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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

A son inauguration, le pont de Tolbiac présentait une longueur totale de 295 mètres.


Le nom d'Émile Deslandres fut donné en juillet 1936 à un tronçon de l'ancien passage Moret pour que cette rue honore l' ancien conseiller municipal qui représenta le 13e à l'Hôtel de Ville pendant près de 30 ans.


C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

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C'est arrivé dans le 13ème

 À coups de rasoir

À coups de rasoir

Le Petit-Parisien ― 4 octobre 1927

Après avoir vécu pendant quelque temps avec Mlle Gabrielle Hardy, vingt-six ans, demeurant 166 avenue de Choisy, le commissionnaire en pommes de terre, René Le Rouzic, même âge, informait hier son amie qu'il avait décidé de reprendre sa liberté. Vainement, la jeune fille essaya de le faire revenir sur sa détermination. Toute la nuit, Gabrielle Hardy songea cette séparation imminente, Puis, le jour venu, elle prit une décision. Se levant sans bruit et s'armant d'un rasoir, elle en porta un coup furieux à la gorge de celui qui voulait la quitter.

Le Rouzic a été transporté à la pitié, où son état a été jugé peu grave. La meurtrière a été arrêtée par M. Fauvel, commissaire de police de la Maison-Blanche.


 Le crime de la rue Michel-Bizot - 1897

Le crime de la rue Michel-Bizot.

Le Matin – 10 novembre 1897

Il est certainement très malheureux que le veilleur de nuit Tisseur ait trouvé une mort affreuse sous le marteau d'un inconnu, mais, d'après les renseignements recueillis à la préfecture de police, la victime ne serait guère plus intéressante que son assassin.

Lundi soir, on avait cru être sur la piste de l'auteur du crime, un jeune homme aux mœurs inavouables, qui, à diverses reprises, avait été vu en compagnie du veilleur et qui, samedi soir, était venu le trouver et était allé boire avec lui. Ce jeune homme a été retrouvé et il a pu fournir des indications tellement précises sur l'emploi de son temps qu'il a été reconnu innocent. Mais, en même temps, il a pu donner des indications sur des individus de son espèce que fréquentait le veilleur de nuit. Celui-ci menait une vie de débauche et attirait chez lui, rue de Patay, des filles mineures et des jeunes gens.

M. Cochefert s'est rendu, hier matin, à la Morgue, et, dans les vêtements du mort, il a trouvé des papiers établissant qu'il se nommait Charles Tisseur, né à Abbeville en 1854, ancien garçon boulanger, ayant subi trois condamnations en correctionnelle et une condamnation, par la cour d'assises de la Somme, à huit ans de travaux forcés pour viol de ses deux filles. Une des malheureuses est encore vivante.

La femme de Tisseur, qui habite Amiens, demanda et obtint le divorce. Après sa condamnation, sa peine subie, Tisseur vint à Paris, ou il se fit marchand des quatre saisons. Dans le jour, il poussait sa voiturette devant lui et, le soir venu, il gardait des chantiers de démolitions ou des immeubles en construction. On présume qu'il devait posséder un millier de francs d'économies. Cet argent n'a point été retrouvé au domicile du veilleur, 111, rue de Patay.


 L'oasis et le cloaque - 1934

L'oasis et le cloaque

Par Lucien DESCAVES

Le Journal — 9 mai 1934

Il y a des quartiers de Paris qui n'ont vraiment pas de chance !

Le quartier de la Gare, dans le treizième arrondissement, par exemple.

Si vous habitiez ce quartier et que l'on vous demandât ce qu'il faut, sans délai, faire disparaître, de l'oasis ou du cloaque qui lui sont départis, vous n'hésiteriez pas, j'en suis sûr, à répondre : le cloaque.

La Cité Jeanne d'Arc

Eh bien ! j'aime autant vous dire tout de suite que vous n'auriez pas gain de cause : c'est l'oasis qu'on supprimerait et le cloaque dont on vous laisserait la jouissance.

Et je n'ai pas du tout, oh ! mais pas du tout, l'intention de plaisanter en disant cela, car c'est exactement ce qui va se passer dans le treizième arrondissement : les jardins verdoyants des Gobelins vont être détruits de fond en comble et la cité Jeanne-d'Arc, dont on n'a jamais cessé, depuis trente ans et plus, de réclamer la démolition, reste toujours debout !

