! fit le boucher… c'est quelque chose comme un huissier, pour sûr.

— Possible… il en venait de temps en temps chez la vieille.

— Ça serait drôle, une saisie le jour du mariage.

— Oh ! il n'y a pas de risque. La vieille est une pratique… elle a trouvé de l'argent... vous le savez bien, puisque nous sommes payés. Ce pantin-là vient pour toucher.

La conjecture était exacte... Le portefeuille en question contenait pour trois mille cinq cents francs de billets à ordre, signés veuve Duverdon. Et Mlle Sarah qui paraissait ravie du bonheur de sa maltresse, avait en ce moment une conversation fort vive avec le porteur, une espèce de bellâtre qui lui prenait la taille en faisant les yeux blancs.

— Voyons, M, Jules, finissez, disait Sarah. Donnez-moi les billets et parlons sérieusement.

— Voici les billets, belle enfant ; donnez-moi l'argent, s'il vous plaît, puisque vous l'avez.

— À quoi bon, puisqu'il est à moi. Ce n'est pas la peine que je vous le donne pour que vous me le rendiez.

— C'est comme il vous plaira, chère belle. Mais alors, il faudra donc que j'explique à Me Mâchefer, mon peu vénérable patron, comme quoi le vieux Mossé, porteur du billet, n'est que le prête-nom et l'homme de paille de Mlle Sarah Belledent, la servante modèle qui prête à sa maîtresse, à raison de vingt-cinq pour cent par trimestre, les petites économies qu'elle a faites sur l'anse du panier.

— C'est juste, répondit Sarah, qui se laissa prendre un baiser sur le cou sans en avoir l'air autrement émue. C'est juste, voici les trois mille cinq cents francs... Seulement j'irai les prendre demain chez Mossé.

— Cette confiance me flatte, chère amie, ricana M. Jules Valdonnier, tout en continuant à se permettre une foule de privautés de plus en plus pressantes sur la personne de Mlle Sarah qui paraissait trop préoccupée pour se scandaliser de ces licences. Seulement je me demande comment vous placerez désormais vos fonds, car le temps des intérêts à 75% est passé pour vous, désormais. Je sais bien que dans les maisons riches il y a de beaux grattages ; mais c'est encore chez les maîtres qui se ruinent que se font les meilleurs profits.

— Je n'ai pas l'intention de rester dans la maison, répondit la fille.

— Je pense bien que vous suivez votre jeune maîtresse ; mais est-ce que Mme Duverdon ne va pas demeurer chez son gendre ?

— Oh ! que si, par exemple ! Elle ne l'a épousé que pour ça.

— Mauvaise langue ! fit M. Jules d'une voix caressante.

— Sans doute ; je sais ce que je dis. Ce n'est pas Mlle Marie qui a épousé M. Reynaud ; c'est Mme Duverdon qui l'a bouclé. Mais ça ne fait rien, je ne compte pas entrer chez M. Reynaud.

— Vous avez donc une autre place ?

— Non, je quitte le service, voilà tout.

— Vous quittez le service ? Et quand ?

— Ce soir, probablement. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Voyons ! avez-vous fait les recherches dont je vous avais chargé ?

— Oui, certainement. Mais elles n'ont pas abouti à grand-chose. Mme veuve Coutard a quitté Bordeaux avec ses deux enfants depuis déjà trois mois et l'on ne sait ce qu'elle est devenue. Elle doit être morte car les personnes qu'elle devait voir à Paris n’ont pas eu de ses nouvelles.

— Ah ! c'est bien malheureux !

— Cela vous contrarie beaucoup, à ce que je vois.

— Oui, beaucoup. Mais vous êtes sûr.

— Pas précisément, même que je suis sur une piste… et peut-être pourrais-je arriver si je savais.

— Oui, je vous vois venir. Vous voulez être au courant de mes petites affaires. Mais finissez donc !

Et Sarah, se dégageant des mains indiscrètes de M. Jules prit un air sévère qui donna à sa physionomie naturellement peu engageante, une expression marquée de dureté.

— C'est comme il vous plaira, reprit M. Jules. Mais pour trouver il faut savoir. Cherchez, vous qui savez, moi j'y renonce.

Et, prenant à son tour un air fâché, M. Jules fit mine de se retirer.

Sarah le saisit par le bouton de sa jaquette et, le regardant entre les deux yeux :

— Vous avez trouvé, n'est-ce pas ?

— Ma fille, répondit avec sang-froid M. Jules, tu ne manques pas de dispositions. Tu possèdes le flair, l'intelligence, le sentiment…

— Voyons, assez de plaisanteries comme ça !

— Le sentiment des affaires. Mais c'est l'éducation qui te manque et l'instruction encore plus. Pour certaines entreprises, surtout, faut de l'instruction et même de l'instruction supérieure… la connaissance de la loi, par exemple.

