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SAVIEZ-VOUS QUE...

Le 27 juillet 1916, 724ème jour de guerre, un violent orage causait quelques dégâts au 1 de la ruelle des Reculettes et la foudre blessait légèrement aux jambes Mme Paris, une locataire du lieu.


C'est en 1897 que fut achevé le percement de la dernière partie de la rue Bobillot entre la place d'Italie et la rue de la Butte-aux-Cailles.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Une bande de voleurs - 1912

Une bande de voleurs

Le Journal — 20 septembre 1912

M. Niclausse, sous-chef de la Sûreté, vient d'arrêter trois individus qui avaient commis, notamment dans le treizième arrondissement, une quantité de vols de bicyclettes, de motocyclettes et d'accessoires d'automobiles.

Le chef de la bande est un nommé Louis-Léon Labbaye, dit Martin, né à Paris en 1874, exerçant parfois la profession de photographe, et qui habitait en garni 46 rue du Moulin-de-la-Pointe,

Ses complices sont Joseph Maniardi, né à Bottola (Italie), en 1870, cordonnier, habitant 51, avenue de Choisy, et Emile-Joseph Nedrecor, né à Paris en 1873, cordonnier, domicilié à Ivry, 51, rue de Choisy.

M. Niclausse a perquisitionné chez les trois voleurs; il a retrouvé quantité d'objets et notamment, chez Nedrecor, une motocyclette qui fut volée en juillet dernier chez M. Chaulange, 19, rue Fagon. Labbaye, qui a déjà subi dix condamnations, a opposé une résistance désespérée lorsqu'on l'a capturé et a tenté de poignarder l'inspecteur Lallemand. Ce bandit, lors d'une de ses arrestations précédentes, en 1911, avait gravement blessé deux agents.


 Folle de misère - 1909

Folle de misère

Le Journal — 18 janvier 1909

Une jeune femme vêtue de haillons qui, depuis quelques instants, se livrait, hier matin, place d'Italie, à d'inquiétantes excentricités, s'arrêta soudain lorsqu'il y eut autour d'elle un cercle de badauds assez compact et rejetant ses guenilles apparut bientôt sans voile. Un agent intervint, pour mettre fin au scandale. Ce ne fut pas chose facile. L'inconnue se démena en effet et à coups de dents, à coups de pied, tenta de se dégager. Elle fut enfin maîtrisée, enveloppée dans une couverture et transportée au commissariat du passage Sicault.

C'était une jeune femme, Octavie Liégard, âgée de vingt-trois ans, sans domicile connu, que la misère avait rendue folle.

Elle a été envoyée à l'infirmerie spéciale du Dépôt par M. Simard, commissaire de police du quartier.




La Tournée

Par Elie Richard (*)

« … Elle a mon cœur dès mon enfance, et m'en est advenu comme des choses excellentes ; plus j'ai vu depuis d'autres villes belles, plus la beauté de celle-ci peut et gagne sur mon affection. Je l'aime pour elle-même et plus  en son être seul que rechargée de la pompe étrangère ; je l'aime tendrement jusques à ses verrues et à ses taches. Je ne suis Français que par cette grande cité, grande en peuples, grande en félicité de son assiette, mais surtout grande et incomparable en variété et diversité de commodités, la gloire de la France et l’un des plus nobles ornements du, monde. »

Michel de MONTAIGNE.
Essais, Livre III, Ch. IX.

 

I. - Mais où sont les Grands-Ducs ?...

J'ai refait la proverbiale tournée des grands-ducs. Il n'est pas de Parisien qui ne l’ait faite, qui ne la refasse, peu ou prou, de gré ou de force. Celui qui passe — le voyageur — ne voit rien qu'une façade vibrante, un masque peint, ne comprend rien à cette vie qui jargonne : il manque de termes de comparaison ; celui qui demeure, discerne, dans les allées et les venues, les mouvements inaccoutumés de la rue, les réflexes, les cris de la ville, découvre, dis-je, un monde subtil. La ville cachée lui devient sensible, le Paris occulte lui livre sa signification.

