Dans la presse...

 Une catastrophe Cité Doré - 1925

UNE CATASTROPHE CITÉ DORÉ

Une vieille masure de 4 étages s'écroule

Il y a 5 morts, 4 victimes sont encore sous les décombres

Paris-Soir — 28 octobre 1925

La cité Doré, entre le boulevard de l'Hôpital et la rue Jeanne-d'Arc, refuge misérable des biffins les plus pauvres, était jusqu'à présent un coin pittoresque de reportage.

C'est maintenant le lieu d’une catastrophe douloureuse qui compte cinq morts, qui aurait pu tuer plus de personnes encore, si, par un malheureux hasard elle s'était produite, une heure plus tôt.

Photo parue dans le Petit-Parisien du 28 octobre 1925

Une vieille maison de quatre étages, comprenant 35 locataires, s'est effondrée de haut en bas.

Sous les décombres, de la poussière presque, des locataires ont été ensevelis.

A 7 HEURES 15 CE MATIN

Les maisons de la cité Doré tiennent debout par miracle. La plus fragile — on pourrait dire friable — 9, avenue Saint-Marie, ce matin, à 7 h. 15, s'est écroulée.

— C'a été si rapide, disent les rescapés, que nous n'avons pas eu le temps de crier.

Douze personnes, sur tous les habitants, étaient encore là, douze parmi lesquelles des enfants.

Toute une partie de la maison s’éboula à ras des lits qui, grabats sordides, restent suspendus. Au quatrième, un biffin, Léon Fuzat, 45 i ans, épargné par l'écroulement, eut peur et sauta dans le vide. Il se brisa les deux jambes en tombant sur les pierres, et se trouve dans un état grave à l'hôpital de la Pitié.

Photo parue dans le Petit-Parisien du 28 octobre 1925

DES RESCAPÉS

A l'étage au-dessus, au troisième, Mme Bessozi, venait de jeter des eaux dans l'évier commun, sur le palier, elle sentit soudain le plancher partir, et s'appuya sur le lit où dormaient encore ses deux fillettes, Raymonde et Zézette, 8 et 6 ans.

Heureusement d'ailleurs. Les pompiers purent un peu plus tard la sauver.

Au deuxième étage, une sexagénaire, Mme Louise Meunier, 65 ans, fut surprise dans son lit; elle eût été fatalement entraînée sous les décombres.

Cependant, dès que la maison s’écroula, les locataires des immeubles voisins virent une main écarter les pierres qui formaient un sommet des débris, et une femme, Mme veuve Léontine Hennequet, 63 ans, locataire du rez-de-chaussée, parvenait à ramper et à sauver sa petite-fille, Marcelle, 5 ans.

Dans l'autre partie, quelques chambres n'avaient été qu'éventrées. Une femme affolée, Mme Joséphine Chevrière, 70 ans, voulait se jeter du quatrième étage, et les pompiers eurent beaucoup de mal à l'en dissuader.

EN FAMILLE

Dans la cour de la cité, la foule s'était rapidement amassée. Les commissaires de police du quartier de la Gare et de la Salpêtrière, MM. Barnabé et Frédérique, arrivèrent; puis les pompiers de Port-Royal.

Tandis que les uns commençaient à effectuer le déblaiement, d'ailleurs laborieux, les commissaires enquêtèrent.

Autour d'eux, les voisins apportaient des témoignages contradictoires. Enfin, on put établir la vérité. Cinq personnes devaient être enterrées vivantes sous les décombres : Mme veuve Desvaux, 78 ans: M. et Mme Bailly, 39 et 30 ans; leur fils Marcel, 13 ans, la petite Andrée Thirion, 8 ans, que ses parents avaient laissée seule au troisième étage.

DEUX CORPS

Impossible d'espérer sauver les enterrés. Le déblaiement demande 24 heures d'efforts. Les pompiers travaillent avec acharnement.

Ce matin, à 11 heures seulement, presque quatre heures après la catastrophe, le premier corps était retrouvé. La pioche des pompiers découvrait, morte, mais à peine mutilée, Mme veuve Desvaux. Un peu après, un chat enterré vivant, s'échappait de dessous une planche dégagée, rescapé sans blessure.

Enfin, à midi 5, on découvrait la petite Andrée Thérion, petit corps écrasé parmi les pierres. L'enfant avait eu la colonne vertébrale brisée.

Depuis peu déjà on se montrait un chiffonnier, Alfred Defert, qui dormait dans une chambre épargnée, et n'avait rien entendu. Ce sont les pompiers qui, à 11 h. 30, le réveillèrent.

LA CITE DORÉ

L'immeuble éboulé présente en coupe, comme un dessin d'architecte maculé, des chambres sordides aux murs culottés de crasse, sans papier peint...

