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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 19

19

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VIII
Le nouveau plan du baron

— Mon cher ami, disait ce jour-là, entre la poire et le camembert, le baron de Gurgloff au vicomte de Moreuil, mon cher ami, nous avons une partie splendide à jouer !

— Je vous écoute, baron ! développez votre idée.

— Voyez-vous, Lucien, il n’y a que les sots qui ne savent point tirer parti des situations, même les plus désespérées. Vous considérez la vôtre comme perdue, eh bien ! elle peut se terminer par un coup de maitre en faveur de gens habiles... et nous le sommes !

— Ah ! pardieu, je suis curieux de connaître ce coup-là !

— Les déceptions sont la pierre de touche des esprits supérieurs ; je vais vous le prouver ! La fortune des d’Évry semble nous échapper, oh bien ! nous l'aurons tout entière ; votre projet de mariage avec Aimée paraît enterré à tout jamais, eh bien ! vous accomplirez cette union ; la jeune fille ne vous aime pas et adore le comte de Maurevailles, eh bien ! elle deviendra folle de vous et détestera votre rival.

— Atteindre un pareil résultat serait, parbleu ! bien le comble de l’habileté !

— Ce résultat, nous l'obtiendrons : il s’agit simplement de persuader à Mlle d’Évry que Gontran est l’auteur de l’attentat dont elle a été victime ; ce sera facile.

— Oh ! facile, vous en parlez à votre aise.

— Eh ! certes, oui, ce sera facile ! D’abord, toutes les circonstances concourent à la probabilité de cette histoire.

— Vous trouvez ?

— Parbleu ! D'abord, le lieutenant a pu parfaitement connaître votre demande en mariage, et, dans ce cas, pour en détruire l’effet, il aura songé à compromettre la jeune fille par un enlèvement. Il aurait pu porter atteinte à l’honneur de Mlle Aimée ; mais non c’était vulgaire : il a préféré jouer le rôle d’ange sauveur. L’innocente créature s’est laissée prendre à cette comédie. C’est juste le rôle que je vous avais assigné.

— Hé ! hé ! je commence à saisir, ricana le vicomte.

— Comment expliquer autrement, poursuivit le baron, l’arrivée subite du comte dans les carrière de la Masure du Corbeau Rouge, en compagnie d’un bandit avec lequel il paraissait être dans les meilleurs termes ?

— Je saisis de plus en plus ! fit avec admiration de Moreuil.

— Vous m’avez dit, en outre, vicomte, que le jour où vous êtes allé déposer vos compliments de condoléances aux pieds de Mlle d’Evry, cete aimable personne vous avait fait part de la croyance manifestée par le comte au sujet de la conversation presque miraculeuse du marquis d’Évry ?

— En effet ! il le suppose sain et sauf.

— Eh bien ! mais, voilà encore une circonstance qui l’accable : s’il croit le marquis sauvé, lorsque tout le monde le prétend assassiné, c’est qu’il l’a réellement préservé de la mort.

— C’est assez logique, étant donnée l’idée première telle que vous la concevez, de cette... infâme machination... Et il se mit à rire.

— Dès lors, vous m’entendez bien, il devient évident que le lieutenant a séquestré le marquis en prévision d’un refus de la part de Mlle d’Évry. La main de la fille, en ce cas, devait être la rançon du père.

— Admirable ! baron ! admirable !

— Toute cette trame se tient si bien, toutes les particularités concordent et parfaitement que Mlle Aimée se laissera facilement convaincre, malgré son amour pour le lieutenant. Cette affection cédera devant la tendresse filiale, qui l’emportera, j’en suis sûr, dans la lutte que ces deux sentiments se livreront inévitablement dans le cœur de la jeune fille. Le combat moral sera même de courte durée.

— Mais, objecta le vicomte, si Gontran de Maurevailles parvenait à se disculper ?

— J’y ai songé ! Il faut supprimer le gêneur.

— Comment cela ?

— Un duel vous en donnera facilement raison.

— Facilement ! peste ! Ce n'est point tout à fait mon avis.

— Bah ! J'ai des pistolets dont les effets sont merveilleux.

— Ah !

— J’ai fait tarauder à l’intérieur des canons une rainure qui oblige la balle à dévier, de bas en haut, de telle sorte que pour frapper un adversaire à la tête, il faut le viser au genou.

— C’est très-ingénieux !

— Je crois bien ! Quand on connaît cette disposition de l’arme, on est à peu près sûr de tuer son antagoniste, et l’on est certain, en même temps, de n'être point touché.

— Votre invention présente même cet avantage que, plus l'adversaire est bon tireur, mieux il dépasse le but, car il vise toujours à hauteur de poitrine.

— Voilà ! C’est simple et commode ! Vous en userez, vicomte.

— Et je me battrai sans peur, je vous le jure !

Les deux complices rirent aux larmes de cette facétie !

Deux heures après cette convocation, Lucien de Moreuil se présentait à l’hôtel de Maurevailles et demandait à parler au comte Gontran. Un laquais en livrée fit passer à son maître la carte du vicomte, et bientôt les deux rivaux se trouvèrent en présence.

L’officier reçut son visiteur dans la salle qui lui serrait de fumoir et lui fît signe de prendre un piège.

Lucien de Moreuil s’installa dans un fauteuil et débuta en ces termes :

— Monsieur le comte, je viens accomplir une démarché pénible, mais que vous comprendrez et excuserez, je l’espère ?

— Partez, monsieur, répondit froidement le lieutenant.

— Vous n’ignorez pas, continua le vicomte, sur quelles bases d’intimité sont fondées les relations personnelles qui m’attachent au marquis d’Évry — je devrais dire, hélas ! qui m’attachaient, car l’infortuné n'est certainement plus de ce monde.

— Je ne te crois pas, moi ! répliqua vivement de Maurevailles.

— Tant mieux ! monsieur le comte, car, dans ce cas, la démarche que je fais est pour moi un devoir impérieux.

Le 13e en littérature

La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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L'avenue des Gobelins mesurait, à son inauguration, 880 mètres de long sur 40 de large.

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Selon un article du Figaro du 29 août 1905, le 13e arrondissement comptait alors 938 jardins privés.

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Eugène Oudiné, sculpteur et graveur en médailles, membre; de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, né le 1er janvier 1810, est décédé en avril 1887. Son nom était populaire car on pouvait lire sa signature sur toutes les pièces de monnaie frappées depuis 1870. Prix de Rome en 1851, il avait été élève de Gallé, de Petitot et d'lngres. Vers 1844, il fut attaché au Timbre et à la Monnaie. Ce qu'on connaît le plus de lui, ce sont les effigies des pièces de cent sous. Oudiné a pourtant exécuté bon nombre de statues.
La ville de Paris l'honora en 1934 en donnant son nom à la rue Watt prolongée.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.