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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

4.054 maisons étaient recensées dans le XIIIème arrondissement par le service des contributions indirectes au début des années 1880. Paris, selon ce service, comptait, au total, 82.352 maisons.


Henri Rousselle était conseiller municipal en 1915. Plus tard, il fut président du conseil général


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Deux oeufs cuisaient - 1915

Deux oeufs cuisaient.

Le Matin — 6 juin 1915

Deux œufs cuisaient dans la poêle, et le porteur aux Halles Adolphe Vialard, âgé de quarante ans, allait se mettre à table, hier matin, dans la modeste chambre qu'il occupe 166 bis, rue Nationale.

— Décidément, j'en ai assez ! déclarât-il soudain sa maitresse, Maria Monteiller, âgée de trente-quatre ans. Je sais que tu as remis à la maitresse de mon père une partie des outils qui me servent à « bricoler », et je t'en veux à mort !

La menace n'était pas vaine, car le coltineur — il est réparateur de parapluies, à l'occasion — s'empara d'un long poignard, et, à six reprises, le planta dans le flanc de sa compagne. Puis avec la même arme, toute ruisselante de sang, il se porta une douzaine de coups dans la poitrine. Prévenu aussitôt, M. Prodhon, commissaire de police du quartier de la Gare, fit transporter le couple à l'hôpital de la Pitié. L'état de Maria Monteiller n'inspire pas d'inquiétude. Par contre, on désespère de sauver le porteur aux Halles.


 Le coup de l'anévrisme..- 26 février 1897

Le coup de l'anévrisme.

Le Matin — 26 février 1897

On avait annoncé qu'une dame Caroline Foussier, demeurant quai de la Gare, dans le quartier des Gobelins, était morte victime d'un empoisonnement criminel. On avait même échafaudé sur la fin de cette femme tout un roman auquel les affirmations des voisins paraissaient donner un semblant de vérité.

M. le docteur Vibert a pratiqué, hier, à la Morgue, l'autopsie du cadavre de Mme Foussier et il a reconnu que cette personne avait tout simplement succombé à la rupture d'un anévrisme.

Néanmoins, les viscères ont été envoyées au laboratoire de toxicologie M. le docteur Ogier en fera l'analyse.


 L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc - 1914

L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc

Le Journal des débats politiques et littéraires — 19 juillet 1914

Le Bulletin Municipal a enregistré l'expropriation, pour cause d'utilité publique, d'un certain nombre de maisons du 13° arrondissement, situées rue Jenner, boulevard de l'Hôpital, rue Esquirol, passage Crouin, place Pinel, cité Doré, avenue Constance, avenue Constant-Philippe et boulevard de la Gare.

Vue aérienne de 1919 - Source : IGN - Remonter le temps

Il s'agit là de la réalisation d'une opération de voirie décidée depuis de longues années le prolongement de la rue Jeanne d'Arc, ou plutôt la jonction des deux tronçons extrêmes de cette rue.

La voie une fois terminée formera une rue de plus de 1,200 mètres, reliant la rue Geoffroy-Saint-Hilaire à la rue de Patay, et menant en ligne droite du Jardin des Plantes à la porte de Vitry.

Le tronçon à percer coupera en son milieu le triangle formé par les rues Esquirol, Jenner et le boulevard de la Gare, éventrant ce qui subsistait du petit village dit d’Austerlitz.

Il y eut là, en effet, il y a un siècle, un petit hameau indépendant, appelé souvent village, qui prit en 1806, le nom glorieux d'Austerlitz et fut plus tard rattaché à la capitale.

Extrait d'un plan de 1861 - La rue des Deux-Moulins deviendra la rue Jenner en 1867

On le voit tracé sur le Plan cadastral de 1812, on le retrouve encore sur le Plan routier de la Ville et de ses Faubourgs de 1818; il était délimité par le bouIevard de l’Hôpital, l'abattoir de Villejuif et le boulevard de la barrière d'Ivry, d'une part; puis il longeait les murs du jardin potager de l'hôpital et s'étendait jusqu'à la Seine.

