Un jour dans le 13e

paris-treizieme.fr — Le métro sur la rive gauche

Le métro sur la rive gauche

Le Journal — 25 avril 1906

De l'Etoile à Passy et à la place d’Italie.- Ce qu'on voit sur la nouvelle ligne. — La durée du parcours.

La nouvelle-section du Métropolitain, allant de Passy à la place d'Italie (ligne Circulaire-Sud), dont nous avons donné, il y a quelques jours, une description détaillée, a été ouverte, hier après-midi, au service public. Pendant toute la durée de l'après-midi, les voyageurs et les curieux se sont, pressés dans les diverses gares du parcours.

Disons de suite que la nouvelle ligne a obtenu beaucoup de succès. On a loué l'aménagement commode des gares et la rapidité du service, assuré par des trains se succédant toutes les trois minutes. Mais ce qu'on a le plus apprécié, ce sont les, longs parcours aériens, qui contrastent très heureusement avec la monotonie et la lourde atmosphère des tunnels, auxquelles nous sommes condamnés sur la plupart des autres lignes.

Dès la sortie du souterrain, à Passy, on est agréablement charmé par la beauté du décor qui s'étend de part et d'autre de la ligne. La rue Alboni à peine franchie, le train s'engage sur le superbe viaduc à deux étages, lancé au-dessus de la Seine, et d'où l'on découvre un immense panorama. En amont du fleuve, la masse imposante de la Tour Eiffel, le Trocadéro, la hardie silhouette de la Grande Roue, occupent les premiers plans ; puis, au delà, tout Paris, limité au Nord par la basilique de Montmartre. En aval, les ponts qui se succèdent jusqu'au Point-du-Jour, et les coteaux de Meudon dans le lointain. Chemin faisant, l'École Militaire, les Invalides, le monument de Pasteur, s'aperçoivent tour à tour, sur la gauche.

On rentre en souterrain à la station de la rue de Vaugirard, qu'on a définitivement, baptisée « Pasteur ». Ce nom est d'autant plus exact, que cette garé se trouve sur le boulevard Pasteur, et à quelques pas du célèbre Institut de la rue Dutot.

Rame quittant la place d'Italie vers la station Corvisart

Plus loin, la ligne ressort une seconde fois en viaduc, pour traverser la vallée de la Bièvre, vers la Glacière. On jouit, de ce point, d'un beau coup d'œil, sur la partie de la Ville dominée- par les dômes du Panthéon et du Val-de-Grâce, et les coupoles de l'Observatoire.

La section nouvelle de la Circulaire-Sud pourra, comme on le voit, offrir aux Parisiens un intéressant but de promenade, vers des régions encore peu connues. Elle aura une utilité pratique non moins considérable, en mettant, par l'Etoile-et Passy, les quartiers de la rive droite en communication rapide avec des points aussi importants que les gares Montparnasse et de Sceaux (place Denfert).

On s'en rendra d'ailleurs facilement compte, en consultant l'horaire réel du train avec lequel nous avons parcouru, hier, la nouvelle ligne, et dont nous avons noté soigneusement la marche. Les trains de la Circulaire-Sud partent tous de l'Etoile, et rentrent à cette gare, où ils correspondent avec ceux des autres lignes :

Etoile, 4 h. 27 ; Trocadéro, 4 h. 30 ; Passy, 4 h. 34 ; Grenelle, 4 h. 35 ; Dupleix, 4 h. 36 ; Motte-Picquet, 4 h. 37 ; Cambronne, 4 h. 38 ; Suffren, 4 h. 40 : Pasteur, 4 h. 42 ; Montparnasse, 4 h. 44 ; Edgar-Quinet, 4 :h. 47 ; Raspail, 4 h. 49; Denfert-Rochereau, 4 h. 50; Saint-Jacques (non ouverte) ; Glacière, 4 h.152; Corvisart, 4 h. 55 ; Italie, 4 h. 57.

La durée totale, du trajet a donc été, par ce train, de 30 minutes exactement. Mais quelques petits retards se sont produits, en deux points du parcours, et, au retour, nous n'avons mis que 27 minutes, de la place d'Italie à celle de l'Etoile.

On voit ainsi que la place de l'Etoile se trouve désormais à 17 minutes de la gare Montparnasse, et à environ 23 minutes de la place Denfert.

En ajoutant aux durées de parcours résultant tant de l'horaire ci-dessus, le temps nécessaire pour aller des diverses stations des autres lignes à l'Etoile (ou vice versa), on peut se rendre compte si, pour chaque cas considéré, la voie nouvelle présente ou non, des avantages sur les anciens moyens de transport.

Une petite question, pour finir :

La Compagnie a-t-elle songé que sur cette ligne, en grande partie aérienne, il pourra être nécessaire de munir Les glaces des voitures de stores ou de rideaux, pendant la saison chaude ? Le matériel actuellement en usage, et qui est celui du type courant des autres lignes — presque partout souterraines — en est absolument dépourvu.

SALAGNAC.


Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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Alfred Léon Gérault, dit Gérault-Richard, né à Bonnétable (Sarthe) le 11 octobre 1860 et mort à Fréjus (Var) le 7 décembre 1911, journaliste et homme politique socialiste, fut élu député du XIIIème arrondissement en janvier 1895. Il fut battu aux élections de 1898, mais fut réélu deux fois (1902-1906 et 1906-1911) en Guadeloupe, dans des conditions qui ne laissent aucun doute sur leur illégalité.

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En décembre 1871, dans Paris assiégé, le 13e arrondissement comptait 79.828 habitants y compris les réfugiés.

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Le 1er mars 1932, un incendie ravageait la manufacture de chaussures, Grégoire, fondée en 1864 et qui s'étendait, 8 et 10, boulevard Kellermann, sur une superficie d'environ 5.000 mètres carrés, dont les trois quarts occupés par les ateliers et les bureaux, le reste étant formé de hangars.
Selon l’Humanité, le veilleur de nuit, M. Létrangleur, ne remarqua rien lors de sa ronde, à 18h20, après la sortie des ouvriers mais à 19 heures tout brulait. L’usine fut quasiment anéantie et 300 ouvriers furent au chômage mais l’usine renaitra de ses cendres.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.