Dans la presse...

 L'Hôpital de la Croix-Rouge - 1908

L'Hôpital de la Croix-Rouge

Inauguration solennelle

Le Gaulois — 15 novembre 1908

Hier, à deux heures et demie de l'après-midi, bien au-delà de la place d'Italie, dans le Paris inconnu de la vallée de la Bièvre, les rues étaient par hasard noires de monde. C'était grande fête pour les pauvres, les ouvriers du faubourg déshérité, qui faisaient joyeusement la haie, accueillant avec enthousiasme ceux qui venaient planter définitivement la croix rouge au milieu d'eux.

Les bâtiments du nouvel hôpital, dont la première pierre a été posée il y a un an à peine, étaient pavoisés de drapeaux tricolores et blancs à la croix de Genève. Franchissant la grille, nous pénétrons dans le grand hall, où l'assistance était groupée : plus de cent infirmières occupaient le côté gauche dans leur costume blanc, le brassard et la coiffe croisetés de rouge, et parmi elles, au premier rang, les cinquante volontaires du Maroc, menées là-bas par Mme la générale Hervé, Mme Fortoul, Mme Gallay. Elles portent depuis deux jours seulement, comme de simples soldats ayant fait campagne, sur leur médaille de la Société, une agrafe en or : Maroc, que le marquis de Vogué est allé remettre, dans une réunion amicale, chez Mme Hervé.

Sur l'estrade, à côté de l'éminent président, sont déjà le médecin-inspecteur-général Février, directeur du service de santé, représentant le ministre de la guerre ; le général Feldmann et le médecin principal Landriau, représentant le gouverneur militaire de Paris ; M. Mesureur, directeur de l'Assistance publique ; M. Engerand, député ; M. Paul Fleurot, secrétaire du conseil municipal ; le comte Fortuné d'Andigné, conseiller municipal ; M. Coupigny, attaché au cabinet du préfet de police ; les membres du comité de la Croix-Rouge : professeur Guyon, amiral Duperré, général de Monard, comte d'Haussonville, médecin principal Lortat-Jacob, M. Duvergier de Hauranne, M. dé Valence, secrétaire général ; vicomte de Nantois, comte de Kervéguen, docteur Cazin, docteur Cautru, M. Hussenot de Senonges, M. Biollay.

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Le professeur Guyon ouvre la séance d'inauguration, en remettant solennellement le premier hôpital de la Société en temps de paix, au président. Dans un discours exquis, il rappelle que ce nouvel établissement, dû à la générosité du pari mutuel, aux souscriptions privées, est la suite, le complément des efforts faits dans les dispensaires-écoles. Les infirmières de la Croix-Rouge, ajoute-t-il, affirmeront les bienfaits de cette organisation par leur discipline, leur dévouement, qui créeront des traditions, leur ordre et même cette propreté exceptionnelle, condition première du bien-être ces malades comme des bien portants, car ni l'air, ni l'eau, ni la lumière ne leur feront défaut.

Le marquis de Vogué, de l'Académie française, dans son éloquente réponse, fait remarquer au professeur Guyon qu'il n'a oublié qu'une chose dans son magistral exposé, fréquemment interrompu par les applaudissements de l'assistance : sa part personnelle dans le succès de l'œuvre et la valeur que sa signature donne aux diplômes d'infirmières.

« Ensemble, vous ayez créé non seulement un enseignement technique, mais un enseignement moral vous n'avez pas seulement fondé un dispensaire, un hôpital, vous avez fondé une méthode vous avez constitué un véritable corps d'infirmières ayant unité de procédé et unité d'esprit, liées par la communauté de la préparation et des sentiments. La preuve de sa valeur vient d'être faite au Maroc.

