Faits divers



Un drame avenue d'Ivry

La Défense de la Chiffonnière

Le Journal — 24 avril 1909

Menacée par son ancien amant qui veut la livrer à la prostitution, elle lui crève un œil avec son crochet.

Sorti, la semaine dernière, de Fresnes, où il venait de purger une peine de six mois de prison pour vol, « le Corbeau de la Butte-aux-Cailles », enregistré, à l'état-civil sous le nom, depuis longtemps oublié, de Jules Gagnet, né en 1882, s'était mis sans tarder à la recherche de son ancienne maîtresse, une fille soumise, Marcelle Mortagnol. Ce n'est pas une fringale d'amour qui le poussait vers la belle. Le « Corbeau de la Butte-aux-Cailles » n'est pas un sentimental. Mais il se rappelait avec complaisance que la jeune, femme avait subvenu aimablement à tous ses besoins et il comptait bien mettre encore à contribution sa généreuse hospitalité.

L'on juge de sa surprise quand il apprit, par des « aminches » rencontrés sur l'herbe tendre des fortifs, que la jeune femme, lasse de sa vie de honte et de misère, était devenue l'honnête compagne d'un chiffonnier, dont elle partageait les excursions matinales et l'humble logis, rue des Peupliers.

L'apache jura, de tirer une éclatante vengeance de cette trahison.

Fidèle à ses farouches serments, il partit, hier matin, dès l'aube, pour se mettre à la recherche de l'infidèle, et finit par la découvrir avenue d'Ivry. La jeune femme, penchée, à ce moment, sur une vaste poubelle, fouillait le tas d'ordure à l'aide de son crochet professionnel.

Se glissant prudemment, Jules Gagnet parvint à l'approcher sans avoir été remarqué. Quand il fut tout près d'elle, il se dressa brusquement, un couteau à la main, pour frapper. La chiffonnière, qui se relevait au même instant, l'aperçut et, instinctivement, tout en se rejetant en arrière, brandit son crochet aigu.

La pointe de fer atteignit, à l'œil droit le rôdeur, qui, sous la terrible douleur, roula sur le sol sans connaissance.

Des agents accoururent et le transportèrent à l'hôpital Cochin où il est tenu à la disposition de M. Delanglade, commissaire de police du quartier. Quant à la jeune femme, elle a été laissée en liberté, sa légitime défense ayant été bien établie.

À lire également...

Une bataille sous une porte

1903

La pluie qui tombait à verse hier matin forçait, vers onze heures, des passants à se réfugier sous une porte cochère de la rue de Tolbiac

...


Le drame du quartier de la Gare

1896

Les habitants de la rue du Dessous-des-Berges, dans le quartier de la Gare, ont été fortement impressionnés hier soir par un drame présentant un côté mystérieux, qui s'est déroulé dans l'immeuble situé au numéro 78. Une mère, Marie Pouquet, âgée de trente-deux ans, est venue s'abattre vers minuit sur le pavé de la cour, elle portait, attaché autour du corps, son enfant âgé de vingt mois.

...


Quartier de la Gare

On recherchait cinq «disparus» dans les souterrains de la porte d'Ivry

1932

L'ouverture des travaux fut, pour tous les chenapans du quartier, une royale aubaine. Sur l'emplacement des anciennes fortifications, à proximité de la porte d'Ivry, le terrain se hérissa de barrières de planches et de piles de madriers offrant, pour les parties de cache-cache, mille coins et recoins.

...


Quartier Croulebarbe

Deux sauveteurs de treize ans

1895

Hier, vers quatre heures de l'après-midi, une trentaine d'enfants s'amusaient à glisser sur la Bièvre, dans le bas de la rue des Gobelins. À cet endroit, la petite rivière, qui se trouve encaissée entre de hautes maçonneries, n'a pas moins de deux mètres de profondeur.

...

Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

*
*     *

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

*
*     *

C'est le 11 juillet 1906 que le conseil municipal de Paris vota le transfert du marché aux chevaux du boulevard de l'hôpital à Brancion, nouveau marché ouvert depuis 1904.

*
*     *

Les premiers commissaires de police ayant autorité sur les quartiers du nouveaux 13e arrondissement issus de l’annexion du 1er janvier 1860 étaient :
M. Daudet, pour les quartiers de la Salpétrière et de la Gare. Ses bureaux étaient installés 62, boulevard de l’Hôpital ;
M. Juhel pour les quartiers de la Maison-Blanche et de Croulebarbe. Ses bureaux étaient installés 36, route d’Italie, l’avenue d’Italie actuelle.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