Faits divers

 Un duel à l’américaine - 1895

Un duel à l’américaine

La Presse — 8 septembre 1895

Une scène qui rappelle les mœurs américaines s'est déroulée hier, rue du Château-des-Rentiers, non Ioin du bureau de M. Bolot, commissaire de police, dans les circonstances suivantes :

Un représentant de commerce, Antoine Rousques, âgé .de trente-six ans, demeurant rue Jeanne-d'Arc, était en relation d'affaires avec un de ses confrères, nommé Félicien Jensane, âgé de trente-huit ans, domicilié rue Clisson, lorsque ces jours derniers un différend s'éleva entre eux. Rousques avait obtenu une commande de savon par l’entremise de Jensane, mais lorsqu'il eut touché sa commission, il refusa d'en remettre une partie a. son camarade.

Celui-ci se fâcha, plusieurs disputes s'élevèrent et, hier, les plaideurs se présentaient vers sept heures du soir, au bureau du commissaire de police pour le prier de vider leur différend.

Le magistrat se déclarant incompétent les engagea à se pourvoir devant la justice de paix.

Rousques sortit le premier, suivi à peu de distance par Jensane, qui une fois dans la rue l'interpella avec des menaces.

— Si tu ne me donnes pas ce que tu me dois, lui cria-t-il, je m'adresserai plus haut et je dirai des choses qui te feront fourrer dedans.

Á ces mots, l'autre se retourna et tirant de sa poche un revolver fit feu sur son interlocuteur qui, usant du même procédé, s'arma également et tira dans la direction de l'agresseur.

Les coups de feu se succédèrent dès cet instant, jusqu'à ce que les combattants eussent épuise leurs cartouches.

On s'imagine la panique causée par cette mousqueterie. Les passants se sauvaient dans les boutiques ; les fenêtres et les portes se fermaient.

Une vieille femme, Mme Émile Bouast, âgée de soixante et un an, demeurant au numéro 56 de la rue, a été atteinte d'une balle à la cuisse gauche. Rousques a été blessé au bras droit et au flanc.

Les forcenés ont été conduite au commissariat où, après interrogatoire, M. Bolot les a mis en état d'arrestation.


A lire également

Drame de la misère - 1894

La Pègre - 1907

À lire également...

Quartier Croulebarbe

La mort de Céline Pasquet

1908

Au numéro 21 de la rue Croulebarbe habillait, avec son amant, Georges Deschamps, ouvrier fumiste, âgé de vingt-cinq ans, une femme Céline Pasquet, d'un au plus jeune, journalière.

...


Quartier de la Maison-Blanche

Le drame de la rue du Tage

1903

Un drame qui a causé une profonde émotion dans le quartier de la Maison-Blanche s'est déroulé, hier soir à dix heures, dans l'immeuble portant le numéro 8 de la rue du Tage

...


Le mystère du cinéma Madelon

1922

Le mystère enveloppant la fin tragique de la petite Suzanne Barbala subsiste encore.

...


rue de Patay

Des « esprits » persécutent une famille rue de Patay

1920

Une foule compacte dans une rue, coupant complètement la circulation ; des cris, des éclats de rire ; que se passe-t-il ?
C'est la maison « hantée », tout simplement ; oui, la maison hantée, car il en est une, à Paris même, 87, rue de Patay derrière la place d'Italie.

...

Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

*
*     *

Le 26 octobre 1923, l'automobile de M. Naudin, conseiller d'Etat, ancien préfet de police, entrait en collision avec un taxi à l'angle de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel. Dégats matériels uniquement.

*
*     *

Les travaux du pont de Tolbiac enjambant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans commencèrent le 1er avril 1893.
Le pont fut inauguré par le Président de la République M. Félix Faure, le 15 juillet 1895.

*
*     *

En 1865, les frères Goncourt passaient une journée dans le 13e :
« Jeudi, 16 mars. — Nous avons passé la journée chez Burty, rue du Petit-Banquier, dans un quartier perdu et champêtre, qui sont le nourrisseur et le marché aux chevaux. Un intérieur d’art, une resserre de livres de lithographies, d’esquisses peintes, de dessins, de faïences ; un jardinet ; des femmes ; une petite fille ; un petit chien, et des heures où l’un feuillette des cartons effleurés par la robe d’une jeune, grasse et gaie chanteuse, au nom de Mlle Hermann. Une atmosphère de cordialité, de bonne enfance, de famille heureuse, qui reporte la pensée à ces ménages artistiques et bourgeois du dix-huitième siècle. C’est un peu une maison riante et lumineuse, telle qu’on s’imagine la maison d’un Fragonard. »

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