Assainissement de la Bièvre - 1897

Assainissement de la Bièvre

Le Gaulois — 23 novembre 1897

Le préfet de la Seine a déclaré d'utilité publique l'assainissement de la vallée de la Bièvre aux abords de la rue du Moulin-des-Prés.

L'odorante rivière a déjà trop fait parler d'elle. Où est le temps de sa limpidité, alors qu'elle avait été dérivée en partie par les religieux de Saint-Victor afin d'arroser leurs cultures maraichères et les environs de la Butte Copeau ? Une légende qui trouve encore du crédit parmi les esprits simples, voulait que les eaux de cette rivière possédassent des vertus particulières pour la teinture et que ce fût là le motif qui fit établir la manufacture des Gobelins sur ses rives.

En 1377, la Bièvre était déjà un dépotoir, on fit défense aux bouchers de Saint-Geneviève et de Saint-Marcel de vider les panses de leurs bêtes en la rivière, en 1473, les présidents du Parlement ordonnèrent aux lieutenants criminels de se transporter près de la Bièvre, d'appeler les voisins et d'aviser à la manière de faire vider les immondices devant Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

« Et pour avoir argent pour faire ladite opération sont convoqués Mes Raoul Pichon et André Robinet, conseillers du Roy; s'ils voient que la punaisie soit périlleuse, ils feront attendre pour faire ledit travail jusqu'en temps convenable. »

L'impure rivière est en réalité un égout à ciel ouvert où les impuretés de vingt générations ont laissé leur humus; le décret préfectoral sera donc bien accueilli des riverains et même des tanneurs qui exercent là leur profession.

Et quand ses bords seront fleuris, il ne lui manquera plus qu'une Mme Deshoullières *.


(*) Antoinette de Lafon de Boisguérin des Houlières ou Deshoulières, née Antoinette du Ligier de la Garde vers 1634 ou 1638 à Paris, décédée le 17 février 1694, était une femme de lettres française


Le cours de la Bièvre en 1896

A lire également

La Bièvre et les Gobelins (1897)

Menu des articles

Vu dans la presse...

1870

Le marché aux chevaux

Depuis les démolitions et les nouvelles percées faites à travers le 13e arrondissement, le quartier des Gobelins, autrefois si populeux comprend de vastes parties désertes.
Une des causes de ce dépeuplement, est l'éloignement du marché aux chevaux, provisoirement transféré à la Halle aux fourrages du boulevard Montparnasse. (1870)

Lire

1865

Les travaux de la petite ceinture entre la route de Chatillon et la Seine

Après avoir passé en revue les travaux en cours d'exécution sur la ligne du chemin de fer de ceinture, entre la grande rue d'Auteuil et la route de Châtillon, il nous reste à parler de ce qui s'effectue entre la route de Châtillon et le pont sur la Seine en amont, pour avoir exploré tout le parcours de la section à ajouter à notre chemin circulaire pour le compléter. (1865)

Lire

1897

Un syndicat d'indigents

La cour des Miracles était hier soir en grand émoi ; elle avait transporté cahin-caha, béquillant et gesticulant, ses pénates dans le quartier de la Gare, rue Nationale, tout là-bas, au bout de Paris, près de la barrière d'Italie. Il faut dire que le 13° arrondissement a un maire, M. Thomas, « qui fait des économies sur les fonds alloués par la Ville au service de bienfaisance, et qui, cette année, a rendu 50,000 francs à l'Assistance publique. (1897)

Lire

1890

L'épidémie de la Maison-Blanche

Au moment où le service de statistique municipale constatait avec satisfaction une décroissance notable de la mortalité dans Paris, une épidémie éclatait dans un quartier excentrique et y jetait l'effroi. Le quartier contaminé est celui de la Maison-Blanche, situé dans le treizième arrondissement, sur les bords de la Bièvre. (1890)

Lire

1891

La reconstruction des Gobelins

Il paraît décidé qu'on conservera pieusement les ruines de la Cour des Comptes, comme souvenir de 1871. Mais il est un autre monument, également ruiné par la Commune et dont la vue séduit beaucoup moins : la façade de la manufacture des Gobelins « provisoirement » remplacée par une construction en platras et une palissade en planches. (1891)

Lire

1912

Sauvons les Gobelins !

Dans la pénurie lamentable des crédits affectés aux beaux arts, le budget des Gobelins est peut-être le plus précaire. (1912)

Lire

1897

La voiture de la Mie de Pain

Souvent nous avons parlé de cette gentille œuvre la Mie de Pain, qui a rendu depuis six ans de si grands services aux pauvres de la Maison-Blanche. (1897)

Lire

1893

Les travaux à réaliser dans le XIIIè

La revue "Les Annales industrielles" a dressé la liste des travaux de voirie à réaliser dans le XIIIè arrondissement (1893)

Lire

1910

Les prochains grands travaux de Paris

Sur l'emprunt de 900 millions, dont la majeure partie doit servir à exécuter dans Paris de grands travaux de voirie (ce qui n'exclut pas ceux qui ont été décidés antérieurement à l'adoption de ce vaste plan de campagne), les quatre quartiers du treizième arrondissement auront une assez forte part. (1910)

Lire

1910

La crue persiste

Au service hydrométrique, on escompte la cote de 5m. 20 à Paris-Austerlitz d'ici
à lundi matin et on espère qu'elle ne sera pas sensiblement dépassée. (1910)

Lire

1897

L'assainissement de la Bièvre

Le préfet de la Seine a déclaré d'utilité publique l'assainissement de la vallée de la Bièvre aux abords de la rue du Moulin-des-Prés. (1897)

Lire

1912

Une inondation boulevard Kellermann

Dans la soirée d'hier, vers six heures et demie, une conduite d'eau passant à la poterne des Peupliers, près du boulevard Kellermann, dans le treizième arrondissement, s'est rompue brusquement. (1912)

Lire

Ailleurs sur Paris-Treizieme