Au lendemain de la nuit tragique du 1er mai dernier, M. Louis Gélis, conseiller municipal, a insisté auprès du préfet de la Seine, pour que la vue et le voisinage de cette ordure ne fussent pas infligés plus longtemps à la population saine du quartier.

M. Gélis se fait-il beaucoup d'illusions sur l'effet de son intervention ? Très peu pour moi.

Une autre ancienne cité de chiffonniers, la cité Doré, toute proche, a été condamnée à mort, elle aussi, il y a belle lurette. On en a entrepris l'exécution et on ne l'a jamais achevée ! La tête est tombée, mais le corps est toujours là, vidé de sang, sinon de plâtre, au milieu d'un champ de gravats !

Alors, laissez-moi rire quand j'entends parier du sort qui attend la cité Jeanne-d'Arc !

Si elle n'avait pas été dernièrement le théâtre d'une tentative d'émeute que j'ai prévue le mois passé, soyez bien persuadés qu'on n'aurait rien fait pour la mettre hors d'état de nuire.

Je dis que j'avais prévu le signe de vie — et de mort, qu'elle a encore donné l'autre nuit, — parce que j'ai célébré modestement, le mois dernier, le centenaire d'une affaire célèbre, celle de la rue Transnonain, immortalisée par le crayon de Daumier. J'avais rappelé ce qu'était cette rue Transnonain dans le quartier Saint-Merri, lorsqu'une ébauche d'insurrection avait provoqué le massacre de douze personnes qui habitaient le numéro 12 de la rue.

Un coup de feu était parti d'une fenêtre, sur la troupe envoyée pour enlever la barricade élevée là.

Toute cette partie du quartier se composait d'un lacis de rues étroites propres à la construction et à la défense des barricades, alpha et oméga des révolutions en ce temps-là. Je pensais, en l'évoquant, à l'image qui en subsiste, à Paris, dans des sentines pareilles à la cité Jeanne-d'Arc, que j'avais justement visitée quelques jours auparavant ; mais je ne m'attendais pas à ce que l'événement justifiât si vite mes appréhensions.

Nous n'y pouvons rien ! gardons le cloaque et résignons-nous à la perte de l'oasis. C'est, par anticipation, la preuve que l'Exposition de 1937 va coûter cher aux Parisiens. On ne nous a pas encore dit (nous ne le saurons que beaucoup plus tard) à combien de millions s'élèvera la dépense nécessitée par le transfert du Garde-meuble aux Gobelins,

Car on fera les choses grandement, sans compter.

Il était possible, du moment que l'opération, parait-il, s'impose, d'en réduire les frais et le dommage, en construisant le nouveau monument à l'autre extrémité des jardins, avec entrée par la rue Corvisart. Mais c'était trop simple. Mieux vaut réserver l'endroit à un square pour les enfants du peuple, suprême espoir et suprême pensée Le square, c'est le miroir aux alouettes ! On en a disposé quelques-uns sur l'emplacement des anciennes fortifications. Ils poussent entre les immeubles de rapport comme l'herbe entre les pavés.

On avait promis aux Parisiens des espaces libres… et le mur que constituaient en profondeur les fortifs, nous l'avons en hauteur, voilà tout.

Le Mobilier national projeté va être, pour les Gobelins, un immeuble de plus et un peu là, je vous prie de le croire, à vingt-cinq mètres de la Manufacture et de ses ateliers privés de lumière.

Notez que la Commission du Vieux-Paris s'est déclarée, à l'unanimité, hostile à l'aliénation du terrain faute duquel l'Exposition de 1937 serait compromise ! Ah ! le bon billet ! Le bon billet de loterie !

Quant aux jardins ouvriers, je remercie ceux de mes confrères qui ont joint leur protestation à la mienne, touchant la tondaison de ce champ auquel est attaché un personnel qui l'a reçu de ses parents et qui l'aime comme ses petits boyaux !

Mais qu'est-ce que cela fait ?

Meure l'oasis plutôt que le cloaque !

Lucien Descaves (1861-1949)

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S'il vous plait tomber sur une « trichinerie », allez au treizième arrondissement, prenez l'avenue des Gobelins et suivez la rue Croulebarbe. SI l'odeur ne vous arrête pas on route, poussez jusqu'au n°63, une maison « mangée aux vers » qui n'a pas besoin d'autre enseigne.
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