[…]

» Vous nous disiez tout à l'heure, mon cher confrère, que les malades vous apprenaient chaque jour quelque chose ; vous pensiez au profit que la science du médecin peut tirer de son contact prolongé avec la souffrance ; me permettrez-vous d'appliquer à nos infirmières l'observation que vous a suggérée votre longue expérience ? Elles aussi apprendront chaque jour quelque chose des malades dont leur main pansera les blessures et dont leur cœur devinera la misère. Du contact prolongé des réalités douloureuses de la vie populaire, des révélations qu'il provoquera, des contrastes qu'il éveillera, naîtra pour elles un enseignement d'une profonde portée leçons de résignation, de patience, de vaillance elles emporteront d'ici une plus sérieuse conception de la vie, une plus haute conception du devoir social, peut-être la guérison d'une intime plaie du cœur, toujours la pure satisfaction que donne la conscience du bien produit et du devoir accompli. Et quant au malade lui-même, en voyant ces femmes du monde, sous l'impulsion de leur foi et de leur cœur, sacrifier de leurs loisirs, de leur bien-être, pour lui apporter l'assistance de leur main délicate et la consolation de leur sourire fraternel, ne pensez-vous pas qu'il sortira d'ici ayant aussi appris quelque chose, perdu peut-être de ses préjugés et de ses préventions, et qu'il se trouvera que nos infirmières, tout en se préparant à atténuer les maux de la guerre, auront par surcroît travaillé à la paix sociale sur le meilleur et le mieux choisi des terrains ? »

Avant de terminer, le marquis de Vogué se félicite de l'admission des infirmières bénévoles de la Croix-Rouge dans les hôpitaux militaires du territoire et les formations sanitaires d'une armée en campagne, fait le plus considérable qui se soit produit depuis sa fondation. Le médecin-inspecteur-général Février et le conseiller municipal Fleurot, prennent, à leur tour, la parole, pour remercier la Société des bienfaits inappréciables que cet hôpital répandra sur l'armée et sur la population indigente parisienne, car, insistons bien sur ce point, la direction de l'hôpital est donnée exclusivement aux infirmières de la Société, ayant à leur tête l'admirable Mlle Génin, celle qui les a presque toutes formées au dispensaire de Vanves, et les a initiées au pansement des plaies, suivant les minutieuses règles de l'asepsie. Mlle Genin, secondée par Mlle Dauch, sa sous-directrice, et douze auxiliaires pourvues du diplôme supérieur, habitent en permanence cette véritable « école d'application », où elles auront la douceur de perfectionner désormais, dans les meilleures conditions désirables, le fonctionnement, des secours donnés par les femmes en temps de guerre, alors que tous les hommes valides sont sous les armes.

Rémunérer des professionnelles en temps de paix serait impossible, en préparer vingt mille nécessaires dès le début des hostilités, semble presque surhumain et sera désormais plus facile.

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Après les discours, la visite générale a commencé, et la nombreuse assistance a pu suivre les membres de la Société, en tête desquels nous avons remarqué les docteurs Follenfant, Lamy, Claisse, Michon, Bauzet, le médecin principal André, le médecin-major Pouy, comtesse d'Haussonville, comtesse Jean de Castellane, comtesse de Cossé-Brissac, comtesse H. de Durfort, comtesse de Kervéguen, Mme Bra, baronne René- de Ravinel, Mme Achille Fould, marquise de Montboissier, comtesse de Wignaçourt, marquise de Fraguier, Mme Jacques Siegfried, Mme Biollay, la générale Feldmann, comtesse A. d'Harcourt, Mme Trousseau, M. et Mme de Witt Guizot, Mme Cornélis de Witt, Mme Nélaton, marquise de Ganay, Mme Thureau-Dangin, Mme Lhomme.

En attendant la construction de pavillons spéciaux dans le jardin pour la chirurgie, la médecine, le pavillon central superbement aménagé, comprend, au sous-sol, une magnifique cuisine, un réfectoire, une buanderie, un séchoir, etc. Au rez-de-chaussée ripollinisé, dallé, aménagé avec les précautions antiseptiques les plus raffinées, se trouvent le dispensaire, les salles d'attente, de consultation, de pansement, d'opération, de cours, où des amphithéâtres sont disposés pour faciliter les leçons pratiques.