Trois rues coupaient l'agglomération la Grande-Rue (rue Esquirol), le Chemin des Étroites-Ruelles ou Petite-Rue d'Austerlitz (rue de Campo-Formio), et la rue des Deux-Moulins (rue Jenner).

Dans le Dictionnaire historique, topographique et militaire de tous les environs de Paris de 1816, de P. de Saint-A…, Austerlitz est ainsi décrit : « C'est une espèce de petit hameau qui se trouve hors barrière sur la rive gauche de la Seine et près de la Salpêtrière et de la Verrerie. Il est formé d'un rassemblement de maisons principalement de pêcheurs et de guinguettes où le peuple de Paris va le dimanche manger les produits de la pêche. On l'appelle Austerlitz depuis la construction du pont du même nom. Il est de la dépendance de la commune de Vitry. »

L'auteur du dictionnaire fait erreur sur ce dernier point le petit hameau dépendait d’Ivry. Il conservait vaillamment en 1816 son nom évocateur de la victoire de 1805, alors que le pont d'Austerlitz avait dû en 1814 prendre le nom de pont du Jardin du Roi, comme, à l'autre bout de Paris, le pont d'Iéna devait à la même époque s'affubler du nom de pont des Invalides.

Austerlitz devait être peu après annexé à Paris l'événement est non de 1818 — mais de 1819, comme le rapporte Fernand Bournon, dans la monographie d'Ivry-sur-Seine.

« Une ordonnance royale du 6 janvier 1819 fit subir au territoire d'Ivry une légère diminution du côté de Paris. L'enceinte, dite des Fermiers généraux, suivait entre la barrière de Fontainebleau (place d'Italie) et la Seine le tracé du boulevard de l'Hôpital, puis en retour d'équerre remontait le cours du fleuve (quai d'Austerlitz) jusqu'à un point placé en aval du port de Bercy actuel. L'ordonnance royale eut pour effet de faire suivre a l'enceinte, à partir de la barrière de Villejuif (angle de la place Pinel), une ligne commune au mur oriental de la Salpêtrière, renfermant ainsi cet établissement dans Paris, ainsi qu'une partie du hameau des Deux-Moulins, qui jusque-là dépendait d'Ivry. »

Le Hameau des Deux-Moulins, c’est Austerlitz. On créa sur l'ancien village un certain nombre de chemins de ronde (la rue Giffard actuelle en fut un); les rues se transformèrent, des jardins et des parcs furent tracés sur les anciens champs.

La rue Esquirol vue de la place Pinel. Dans le fond, le boulevard de l'Hôpital

Entre la rue Jenner et la rue Esquirol un passage s'ouvrit à travers des potagers, dont on voit les emplacements, encore cultivés bordés d'anciens logis villageois. C'est le passage Crouin baptisé du nom de son propriétaire. II va être supprimé par le nouveau tronçon de la rue Jeanne-d'Arc qui amènera aussi la disparition de la lugubre et lépreuse cité Doré, ou du moins de ce qu'il en subsiste.

Le fondateur de cette cité, appelée à l'origine passage Paulmier-Doré, fut un sieur Doré, rapporte M. Hector Pessard, fonctionnaire de l'Ecole polytechnique, socialiste convaincu, qui transforma vers 1830 le parc qu'il avait créé là en une petite cité ouvrière.

Elle se compose de quatre avenues (!) portant les unes les noms des enfants de M. Doré, les avenues. Constance et Constant-Philippe ; les autres les noms d'avenue de Bellevue et de Sainte-Marie.

Ces avenues sont de sombres ruelles éclairées, le soir venu, par des lampes à huile perchées dans d'antiques réverbères aux vitres brisées.

Ces ruelles sont bordées d'une cinquantaine de petites maisonnettes basses, tombant en ruine. La chaussée, au milieu de laquelle court un ruisseau infect, est jonchée de sacs de chiffons, de paillasses éventrées, de tas d'os et de croûtes de pain.