Qui loue ces pièces? Personne.

En attendant le pic du démolisseur, des biffins les avaient envahies et vivaient là, pêle-mêle, en dépit des exploits d'huissier qui leur étaient adressés.

Personne ne payait de loyer d'ailleurs. Le pic du démolisseur, toujours annoncé, toujours prévu, ne venait pas

Pourquoi ?

Dans la même cité la plupart des immeubles avaient été achetés par la Ville de Paris pour être démolis.

Celui-là ne put être acquis. Abandonné, il avait une vie illégale, sans même de concierge.

Depuis un an déjà, aucune quittance n'avait été présentée par le propriétaire que tout le monde ignore d'ailleurs.

DEUX MORTS OU CINQ ?

À mesure que se poursuivent les travaux de déblaiement un doute subsiste. Le ménage Bailly était peut-être absent. Certes les voisins affirment qu'ils étaient chez eux, certains disent les avoir vus. S'il en est ainsi, trois personnes sont encore sous la poussière des débris.

Les autres habitants étaient heureusement au travail.

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Privât d'Anglemont fut l'historien de la cité Doré, il y a de cela trois quarts de siècle. Ses contemporains, fort ignorants des abords de la Salpêtrière et du boulevard de l'Hôpital, se mirent d'accord pour taxer ses découvertes, d'invraisemblables.

Frappée, depuis des années et des années dans son existence, cette agglomération de masures s'élevait au-dessus de détritus, sur des levées de terre meuble, la cité Doré n'en continue pas moins d'être un centre déplorable du bas chiffonnage. Si vous en doutez allez voir rue Jeanne-d'Arc prolongée, et 9 et 13, rue Jenner, dans le 13°, vous trouverez une sente de 200 mètres de long sur 2 mètres de large, auprès de laquelle le passage Moret est un boulevard de luxe.

MM. Morain et Bouju, préfet de police et préfet de la Seine, venus sur les lieux ce matin s'en sont rendu compte.



Dans la presse...


Le monde de la hotte

Elles disparaissent peu à peu les pittoresques et grouillantes cités de chiffonniers, ces capharnaüms parisiens où viennent s'entasser pêlemêle les déchets et les rebuts de la grande ville... (1898)

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Le monument Duval

Quatre habitants du 13“ arrondissement, parmi lesquels figure un ancien membre de la commune, M. Arnold, ont demandé au conseil municipal de donner son concours à l’érection d’un monument au « général » Duval et aux combattants de la Commune « morts pendant la lutte »... (1891)

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La chapelle Bréa sous la Commune

Cette petite chapelle qui portait aussi le nom de Saint-Marcel de la Maison-Blanche avait été élevée à la mémoire du général Bréa, tué à cet endroit au cours de la répression de l'insurrection de 1848. Elle s’élevait à la hauteur du n° 76 de l'avenue d’Italie... (1939)

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La cité Tolbiac

Les pittoresques, mais encombrantes, cités de chiffonniers de Montmartre ont presque toutes disparu. Les constructions primitives en pavés réformés et en boîtes de sardines, ont fait place à de belles maisons de rapport en pierres de taille.
Voilà, maintenant, que la réforme va atteindre les autres arrondissements où les pauvres « biffins » s'étaient réfugiés. La cité Tolbiac est la première menacée... (1898)

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La nouvelle rue de Tolbiac

Nous parlions dernièrement de la rue d’Alésia ; aujourd’hui, signalons les transformations qui se font, avec une rapidité vertigineuse, dans le prolongement de cette voie, au delà de la rue de la Glacière... (1877)

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Saviez-vous que... ?

Le 9 juin 1977, une jeune fille, tout en larmes, déclarait, à huit heures du soir, qu'un enfant venait de tomber dans un puits à découvert, sur un terrain entouré de planches, appartenant à la Ville, et situé rue de Patay et de Tolbiac.
Immédiatement, on prévint les sapeurs-pompiers du poste de la rue du Château-des-Rentiers. Sans perdre un instant, ceux-ci se rendirent au puits fatal. Le caporal y descendit, et en revient avec deux chiens vivants.

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Le puits artésien de la Butte aux Cailles a été foré entre 1866 et 1904 avec quelques interruptions. La fontaine actuelle est alimentée par un forage réalisé en 2000.

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La piscine de la Butte aux Cailles a été inaugurée le 4 mai 1924.

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Lorsque fut conçu le projet de doter le quartier Maison Blanche d'une nouvelle église, il était prévu que celle-ci soit construite rue Damesme en face des écoles communales et qu'une rue la relie directement à la place Paul Verlaine.

L'image du jour

Je carrefour de l'avenue des Gobelins avec le boulevard Arago et la station d'autobus.