Au premier étage sont aménagées dix chambres confortables, où les membres de la famille militaire, autant dire tout le monde, grâce au service obligatoire trouveront, à des prix minimes, des soins exceptionnels et les opérations gratuites puis, deux salles communes non payantes, de six lits chacune, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes.

Au deuxième étage, la petite chapelle, les pièces affectées aux divers services, les chambres à coucher de la directrice et des zélées auxiliaires qui, depuis quinze jours, levées dès quatre heures du matin, se sont acharnées à seconder les ouvriers pour que tout ait pu être prêt pour l'inauguration.

L'apprentissage terminé, toutes ces adeptes de la Croix Rouge ont accepté avec un sublime élan de charité de faire, par an, quatre mois de service effectif auprès des hospitalisés, dont quatre journées de vingt-quatre heures par semaine ; en outre, pendant deux ans ; elles continueront, à fournir quatre nuits entières par mois, sans comprendre les autres stages, tels que la préparation des salles, la pharmacie, la lingerie, la stérilisation, les cours pratiques, la cuisine, la désinfection etc.

Combien sublime est la vocation de toutes ces Françaises, mères, sœurs, filles, femmes de soldats, qui viennent se serrer autour de la Croix-Rouge sans distinction d'opinions en face du devoir patriotique, avec l'intention de faire du bien, de recueillir une bénédiction, de mériter, comme le leur a si bien dit le marquis de Vogué, ce beau nom de Sœurs de charité par lequel la reconnaissance populaire associe dans une douce image la pureté de l'affection paternelle et l'infinie tendresse de la compassion chrétienne.

Ajoutons qu'avant de se retirer, l'inspecteur général a remis la croix de la Légion d'honneur au docteur Cautru, et les palmes d'officier d'académie à Mlle Dauch, sous-directrice de l'hôpital-école.

H. de Grandvelle

Saviez-vous que ...

Les travaux d'aménagement de la Place d'Italie furent terminés en 1879 et celle-ci fut considérée comme l'une des plus belles de Paris.

L'image du jour

La Zone à la Poterne des Peupliers

Vu dans la presse...

1930

La mystérieuse petite ceinture : De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour

Entre Belleville et la Seine, c'est la zone des sifflets désespérés. Si les « Circulaires » qui vont leur petit bonhomme de route ne s’inquiètent guère du parcours à horaires fixes, les autres trains, messageries, rapides et autres, ont sans cesse besoin de demander leur route aux distributeurs de voie libre.
Cris brefs qui courent tout au long de cette frontière illusoire de Paris, cris impatients de ceux qui ne peuvent attendre ou qui s’étonnent des disques et des feux rouges. (1930)

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1906

Le métro sur la rive gauche

La nouvelle-section du Métropolitain, allant de Passy à la place d'Italie (ligne Circulaire-Sud), dont nous avons donné, il y a quelques jours, une description détaillée, a été ouverte, hier après-midi, au service public. Pendant toute la durée de l'après-midi, les voyageurs et les curieux se sont, pressés dans les diverses gares du parcours... (1906)

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1885

Les travaux du 13e arrondissement

Le 13e arrondissement a déjà été l’objet de travaux importants qui ont commencé à assainir le quartier de la Butte aux Cailles. Pour compléter, il faut faire disparaître l'ancien marais de la Glacière, couvrir la Bièvre et ouvrir une communication entre la place d’Italie et la nouvelle gare de marchandises de Gentilly sur le chemin de fer de Ceinture, (1885)

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1913

Un planton qui se promène cinq heures inutilement

En 1913, un groupe de gardiens de la paix du commissariat de la rue Rubens protestait, par voie de presse contre l'organisation de leur service. (1913)

