Dans la presse...

 L’orage -- L’Aurore — 30 mai 1901

L’orage

L’Aurore — 30 mai 1901

Insuffisance des égouts, — La Bièvre déborde. — Explosions d'égouts — Les horloges pneumatiques arrêtées. — Perturbations téléphoniques

Un orage d'une violence extraordinaire s'est abattu hier après-midi sur Paris. Vers une heure, des nuages lourds venant du Sud-Est s'amoncelaient, et à deux heures et demie de grosses gouttes de pluie commençaient à tomber.

Les rafales mêlées de grêle — les grêlons étaient énormes — se succédaient à intervalles si rapprochés qu'il n'y a eu, en réalité, qu'une seule averse jusqu'à quatre heures. En peu d'instants les rues furent converties en véritables torrents. Les égouts, obstrués ou d'un débit trop faible, dégorgèrent leur contenu sur la chaussée, occasionnant, un peu partout, des inondations.

L'égout de la Bièvre creva. La rivière elle-même a débordé, inondant les tanneries et les débits de vins du quartier Saint-Médard. Chez certains débitants, l’eau atteignait l'entablement en zinc du comptoir. Dans quelques tanneries situées au bord de la Bièvre, le premier étage était envahi par les eaux.

À l'angle de la rue Broca et de la rue Mouffetard, une véritable inondation se produisit. Des marchandes des quatre saisons déjeunaient dans un restaurant. L'eau envahit les boutiques. Les femmes montèrent sur les chaises, puis sur les tables. Elles se croyaient perdues lorsque arrivèrent les pompiers de la caserne de Poissy. Ceux-ci, durent entrer, dans l'eau jusqu'à la ceinture# pour sauver les personnes bloquées.

Une mégisserie située rue de la Glacière, 35, s'est effondrée vers cinq heures et demie. Un ouvrier nommé Sonandoins a été contusionné.

Boulevard d’Italie, au n°5, les locataires ont été obligés d'évacuer la maison; de même au n° 151. Cette dernière maison menace de s'écrouler. Il a fallu l'étayer en toute hâte.

Rue Bellièvre, la plupart des maisons ont dû être évacuées également. Beaucoup de mobiliers sont perdus. Les locataires sont de pauvres gens que l'orage a ruinés.

Le 89 de la rue de la Santé, menaçant ruine, a été de même abandonné par ses locataires.

Sur la ligne d'Orléans, à la hauteur de la place Saint-Michel, une véritable trombe s'abattit, peu avant quatre heures. Les employés eurent le temps de sortir. La. Masse de l'eau rompit les deux voies ce qui arrêta la circulation des trains à partir de quatre heures.

Dans la cave du Théâtre Français, le tampon de l'égout céda, sous la pression formidable, et l'eau inonda les sous-sols. La panique fut, un instant, très vive. Mais une pompe à vapeur, après une heure de travail, réussit, à épuiser l'eau qui s'amassait.

Il y eut partout des caves inondées. On en signale dans le quartier de la Monnaie, notamment celles du lycée Fénelon. Dans sous-sol de l'Hôtel de Ville, l'eau atteignait près de 15 centimètres. Près de la Tour Saint-Jacques, les magasins d'une maison de nouveautés furent inondés ; les caves de cet immeuble contenaient deux mètres d'eau. Rue Zacharie, rue de Rivoli, avenue Ledru-Rollin, rue Saint-Antoine, rue Git-le-Cœur, rue de Savoie, rue Saint-André-des Arts, des caves furent inondées. Les pompiers eurent beaucoup de mal à empêcher une sérieuse inondation à l'ambassade d'Allemagne rue Saint-Dominique.

Enfin, les rampes d'accès du Métropolitain ont été pendant quelques instants transformées en cascade, et un véritable torrent s'est déversé par l'escalier de sortie dans la cour de la gare Saint-Lazare, au grand effroi des voyageurs.

L'exposition d'horticulture, qui ouvrit ses portes hier, n'a pas été épargnée.

L'eau a envahi ses pelouses de tous les côtés, l'insuffisance du débit des égouts ne permettant pas  à la pluie de s'écouler. Des lacs où l’on enfonçait jusqu'à mi-jambe se formèrent en quelques instants. Pour fuir l'inondation, les visiteurs grimpèrent sur les massifs écrasant les plantes. Il y eut un moment de panique, heureusement assez court. Quelques messieurs de bonne volonté enlevèrent souliers et chaussettes et voiturèrent les dames dans des brouettes de jardinier jusqu'à la rue de Rivoli.

L'exposition ne rouvrira ses portes que cet après-midi.

