Promenades

 Le roman de la Bièvre - Chapitre 7

Le roman de la Bièvre

Elie Richard (1922)

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Chapitre VII

Les chanoines de Saint-Victor, pour leurs fastes gardés à l'Histoire parisienne, désirèrent avoir une rivière serviable. Par l'entremise de Saint-Bernard (?) et moyennant finances, ils obtinrent de détourner un bras de la Bièvre. Et un canal de neuf pieds fut creusé à l'intention de mouvoir un moulin à farine, au sein de leur abbaye.

Guillaume de Champeaux fonda Saint-Victor en 1110 pour s'y retirer, avec ses disciples, assez peu nombreux, sans doute après ses débats malheureux avec Abélard. L'abbaye gagna en importance, s'étala sur les terrains au-delà de la porte Saint-Victor, où la Halle-aux-Vins s’est depuis établie. Cette porte baillait sur le clos Garlande, non loin de la place Maubert. Les chanoines de Saint-Victor étaient des rivaux des moines de Sainte-Geneviève. Leur Hughes de Saint-Victor, qu'on prisait comme un second Saint-Augustin, après Guillaume de Champeaux, rival d'Abélard, porta loin, par la Chrétienté, leur renommée.

Ce bras puîné de la Bièvre fut le sujet d'une grande discussion entre les deux abbayes. Il y eut, au sein de l'Université, durant des lustres et des périodes, plusieurs siècles peut-être, des Génovéfains et des Victorins qui disputèrent d'intrigues, au sujet des droits seigneuriaux des deux monastères sur la rivière neuve.

(1)°« Celui ruisseau, dit Rabelais, qui de présent passe à Saint-Victor auquel Guobelin teinet l'escarlate ».

La Bièvre traversait l'enclos de Saint-Victor (1) depuis le pont aux Tripes, non loin de la rue Censier, ourlait le pied de la Montagne Sainte-Geneviève, venait en vue de l'enceinte, passait devant Saint-Nicolas du Chardonnet, passait entre les rues actuelles des Bernardins et de Bièvre et se jetait dans le petit bras de la Seine, au lieu dit des Grands-Degrés, en vue de Notre-Dame. La rue de Bièvre, vers 1210, passait dans des jardins et formait un chemin herbeux, livré aux étaux de bouchers, qui égouttaient leurs sanies jusque dans la rivière ; et les livres rapportent que des docteurs y enseignaient encore assis sur l'herbe. Des maisons de cette rue logeaient les écoliers. Dante y aurait demeuré.

L'enceinte de Philippe-Auguste ouvrait une arche bénévolente devant la Bièvre encore azurée ; les murs de Charles V ou d'Etienne-Marcel, avec leurs fossés larges, la prirent et absorbèrent. Dans Paris, elle n'était qu'un égout découvert qui, faute d'eau, épouvantait par ses amoncellements infects. Il fut ordonné de la détourner. Son lit servit longtemps encore de déversoir aux gadoues des bourgs et clos Le Trou-Punais, non loin de la place Maubert, s'y dégorgeait... Il fallut couvrir d'une voûte ce cloaque. Mais les habitants riverains percèrent la maçonnerie et achevèrent l'empoisonnement. De nouvelles ordonnances frappèrent le canal aboli qui fut enfin comblé à la fin du XVIIe siècle, en 1672 seulement.

Cependant, les chanoines de Saint-Victor avaient, dès 1368, donné une nouvelle direction à leur rivière. Depuis les fossés Saint-Bernard elle obliquait à l'est et venait se joindre à la Seine vers la Tournelle. Le confluent nouveau coupait le quai si malencontreusement que les habitants se plaignirent. Il ne fallut rien de moins qu'une ordonnance royale pour contraindre les chanoines à bâtir le Pont-des-Marchands sous lequel la Bièvre expirait ses eaux empoisonnées dans le fleuve.

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Les promenades

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Le roman de la Bièvre
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