La chapelle Bréa
Le Matin — 18 avril 1897
Démolition d'une église — Les journées
de Juin — Pour 800 francs.
L'église Saint-Pierre de Montmartre n'est pas la seule église de Paris actuellement vouée à la pioche des démolisseurs. Le Matin a annoncé qu'une autre église, plus jeune, car elle ne fut construite qu'en 1861, l'église Saint-Marcel de la Maison-Blanche, connue aussi sous le nom de chapelle Bréa, va disparaître. On procède, en ce moment, à la mise en adjudication de sa démolition, sur une mise à prix de 800 francs. Cette petite église est située, 76, avenue d'Italie, sur l'emplacement du corps de garde où fut mis à mort le général Bréa, pendant les journées de juin 1848.

La façade se compose d'un mur pignon percé, au rez-de-chaussée, d'une porte ogivale, et au-dessus de deux fenêtres également en ogive. Dans l'axe de la porte s'élève une tour quadrangulaire percée sur chacune de ses faces de deux baies ogivales munies d'abat-son et terminée par une flèche.
Aux quatre angles se dressent de petits pyramidions.
Intérieurement, l'église ne renferme qu'une seule nef. Elle a été construite en pans de bois et de plâtre et n'offre aucun intérêt architectural.
Elle ne possède aucun objet de valeur. On y voit des statuettes en plâtre représentant le Baptême de Jésus, la Vierge, Saint-Joseph et le Sacré Cœur.


Sur la chapelle Bréa
La chapelle Bréa exista pendant près d’un demi-siècle.
En effet, en 1850, un sieur Hardivilliers, propriétaire d'un terrain situé commune de Gentilly, barrière de Fontainebleau (actuellement avenue d'Italie), obtint du Conseil municipal de Gentilly le droit de construire, sur son terrain, une chapelle en mémoire du général Bréa, chargé en juin 1848 de réprimer les insurgés de la rive gauche de la Seine. Dans une tentative de négociation pacifique, celui-ci s’était avancé pour parlementer à la barrière de Fontainebleau, mais fut capturé et assassiné le 25 juin 1848. Pour ces faits, cinq hommes furent arrêtés et condamnés à mort :
1° Charles-André-Émile Chopart. Âgé de vingt-trois ans, employé de librairie, né à Rouvray, demeurant barrière Fontainebleau ;
2° Jean-Alexis Nourrit, âgé de dix huit ans, né à Paris, garnisseur en couvertures, demeurant rue Gracieuse ;
3° Charte s-Auguste-Victor Wappreaux, âgé de vingt-quatre ans, garçon marchand de chevaux, né à Puizot, demeurant barrière des Deux-Moulins ;
4° Henri-Joseph Daix, sans profession, âgé de quarante ans, né à Huniogue ;
5° Nicolas Lahr, âgé de vingt-neuf ans, maçon, né en Belgique, demeurant barrière des Deux-Moulins.
En 1861, la ville de Paris, devint propriétaire de ladite chapelle, en prononçant son expropriation pour cause d'utilité publique, celle-ci se trouvant sur le tracé du boulevard du Transit alors en projet et qui allait devenir quelques années plus tard la rue de Tolbiac.
En 1871, la Commune, sur la proposition de Léo Meillet, élu du 13e arrondissement vote la démolition de la chapelle Bréa « insulte permanente aux vaincus de Jin et aux hommes qui sont tombés pour la cause du Peuple ». L’effondrement de la Commune empêcha cette démolition mais la chapelle fut néanmoins pillée.
La chapelle Bréa pendant la Commune
- Saint-Marcel de la Maison-Blanche (Chapelle Bréa)
- La chapelle Bréa (Extrait des convulsions de Paris - Maxime Du Camp)
- La chapelle Bréa (La Croix - 12 février 1939)
La fin de la chapelle Bréa
Sur l'église Sainte-Anne de la Maison-Blanche

