Lieux et monuments

 Dans la rue des Reculettes - 1928

Carnet Huysmansien

Dans la rue des Reculettes

Paris-soir — 11 juin 1928

Cette dolente ruelle, Huysmans la parcourait tandis qu'il écrivait ses pages colorées sur la Bièvre, et il semble que l'écho de ses pas y retentisse encore.

Eugène Atget - La ruelle des reculettes - 1926

Il n'en subsiste plus qu'un fragment, et de nouvelles plaques de voirie indiquent qu'elle n'est plus ruelle, mais rue. On y voyait, il y a quelques années, une minuscule épicerie à devanture montrant des rangées de bocaux pleins de friandises pour le sou des gosses de Poulbot qui, en ce coin, fourmillent. Attenant à cette bâtisse, un réverbère à poulie avec lampe à huile éclairait mélancoliquement, à cet endroit, la ruelle. Épicerie de village et réverbère suranné ont disparu. Il ne reste plus de la ruelle décrite dans La Bièvre, que l'autre coude ombré de lauriers vivaces et d'acacias. Ce fragment est charmant encore !

Le passé y survit à peine et le temps n'est plus loin où la ruelle, demeurée là nominalement, verra ses vieux murs remplacés par des murs de bonnes meulières. Le pavillon de M. de Julienne n'a plus de fronton et, le passage Moret voit la pioche ébranler ses maisons pourries. La ruelle des Gobelins, à son tour, agonise. Les intimistes du Vieux-Paris y ont fait leur dernière promenade: après cela, ils auront la ressource du musée.

Le musée, c'est évidemment Huysmans, d'abord ; ensuite, une des plus belles pages que la Bièvre ait encore pu inspirer, c'est celle écrite par notre collaborateur Elie Richard dans cette, petite merveille: Le Roman de la Bièvre. La Bièvre de la ruelle des Gobelins y trouve son dernier portrait.

Cette fille de teinturiers a eu bien des amants: ils l'ont aimée, on peut le dire, jusque dans son extrême vieillesse.

G.-U. LANGE.

A lire également

Elie Richard, Le Roman de la Bièvre



Lieux

Abattoirs de Villejuif (1903)


A.O.I.P. (rue Charles Fourier) (1933)


Arts et Métiers (Ecole des ) (1903)


Asile Nicolas Flamel (rue du Château-des-Rentiers (1904)


Austerlitz (Village d') (1884)


Barrière Croulebarbe (1865)


Barrière des Deux Moulins (1865)


Barrière des Deux Moulins - Le cabaret de la mère Marie (1859)


Barrière de Fontainebleau (1865)


Barrière de la Gare (1865)


Barrière de la Glacière (1865)


La Belle Moissonneuse (1864)


La Belle Moissonneuse (1875)


Boucherie de cheval - Première - à Paris (1866)


Boulevard d'Italie (1883)


Le Cabaret du Pot-d’Étain (1864)


Le Champ de l'alouette (1933)


Le Casino du XIIIe (1899)


La chapelle Bréa (1897)


Château Napoléon (1904)


Cité Doré (1854)


Cité Doré (1882)


Cité des Kroumirs (1882)


Clos Payen (1891)


Rue Croulebarbe (1865)


Les Deux-Moulins et le hameau d'Austerlitz (1884)


L'école Kuss (1934)


Eden des Gobelins (1934)


Eglise Saint-Anne (1900)


La « Folie » Neubourg (1906)


La « Folie » Neubourg (1929)


Fontaine à Mulard (rue de la - ) (1904)


La glacière du 13e (1873)


Gare d'Orléans (1890)


Jeanne d'Arc (Statue) (1891)


Parc (Square) Kellermann


Rue Küss (1929)


Lourcine (Hôpital de -) (1890)


Mairie du 13e (1893)


Marché aux chevaux (1867)


Marché aux chevaux, vu par M. Macé, anc. chef de la sûreté (1888)


Marché aux chevaux (1890)


Marché des Gobelins (1867)


Monument aux mères (1938)


Passage Moret (1911)


Hôpital de la Pitié (ancien) (1903)


Hôpital de la Pitié (ancien)(1908)


Hôpital de la Pitié (nouvel) (1910)


Maison des typos (1933)


Place d'Italie (1877)


Place d'Italie - Histoire de la (1925)


Pont Tolbiac (Inauguration) (1895)


Pont Tolbiac (Technique) (1895)


Poterne des Peupliers - Le Cabaret des Peupliers (1880)


Poterne des Peupliers (1930)


Rue des Peupliers vue par J. Mary (1908)


Raffinerie Say (1890)


Raffinerie Say (1905)


Rue des Reculettes (1928)


Ruelle des Reculettes (1914)


La Salpétrière (1890)


La Salpétrière (1903)


Le Théâtre des Gobelins (1869)


Le verger des Gobelins (1914)


La Zone (1931)


La Zone (1933)


Saviez-vous que... ?

Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

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En 1890, la raffinerie de sucre Say, installée boulevard de la Gare, produisait 20.000 pains de sucre par jour soit 240.000 kilogrammes.

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C'est en juillet 1905 que le nom de Paul Verlaine (1844-1896) fut donné à la place du puits artsésien dans le 13e arrondissement.

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Le 7 juillet 1897, la session du conseil supérieur de statistique s’est terminée par une visite aux services du dépouillement du recensement professionnel, installés boulevard Kellermann, au bastion 84. À cet effet une file de fiacres étaient venus prendre à cinq heures messieurs les conseillers dans la cour du ministère pour les conduire aux fortifications.

L'image du jour

La mairie du XIIIe

Le premier bâtiment de la Mairie en façade de la place d'Italie est dû à Paul-Henri Bonnet, architecte né en 1828, grand prix de Rome. Les travaux commenèrent en 1873. Bonnet les suivit jusqu'à sa mort en 1881. Des extensions de la mairie furent peu à peu constuites et elle occupa finalement, à la fin du XIXe siècle, tout le quadrilatère formé par la place d'Italie, l'avenue des Gobelins, la rue Philippe de Champaigne et le boulevard de l'Hôpital.