Dans la presse...

 L'accident de la gare d'Ivry - 1867

L'accident de la gare d'Ivry

Le Figaro — 27 septembre 1867

Ce matin, à quatre heures 15 minutes, le grand pont métallique, sur lequel le boulevard de la gare passe au-dessus du chemin de fer d'Orléans, à sa sortie de la gare des voyageurs de Paris, s'est écroulé sous le poids d'une lourde locomotive à broyer le macadam.

Les trains partant et arrivant ont été arrêtés à temps. Mais le mécanicien du cylindre broyeur a été très grièvement blessé, et deux des hommes de ce service ont été également assez gravement atteints.

Les deux premiers trains du matin n'ont pu partir ; mais trois heures après l'accident, deux hangars de la gare des marchandises d'Ivry étaient débarrassés de leurs colis et livrés au service des voyageurs. On ne saurait se faire une idée de l’activité qui a été déployée dans cette circonstance, et de la précision avec laquelle toutes les installations nécessaires au départ et à l'arrivée des voyageurs et de leurs bagages ont été improvisées.

Rien de plus curieux aussi que le théâtre de l'accident. Le pont avait 25 mètres de portée. Dès qu'une travée a été défoncée par la machine, toutes les entretoises ont cessé d'être solidaires, et le pont tout entier est descendu sur la voie. Si, à ce moment, un train eût été de passage, pas un voyageur n'eût échappé à la mort.

Quant à la cause de l'accident, elle est connue. Il avait été convenu, entre les ingénieurs de la ville de Paris et ceux de la Compagnie, que le macadam du pont serait écrasé au cylindre ordinaire, et que ses abords seulement seraient macadamisés au cylindre à vapeur.

Par suite de l'erreur de quelques employés inférieurs, la lourde machine de trente mille kilogrammes, s'est engagée sur ce pont qui ne pouvait supporter qu'une charge de moitié. Naturellement, il n'a pu résister, et s'est effondré.

Toutefois, il est assez difficile d'admettre que, dans une ville comme Paris, lorsqu'on fait circuler des machines de trente mille kilog., on laisse passer des boulevards importants, comme celui de la Gare, sur des ponts aussi insuffisants. Ce qui est arrivé aujourd'hui, au cours des travaux, serait infailliblement arrivé plus tard. Il est donc relativement heureux que cette épreuve se soit produite dès à présent.

M. Sevène, ingénieur en chef, a pris les mesures les plus énergiques pour déblayer la voie. Aux lourdes travées de tôle, on a attelé plusieurs locomotives, avec de fortes prolonges, et grâce à l'emploi de ce moyen puissant, on peut être sûr que les trains de ce soir partiront de la gare monumentale récemment ouverte sur le quai d'Austerlitz.

Alfred d'Aunay.

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Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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Pour la sécurité des enfants

Deux petites filles ont été écrasées l'autre jour par des tramways l'une boulevard de la Gare, l'autre sur un passage clouté de l'avenue de Choisy, à la sortie d'une école, et dans des conditions si lamentables que M. Gélis, conseiller municipal, a cru devoir adresser à ce sujet une question au préfet de police. Hier encore, deux jeunes enfants ont été blessés sur la chaussée et il ne se passe presque pas de jour, hélas, qu'on n'ait à déplorer des accidents de la circulation dont sont victimes de jeunes enfants. (1933)

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La Mie de Pain

Dans l’un des quartiers les plus déshérités de Paris, au delà de la place d’Italie, derrière la Butte-aux-Cailles, voici quinze hivers que, par l’inlassable dévouement d’un homme de bien, la Mie de Pain vient en aide à des milliers et des milliers de malheureux. (1906)

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Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Le puits artésien de la butte aux Cailles, dont nous n'avions pas visité le chantier depuis l'année dernière, est arrivé maintenant à une profondeur de 75 mètres, c'est-à-dire à 13 mètres 50 au-dessous du niveau de la mer. (1865)

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Un nouveau dispensaire

Les habitants du XIIIe arrondissement viennent d'être dotés d'un dispensaire spécial pour enfants malades.
Édifié par les soins de la Société philanthropique, cet établissement est dû à la générosité de Mme Edouard André. Il se trouve, 4, rue Jean-Marie-Jégo. Pour ceux qui ne connaissent pas cette rue nouvelle et qui n'est inscrite dans aucun, indicateur, disons qu'elle est située près de la place d'Italie, à la jonction de la rue de la Butte-aux-Cailles et de la rue du Moulin-des-Prés. (1889)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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Le XIIIème devait initialement porter le numéro 20 lors de l'extension de Paris en 1860. Les protestations des habitants d'Auteuil et de Passy qui, eux, se voyaient attribuer les n°13 associé aux « mariages à la mairie du 13e » autant qu'aux superstitions, eurent raison du projet de numérotation et un nouveau projet aboutit à la nomenclature actuelle.

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C'est le 17 septembre 1901 que fut inauguré le puits artésien de la Butte aux Cailles. L'histoire ne dit pas si ce fut en grande pompe.

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Le point culminant du sol naturel du 13e arrondissement dépasse légèrement les 63 mètres. Il est situé au milieu de la rue Vandrezanne. Le point le plus bas est sur les quais de Seine à proximité du pont National. Si l'on prend en compte les espaces situés au delà du périphérique, le point culminant serait situé avenue de la porte de Gentilly en lisièse de cette commune. Les prés submersibles de la Glacière étaient à une côte moyenne de 35,80 mètres.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