En vérité, pour qui vit dans ce microcosme de 26.755 hectares qu'est Paris il y a une variété extraordinaire d'espèces humaines, groupées par des lois, des conventions, voire des fictions.

Avec des yeux éduqués, et je ne sais quelle sympathie, un artiste recueille des impressions d'une richesse inouïe. Un philanthrope en revient terrifié ; il est désespéré, s'il méconnaît la force inextinguible de la vie et ces vertus inépuisables des hommes : l'indifférence et l'oubli.

Est-ce donc une offense à l'humanité que cette Tournée ? Le moraliste le dira. Elle est à coup sûr, un jeu, — jeu de princes ou de bourgeois aveuglés par le confort quotidien, — mais jeu pour d'aucuns profitable.

En argot, on dit de l'habile tromperie : jouer la pièce. C'est dire que les badauds sont joués constamment.

Pourtant, les acteurs en guénipes ne touchent point les gros cachets : ce sont les metteurs en scène qui s'enrichissent parce qu'ici la loi des riches joue encore. M. D… qui faisait profession, non loin de la place Maubert, de montrer en relative liberté des apaches et des truands d'un accent et d'une couleur authentiques, a fait à ses deux filles des dots de plusieurs cent mille francs et il a, de surcroît, vendu son antre, son fonds, très chèrement. À présent, il est un gros négociant, sur la place, comme ils disent ; il sera quelque jour décoré, étant grand électeur dans un quartier où la politique est conservatrice.

M. P… qui exploite la pègre et le pari mutuel à l'environ de la gare Saint-Lazare, est actionnaire de l'Opéra, fréquente le meilleur monde des clubs, des pesages, subventionne des œuvres charitables.

Trop illettré, on ne - lui donnera pas la croix ; il a la considération des gens de pécune ; il aime mieux cela.

*
*             *

Bref, les miettes qui tombent de la table grand-ducale assouvissent, un soir durant, la fringale de claque-dents. N'est-ce rien ? L'Assistance publique devrait, pour son propre soulagement, favoriser la bienfaisante randonnée parmi les bouges, puisqu'il est prouvé que ceux qui figurent à cette pièce, sont autant de ses clients qui la laisseront en paix, le temps qu'ils consommeront la manne des badauds.

Il faut refaire la Tournée. Celle d'aujourd'hui vaut celle d'autrefois. Simplement on a changé le décor.

Certes, le Paris où des princes cherchaient l'aventure, disparaît.

Coco, ce monarque ami des Françaises de peu, célèbre rue de la Paix, Léo, cet autre prince, client des coulisses luxurieuses, et le petit roi, sans couronne mais non pas sans passion, et les vrais, les faux ducs, et les grands, les petits bourgeois de l'avant-guerre, tant assoiffés de jouir de la vue de la misère vicieuse, ils ne reconnaîtraient pas ça Paris oui meurt.

Qui meurt ? Non -pas ! Il se transforme, car la cité des hommes déchus change ses entrailles de place tous les deux siècles.

Paris aux escarpes, aux filles, aux marieurs et aux misérables ne peut pas mourir ; la société a besoin d'exutoires permanents.

Tous les amateurs de la Tournée fameuse ont donc été plus ou moins joués, bernés. Le monde qu'ils ont voulu connaître leur a donné la comédie. Ils en ont eu pour leur argent, car ces spectacles ne se paient point à leur prix, ces spectacles douloureux de la rançon de leur bonheur.

Pour descendre réellement dans cet enfer où la crapule coudoie le travail obscur, où le vice fréquente la défaite tenace, il n'est pas besoin de monnaie. Il suffit de cette pitié que j'ai dite : alors on connaît le visage sans fard, l'âme sans pantomime des figurants atroces des bas-fonds.


(*) Elie Richard né à Cahors le 06-10-1885 — Journaliste et homme de lettres. - Fondateur de la revue "Images de Paris". - Rédacteur en chef de "Paris Soir" (en 1930).


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