Nouvelle raffinerie de la Jamaïque
Journal du Commerce — 10 février 1828

VENTE SUR LICITATION entre majeurs, à l’audience des criées du tribunal de première instance de la Seine, séant à Paris, d’une maison et autres dépendances formant une raffinerie de sucre dite la nouvelle raffinerie de la Jamaïque , située boulevard extérieur de l’Hôpital général, commune d’Ivry, près Paris, avec les outils, ustensiles et autres objets nécessaires à l’exploitation de ladite raffinerie. L’adjudication préparatoire aura lieu le samedi 15 mars 1828, heure de midi.
Cette propriété se compose de deux bâtiments contigus, dont un formant habitation de maître, de deux autres bâtiments adossés, d’une grande cour ensuite, de quatre autres bâtiments dont trois en aile, l’un d’eux servant de rhumerie, et le 4e isolé au milieu de la cour, renfermant un très beau manège et un réservoir en plomb qui fournit de l’eau à la raffinerie, et enfin d’un jardin clos de murs et planté d’arbres fruitiers et d’agrément.
La raffinerie, en pleine activité, est louée avec ses outils et autres objets nécessaires à son exploitation, pour trois années qui ont commencé à courir du 15 novembre 1826 moyennant, un loyer annuel de 6,000 fr., à la charge par le locataire de rendre les objets en bon état à la fin du bail.
Lesdits biens seront vendus sur la mise à prix de 90,000 fr., savoir : pour les bâtiments, cour et jardin, 64,015 fr., et pour les outils et ustensiles, 25,985 fr.
Les enchères seront reçues pour les deux tiers sur les bâtiments, et pour l’autre tiers sur les outils et ustensiles. Un état détaillé desdits objets est annexé au cahier des charges.
S’adresser pour voir les biens, sur les lieux au portier de la raffinerie, et pour prendre connaissance des conditions de l’adjudication, 1° à Me Dubois, avoué poursuivant, demeurant à Paris, rue des Bons-Enfants, n. 12, au coin de celle Montesquieu ; 2° à Me Dargtre, avoué, quai des Augustins, n. 11 ; 3° à Me Cottinet, avoué, rue St-Marc-Feydeau, n. 15 ; 4° à Me Cottenet, notaire, rue St-Honoré, n. 337 ; 5° et à Me Dargère, notaire à Arcueil.
La raffinerie Say
Lorsqu'on regarde des plans de Paris de la première moitié du XIXè siècle, on constate qu'un "cimetière du sud-est" est souvent dessiné à droite de la barrière de Fontainebleau en sortant de Paris. Ce cimetière, qui ne verra jamais le jour, devait être le pendant de celui, créé celui-là, qui deviendra le cimetière du Montparnasse. Dès lors, le coin nord-ouest du futur quartier de Gare, changera de destin, restant pour quelques années encore la partie la plus excentrée d'Ivry mais vivant de sa proximité immédiate de Paris.
La nouvelle raffinerie de la Jamaïque
En 1828, une raffinerie de sucre dite la "nouvelle raffinerie de la Jamaïque" sise "boulevard de l'hôpital extérieur" sur la commune d'Ivry, est à vendre sur licitation. On ignore quand cette raffinerie a été créée mais on sait qu'en 1826, un inventaire de succession en témoigne, elle était dans le patrimoine d'un nommé Jean-Amable de Juré (1773-1826), né à Nantes, colon réfugié de Saint-Domingue et qu'elle était exploitée par un nommé J.-J. Prévost qui possédait une autre raffinerie de sucre à Paris et qui se désintéressa, en 1830, de celle d'Ivry.
Cette vente sur licitation fut de toute évidence infructueuse, mais il est sûr qu'après de retrait de J.-J Prévost, la raffinerie devint en 1831 la propriété de Louis Say qui exploitait déjà une raffinerie à Nantes. Louis Say décèdera en 1840. La raffinerie sera exploitée ensuite par Constant Say, puis Henri Say qui s'associera avec Ernest Cronier.
En 1905, ce dernier tentera une opération de manipulation du cours des sucres qui échouera. Ce sera le "Krach des sucres". Il y laissera sa fortune et la vie puisqu'il se suicidera devant le désastre.
La raffinerie Say vue en 1890
Les articles publiés lors du "Krach des sucres"
- Histoire de la raffinerie Say (La Gazette de France - 2 septembre 1905)
- Histoire de la raffinerie Say (La Gironde - 5 septembre 1905) - plus complet que le précédent
- A la raffinerie Say (L'Illustration - 9 septembre 1905)
L'accident de 1908
Voir aussi
La raffinerie Say se dota en 1869 d'un puits artésien construit en moins de 2 ans sans aucun problème tandis que le puits artésien de la butte-aux-Cailles, lancé 5 ans plus tôt s'enfonçait dans les difficultés. Un second puits fut creusé en 1936.









Le 21 août 1881, M. François, Jean, Félix Cantagrel (Amboise 1810 - Paris 1887) fut de nouveau élu député du 13ème arrondissement au Corps législatif. Il avait été élu une première fois en 1876.