Dans la rue du Louvre, au coin de la rue Saint-Honoré, sous la pression énorme de l'eau l'égout a sauté projetant le sol jusqu'à la hauteur d'un second étage.

L'eau est sortie comme un torrent et a envahi les sous-sols d'une maison. Comme conséquence, toutes les horloges pneumatiques des premier et deuxième arrondissements se sont arrêtées, une conduite d'air comprimé ayant été crevée. On signale deux accidents de personnes. Au plus fort de l'orage, Mme Breton, marchande des quatre saisons renversée par le vent dans la rue des Lyonnais, est tombée la tête dans le ruisseau. Le ruisseau était tellement grossi que la pauvre femme se fut noyée si on n'était venu à son secours. On la retira à demi asphyxiée.

Au même moment, un élève wattman était frappé par la foudre sur un tramway de la ligne Bonneuil-Concorde, au quai Voltaire. Transporté dans une pharmacie, on était parvenu à le ranimer après une heure et demie de soins mais une demi-heure plus tard, il rendait le dernier soupir.

Le malheureux s'appelait Sireuge, il n'avait que vingt-quatre ans. Il demeurait 7, rue Lauzun.

Sur la Seine, au port Morland, un bateau, La Montagne, chargé de 150 stères de bois, a coulé, il n’y a pas d'accident de personne.

Enfin, l'inondation des égouts a eu pour conséquence de rendre momentanément inutilisables un certain nombre de lignes téléphoniques d'abonnés, notamment dans les seizième et dix-septième arrondissements.

Quelques lignes suburbaines à l'ouest, de Paris sont également inondées dans les égouts.

L'orage paraît avoir suivi le cours de la Seine et de l'Yerres. La banlieue nord- ouest de Paris a été à peu près épargnée.

J. Larcher.


Crues, inondations et débordements de la Bièvre

Les colères de la Bièvre (La République française, 1er juin 1901)

Crue de 1665

L'orage du 29 mai 1901

mai 1928 

Dans la presse...


Renseignement bien donné, circulation améliorée

Les boulevards qui font le tour de Paris ont été aménagés, élargis. De nombreux passages souterrains leur permettent d'éviter le croisement avec les routes nationales lorsqu'elles pénètrent dans la capitale. (1938)

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La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables

La Cité Jeanne-d'Arc, cet îlot lépreux et insalubre qui, dans le 13e arrondissement, groupe autour de quelques ruelles ses immeubles sordides, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, a vécu aujourd'hui un véritable état de siège. (1935)

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L'inauguration de la rue Jeanne-d'Arc (prolongée) dans le XIIIe arrondissement

La municipalité parisienne a inauguré, ce matin dans le 13e arrondissement, le prolongement de la rue Jeanne-d'Arc qui relie ainsi le quartier des Gobelins à celui de la Gare. (1936)

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L'inondation de la Bièvre

La Bièvre, pendant l'orage de mercredi, s'est mise en colère ; terrible colère, dont nous avons déjà signalé hier les principaux effets, et dont je suis allé voir les traces avant qu'elles ne fussent effacées. (1901)

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Arsène Lupin à l’Eden des Gobelins

A l'Éden des Gobelins, l'entr'acte passe en grande vedette, vers 10 h. 20. (1933)

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Saviez-vous que... ?

Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

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L'église Notre-Dame de la Gare, terminée en 1864 par M. Claude Naissant; est un monument assez élégant, construit dans le style de transition du douzième au treizième siècle, mais dont l'intérieur n'offrait, au moins en 1890, rien de curieux.

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La rue du Tibre, dans le quartier Maison-Blanche, a été ouverte sur l'emplacement d'une voirie d'équarrissage, elle a porté le nom de rue de la Fosse-aux-Chevaux, puis du Tibre, à cause de la Bièvre autour de laquelle ont été groupés des noms de fleuves.

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Lorsque la gare de marchandises de la rue de Tolbiac entra en fonctionnement en mai 1903, cette ouverture s'accompagna de la création d'une nouvelle porte pour Paris dite « Porte des Gobelins » dotée d'un bureau d'octroi pour surveiller les entrées et sorties des biens et des personnes de la capitale.

L'image du jour

La mairie du XIIIe

Le premier bâtiment de la Mairie en façade de la place d'Italie est dû à Paul-Henri Bonnet, architecte né en 1828, grand prix de Rome. Les travaux commenèrent en 1873. Bonnet les suivit jusqu'à sa mort en 1881. Des extensions de la mairie furent peu à peu constuites et elle occupa finalement, à la fin du XIXe siècle, tout le quadrilatère formé par la place d'Italie, l'avenue des Gobelins, la rue Philippe de Champaigne et le boulevard de l'Hôpital.