Des enfants, pieds nus, les cheveux hirsutes, courent par les ruelles, au milieu d'un peuple de chats, de chiens, de poules.

C'est le domaine des chiffonniers qui vivent là en véritable tribu indépendante ; la salle basse d'un obscur marchand de vin est leur centre de réunion. Tandis que les hommes sont à la chine par les rues du quartier, les femmes et les enfants sont installés au-devant des portes, sans souci du bruit des autobus et des tramways qui roulent tout près sur le boulevard de la Gare et qui rouleront bientôt sur la nouvelle voie qui passera en cet endroit, vrai foyer de tuberculose, dont le Conseil de salubrité demandait la démolition depuis plus de trente ans.

C. Y.
Au milieu des années 30, le percement se faisait toujours attendre et la partie nord de la rue Jeanne d'Arc conservait l'épithète de "prolongée"

Le projet de percement de la rue Jeanne d'Arc prit beaucoup, beaucoup, beaucoup de retard et c'est finalement le 9 juin 1936 que fut inauguré ce dernier tronçon.


A lire également

L'inauguration de la rue Jeanne-d'Arc (prolongée) dans le XIIIe arrondissement

Une lettre de M. Doré (1882)

La catastrophe de la cité Doré (1925)

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Ailleurs sur Paris-Treizieme

Le drame de la rue Dunois - 1892

Le nommé Duchefdelaville, maraîcher, demeurant 20, rue Dunois, se présentait hier dans la matinée au commissariat de police de la rue Jeanne-d'Arc.

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Le drame de la rue Dunois - 1892 - dernières nouvelles

L'enquête ouverte par M. Bolot, commissaire de police, sur la tentative d'assassinat dont le maraîcher Duchefdelaville, se prétendait victime s'est poursuivie hier.

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L'Affaire de la Place Jeanne-d’Arc - 21 mars 1897

La place Jeanne-d'Arc a été hier soir le théâtre d'une bagarre qui un instant a mis la police sur les dents. Un nommé Louis Klamber, d'origine alsacienne, âgé de cinquante et un ans, a été assommé par la foule. L’infortuné n'a dû la vie qu'à l'intervention de la police, qui pourtant a craint un instant ne pouvoir l'arracher à ceux qui s'acharnaient sur lui.

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Les assiégés de la cité Jeanne-d'Arc se sont rendus ce matin - 1934

Pour comprendre ces violences, il faut connaître la cité Jeanne-d'Arc, une des hontes de Paris.

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Lu dans la presse...

Un syndicat d'indigents

La cour des Miracles était hier soir en grand émoi ; elle avait transporté cahin-caha, béquillant et gesticulant, ses pénates dans le quartier de la Gare, rue Nationale, tout là-bas, au bout de Paris, près de la barrière d'Italie. Il faut dire que le 13° arrondissement a un maire, M. Thomas, « qui fait des économies sur les fonds alloués par la Ville au service de bienfaisance, et qui, cette année, a rendu 50,000 francs à l'Assistance publique ». (1897)

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L'épidémie de la Maison-Blanche

Au moment où le service de statistique municipale constatait avec satisfaction une décroissance notable de la mortalité dans Paris, une épidémie éclatait dans un quartier excentrique et y jetait l'effroi. Le quartier contaminé est celui de la Maison-Blanche, situé dans le treizième arrondissement, sur les bords de la Bièvre. (1890)

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Il paraît décidé qu'on conservera pieusement les ruines de la Cour des Comptes, comme souvenir de 1871. Mais il est un autre monument, également ruiné par la Commune et dont la vue séduit beaucoup moins : la façade de la manufacture des Gobelins « provisoirement » remplacée par une construction en platras et une palissade en planches. (1891)

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Souvent nous avons parlé de cette gentille œuvre la Mie de Pain, qui a rendu depuis six ans de si grands services aux pauvres de la Maison-Blanche. (1897)

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