— Ainsi vous croyez savoir ce dont il s'agit ?

— Aussi bien et mieux que toi, ma fille. Tu m'en as dit un peu ; en cherchant, j'en ai trouvé beaucoup, et ce n'est pas malin de deviner le reste. Seulement, je t'avertis : ça n'est pas aussi commode que tu m'as l'air de le croire. On se fait rouler gentiment quand on n'est pas ferrée sur le Code… Je ne veux pas marcher sur tes brisées et te faire concurrence. Mais si tu marches seule, tant pis pour toi. Quand tu auras manqué l'affaire, je la reprendrai. Maintenant veux-tu marcher ensemble, oui ou non ?

Sarah, sur le coup, eut un soubresaut de colère. Elle demeura un instant muette, les sourcils froncés, se mordant les lèvres.

M. Jules, d'un air narquois, enfermait dans sa serviette graisseuse, les billets de banque pliés dans un papier timbré. Enfin Sarah prit son parti et, se faisant tout à coup souriante.

— Voyons, avoue que tu sais où elles sont.

— Non ; parole d'honneur ; je ne le sais pas encore... mais je le saurai peut-être ce soir ou demain.

— Sûr ? je puis marcher ?

— Tu peux marcher ; mais…

Il la prit par le cou et dans une caresse sans gêne il lui souffla à l'oreille :

— Mais... nous marcherons ensemble n'est-ce pas ?... Tu t'en trouveras bien et puis, prends garde ! C'est raide, le coup que tu vas faire !... Le jour même de la noce. Il y a de quoi tuer une femme et un homme aussi, par dessus le marché.

Sarah haussa les épaules.

— Prends garde ! je te dis… c'est bien dangereux.

À ce moment, un coup de sonnette retentit.

Le 13e en littérature

La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

Lire


L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

Lire


La rue du Banquier

Madame Gil-Blas

par
Paul Féval

Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.

(1856)

Lire


La Barrière des Deux-Moulins

Les Chifffonniers de Paris

par
Turpin de Sansay

En suivant les rues Saint-Victor, du Marché-aux-Chevaux et de Campo-Formio, on arrivait à la barrière des Deux-Moulins, située de l'autre côté du boulevard extérieur.

(1861)

Lire


La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

Lire


Le boulevard Saint-Marcel

Les Baisers rouges

par
Montfermeil

A travers Paris jusqu'à la rue Coypel...

(1900)

Lire


La rue de la Vistule

La fille du fusillé

par
Paul Samy

Huit heures du soir sonnaient à l’horloge de l’hôpital Marie-Lannelongue, située à l’angle de la rue de Tolbiac et de l’avenue d’Ivry, quand une automobile, arrivant par l’avenue d’Italie, tourna dans la rue de la Vistule et s’arrêta devant une petite grille terminant un mur, derrière lequel s’élevait une maisonnette.

(1924)

Lire

Un Treizième à découvrir dans...

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis
(1899)

Les Loups de Paris

par
Jules Lermina
(1877)

La maison Philibert

par
Jean Lorrain
(1904)

Enfants perdus

par
Léo Larguier
(1931)

La cité Doré

À la hauteur de la place Pinel et de l’abattoir, entre le boulevard de la Gare et le boulevard de l’Hôpital, s'étend un vaste terrain qui est loué par bail à divers locataires. Le type même de la saleté et de la misère imprévoyante se trouve dans le rassemblement de masures, coupé de ruelles en zigzag et qu’un hasard ironique fait appeler cité Doré. Les cours des miracles devaient être ainsi.

La Butte aux-Cailles

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

Le marché aux chevaux

Le Marché aux chevaux du boulevard de l’Hôpital, derrière la gare d’Orléans, sa grande cour pavée enclose de grilles dominant en terrasse le boulevard Saint-Marcel, son mouvement, ces allées perpétuelles de bêtes et de gens d’écuries, ces groupes de gros maquignons ventrus...

Refuge Nicolas Flamel

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.


La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)


Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)


La criminelle

par
Jules Lermina
(1881)


Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)

En remontant le boulevard de l'Hôpital

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

A son inauguration, le pont de Tolbiac présentait une longueur totale de 295 mètres.

*
*     *

Le 27 juillet 1916, 724ème jour de guerre, un violent orage causait quelques dégâts au 1 de la ruelle des Reculettes et la foudre blessait légèrement aux jambes Mme Paris, une locataire du lieu.

*
*     *

Dans le projet initial élaboré en 1860-1861, le chemin de fer de ceinture rive gauche devait franchir la vallée de la Bièvre grâce à un viaduc de 800 mètres de longueur reposant sur des arches de 10 mètres d'ouverture et d'une hauteur maximale de 15 mètres.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

A propos de ce site

Mentions légales

Politique de confidentialité

Recherche


© paris-treizieme.fr 2010-2026