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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

C'est en octobre 1894 que le conseil municipal de Paris décida, sur le rapport de M. Caplain, que la rue du Pot-au-Lait serait désormais appelée rue Brillat-Savarin.


En 1863, le marché aux chevaux du boulebard de l'Hôpital se tenait le mercredi et le samedi de chaque semaine et le premier lundi de chaque mois.


Le 30 janvier 1916, se jouaient Les Mystères de New-York au cinéma Bobillot, 66 due de la Colonie.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Une journée sanglante - 1895

Une journée sanglante.

Le Matin 25 mars 1895

C’est ainsi qu’on pourrait nommer la journée d’hier, au cours de laquelle il n’a été question que de coups de revolver et de coups de couteau.

Un sujet belge, Mime, se trouvant en état d’ivresse, cherche noise, rue de la Butte-aux-Cailles, à un sieur Beaucheron. Les agents Rostan et Carpentier interviennent. Mime décharge un- revolver sur le groupe et blesse Beaucheron au-bras gauche.

Le meurtrier qui s’enfuyait a pu être arrêté.


 L'eau est faite pour se laver. - 1913

L'eau est faite pour se laver.

Le Matin — 18 juin 1913

Algérien et musulman, Mohamed Haar a une prédilection marquée pour les bains froids. Il se promenait, hier, paisiblement rue de Tolbiac rêvant sans doute quelque houri du paradis de Mahomet, quand, soudain, il se trouva en face d'une fontaine municipale.

La chaleur était accablante, La tentation fut trop forte pour ce fils du Soleil. Prenant une brusque résolution, il se dépouilla de son burnous, enleva ses chausses et léger de vêture, il s'ablutionna.

Conduit au poste de police, Mohamed déclara être âgé de vingt-huit ans et se trouver actuellement sans domicile. Il manifesta, en outre, beaucoup d'étonnement de se voir l'objet d'une arrestation pour un acte qui, à idée, est banal et naturel. Il ajouta :

— Les roumis sont bien méchants d'empêcher le fidèle croyant de se laver !

Malgré ses protestations, M, Lacroix,  commissaire de police du quartier de la Gare, a envoyé Haar au Dépôt.


 La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables - 1935

La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables

Paris-Soir — 24 septembre 1935

La Cité Jeanne-d'Arc, cet îlot lépreux et insalubre qui, dans le 13e arrondissement, groupe autour de quelques ruelles ses immeubles sordides, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, a vécu aujourd'hui un véritable état de siège.

Tous les locataires de cette agglomération sont aujourd'hui expropriés. On se rappelle, en effet, les incidents tragiques qui s'y déroulèrent le 1er mai de l'année dernière et le véritable combat que dut soutenir la police pour se rendre maîtresse des énergumènes qui s'y étaient barricadés.

Cette fois deux raisons bien distinctes avaient motivé de nouvelles opérations policières.

La première, c'était l'arrestation d'un des indésirables habitant la Cité, recherché pour un meurtre.

Le commissaire du quartier de la Maison-Blanche avait été alerté la nuit dernière : un fou sanguinaire, après avoir tenté de tuer une femme, s'était barricadé dans son taudis d'où il menaçait ceux qui tentaient d'approcher.

On arrête le meurtrier

Le fait était exact. Pour des raisons que les enquêteurs s'efforcent d'établir, Henri Odou, 48 ans, avait assailli dans l'ombre d'un couloir, au quatrième étage, une jeune femme qu'il avait blessée à coups de couteau.

Grièvement atteinte à la gorge et perdant abondamment son sang, la pauvre femme fut transportée et admise d'urgence à l'hôpital de la Pitié. Il s'agissait de Mme Royer, 29 ans, mère de deux enfants de 2 et 5 ans.

Police-Secours et les inspecteurs du commissariat virent aussitôt que le meurtrier ne pouvait pas être arrêté la nuit. On surveilla donc la Cité et ce ne fut que ce matin que les inspecteurs Thibaud et Raclin, inspecteurs de la voie publique à la police judiciaire, purent appréhender le meurtrier et le conduire au commissariat du quartier de la Maison-Blanche.

Odou était encore couché et cuvait son ivresse.

Sans doute faut-il attribuer à l'ivrognerie son acte sanguinaire, et peut-être aussi à la manie de la persécution.

Mais on devait un peu plus tard assister à la Cité Jeanne-d'Arc à d'autres événements dépassant en ampleur ce banal fait divers.

L'épuration de la Cite Jeanne-d'Arc

Une vaste mesure d'épuration avait, en effet, été décidée samedi dernier. La police avait reçu mission de rendre inhabitables de très nombreux logements insalubres de la Cité, logements dans lesquels des individus peu recommandables, des repris de justice, de clochards avaient élu domicile

Depuis bien longtemps déjà, à la suite d'un vaste programme d'urbanisme et dans un but d'hygiène publique, la démolition de tous les immeubles de la Cité avait été décidée.

Les locataires, au nombre de six mille, avaient été alors expropriés. La plupart des locataires vidèrent aussitôt les lieux ; le dernier délai fixé aux autres expire le 1er juillet 1936.

Bien entendu, au fur et à mesure qu'un locataire partait, aucune nouvelle location ne devait être consentie. Quelques locations provisoires furent seules acceptées en faveur de personnes particulièrement intéressantes.

Cela n'empêcha pas la Cité de se repeupler rapidement.

Par centaines, des logements vides furent occupés par toute une populace de mendiants et de clochards, à laquelle se joignirent tout naturellement des repris de justice dangereux.

La cité prit dans tout le quartier une redoutable réputation. Dans ces immeubles lézardés, dans la pénombre gluante des couloirs retentissaient souvent des discussions, des rixes fréquentes s'y déroulaient.

Les gardiens de la paix occupent la Cité

L'opération policière qui avait pour but principalement la protection des ouvriers chargés de rendre inutilisables les logements vides s'est effectuée sans incident notable. Elle était dirigée par M. Fauvel, commissaire de police du 13e arrondissement.

Un grand nombre de gardiens de la paix étaient massés aux environs de la Cité. D'autres ont séjourné dans les immeubles où avaient lieu les travaux.

Ce matin, plus de quarante logements ont été rendus inutilisables, des ouvriers ayant arraché les parquets et cloué des planches aux portes.

Lors d'une opération analogue au mois de juillet dernier, bon nombre d'individus s'étaient livrés sur les ouvriers à des violences. On avait déploré quelques blessés à coups de briques, de pavés et de barres de fer.

Cette épuration, qui se prolongera jusqu'au soir, permettra, espérons-le, de ramener le calme dans la Cité Jeanne-d'Arc, dont les locataires paisibles pourront achever tranquillement leur séjour jusqu'à la date fixée par l'évacuation complète des immeubles.

René Delpêche.

A lire également

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