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1898

Le Puits de la Butte-aux-Cailles

Quelle humiliation pour cette pauvre Bièvre ! Une rivière aux eaux pures et claires vient de jaillir des profondeurs de l'écorce terrestre, dans le quartier même par lequel l'antique cours d'eau qui jadis arrêta les légions de Labiénus et qui n'est plus qu'un noir égout, pénètre dans Paris. (1898)

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1903

La ligne Trocadéro-gare d'Orléans

Les Parisiens ayant trouvé que le mot Métropolitain était beaucoup trop long pour désigner un moyen de locomotion des plus rapides, ils ont depuis longtemps supprimé trois syllabes.
Ce n'est pas là seulement une abréviation populaire ; elle est entrée dans le langage courant ; son usage est devenu général.
Donc, on ne dit plus que : le Métro ; et on s'intéresse très vivement à tout ce qui concerne le Métro... (1903)

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1906

Victor Hugo à Gentilly en 1822

Le chemin de fer de Ceinture, presque constamment en tranchée ou souterrains sur la rive gauche de la Seine, offre cependant une agréable éclaircie. C'est lorsqu'il franchit la vallée de la Bièvre. À gauche, du côté de Paris, s'aperçoivent au loin les principaux monuments de la région Sud : l'Observatoire, le Val-de-Grâce, le Panthéon, et plus près, le pittoresque fouillis de la Butte-aux-Cailles et sa jeune église Sainte-Anne ; de l'autre côté, sur la hauteur, la sombre architecture du château de Bicêtre dominant la vallée que l'on devine derrière les fortifications, au niveau desquelles apparaît seulement le coq d'un clocher, qui est le clocher de Gentilly. (1906)

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1874

L'Œuvre des pauvres malades dans les faubourgs

L'Œuvre des pauvres malades dans les faubourgs commençait, en décembre 1873, par la visite de douze malades à Belleville. Depuis lors, elle s'est graduellement étendue aux quartiers de la Butte-aux-Cailles, de la Tombe-Issoire, de la Glacière, de Montmartre, de Clignancourt et, en dernier lieu, de Plaisance.
Cette simple énumération qui donne les parties les plus déshéritées de Paris pour champ de bataille aux courageuses missionnaires de cette œuvre de dévouement, est d'une éloquence qui dispense de tout commentaire. (1874)

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1877

Les nouvelles prisons Saint-Lazare et Sainte-Pélagie.

La nouvelle prison Saint-Lazare sera élevée dans le 13e arrondissement, sur un emplacement presque double de celui qu’elle occupe actuellement et qui est délimité par la rue de Tolbiac (qu’on perce en ce moment), la rue Nationale, le chemin de fer de ceinture et une voie projetée aboutissant à l’avenue d’Ivry. (1877)

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1879

Le nouveau pont de Tolbiac à Bercy

Il y a cinq ans, le conseil municipal de Paris décidait la réunion par un pont des deux quais de la Gare et de Bercy, afin de partager en deux l'espace de 1200 mètres environ qui sépare le pont National du pont de Bercy. Ce grand travail vient d’être commencé, et déjà le béton coulé dans des batardeaux est arrivé à la hauteur désignée pour recevoir les fondations de pierre. (1879)

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1908

L'Hôpital de la Croix-Rouge
Inauguration solennelle

Hier, à deux heures et demie de l'après-midi, bien au-delà de la place d'Italie, dans le Paris inconnu de la vallée de la Bièvre, les rues étaient par hasard noires de monde. C'était grande fête pour les pauvres, les ouvriers du faubourg déshérité, qui faisaient joyeusement la haie, accueillant avec enthousiasme ceux qui venaient planter définitivement la croix rouge au milieu d'eux. (1908)

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1867

Travaux publics

Conformément à un arrêté de M. le préfet de la Seine concernant les travaux de voirie à exécuter dans le 13e arrondissement, on va bientôt procéder à l'exécution de travaux d'agrandissement et de régularisation de la place d'Italie et de ses abords. (1867)

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