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 Le roman de la Bièvre - Chapitre 8

Le roman de la Bièvre

Elie Richard (1922)

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Chapitre VIII

Un chapitre de l'histoire de Paris demeure, je crois, à écrire, c'est celui des rivières de Paris. On ne connaît bien que la reine, je veux dire la Seine. Les autres, hormis la Bièvre, on n'en parle guère.

Les rivières « secondes », dans les villes, ont un charme particulier. On les abandonne. Elles vivent cachées, à l'ombre des vieux murs. Il semble qu'elles portent de la solitude à fleur d'eau et du silence qui empoudre leur tain. La Bièvre fut ainsi. L'Eau-de-Robec, à Rouen est tout de même cachée et à l'abandon.

Les rivières de Paris, ont, une à une, disparu. La Bièvre a tenu longtemps. Il n'y a place que pour les forts. Le ruisseau de Ménilmontant, la Grange-Batelière, la Noue, dite Petite-Seine, sont défunts. Au fait, hormis la Bièvre, ils n'ont de vie propre. La ville perpétuellement croissante a emprunté leurs lits pour en faire ses exutoires. On a cru à leur vigueur : rivières n'étaient que des servantes passives. Elles n'étaient point des artères, des vaisseaux, mais des intestins, des boyaux. Il a fallu les couper, les nettoyer, enfin les abolir.

D'ailleurs, ces rivièrettes étaient plus ou moins soutenues par la Seine. Celle à qui elles apportaient leur mince afflux, leur donnait un influx caché, une nourriture mystérieuse. La Seine, en effet, resserrée en son lit accoutumé, n'a pas toujours borné là ses ivresses.

Elle s'est étalée autrefois sur la rive droite, comme sur la rive gauche, passé la Montagne Sainte-Geneviève, mais surtout sur la droite.

Lorsque Grégoire de Tours m'a appris qu'en 583 des naufrages avaient eu lieu en vue de la basilique Saint-Laurent, j'ai été avec tout le monde fort étonné. Saint-Laurent, songez-y, au boulevard Magenta ! Il y avait donc une eau, large, porteuse de bateaux, en vue de Saint-Laurent. Ce ne pouvait être le mince ruisseau de Ménilmontant, la Grange-Batelière. Tout simplement, c'était la Seine.

Elle sortait du marais, longeait les murs, contournait Paris, venait expirer au pied de Chaillot dans la Seine principale. Le canal Saint-Martin, qui croyait-on, supplantait le fossé de la Bastille, suit assez bien une part de l'ancien lit de cette seconde Seine disparue.

Quelle victoire, pour Paris et les hommes qui lui ont fait un sol ferme que d’avoir anéanti un bras aussi important du fleuve ! Que pouvait faire le ruisseau de Ménilmontant, la Grange-Batelière, lorsque la Seine avait été battue ?

Tout ceci est pleinement confirmé par les récentes observations de M. Ch. Vélain. Des fouilles faites en 1922, rue Taitbout, ont fait reconnaître, à cinq ou six mètres, une nappe de lœss, le limon de la Seine.

(*) D'anciens plans portent un tracé de la Noue plus en amont, vers l'hôtel de Nesle. Il se peut qu'elle se soit déplacée.

La Noue, Petite-Seine, menait l'eau du fleuve aux fossés de Saint-Germain-des-Prés, bordait le Pré-au-Clercs. La rue de Seine garde son souvenir et, à peu près, son tracé (*). Elle venait presqu'à la hauteur de ce que nous appelons la rue du Four. En 1540, on a comblé ce canal, devenu inutile. Fausse rivière, comme le bras de la Bièvre de Saint-Victor, creusée de main d'homme, elle a été par les hommes effacée de la face de Paris. La Noue, cependant, pourrait bien n'être que l'adaptation des marais, des étangs, d'un lit ancien même de la Seine au travers de la plaine des Garennes, (de Grenelle).

En somme, de vraie rivière, il n'y avait que la Bièvre, à Paris. Il est vrai, elle a été comme les autres abolie. Elle a tenu plus longtemps. Un cataclysme sans grande envergure pourrait sans doute la ressusciter. Les autres, il y faudrait un tremblement de terre extraordinaire — ou simplement des inondations pareilles à celles de 1910. L'inondation d'alors reconstitua la Noue, la Grange-Batelière et jusqu'à la Seine que j'ai dite, disparue depuis les temps de Grégoire de Tours.

De la Noue, de la Grange-Batelière, plus de trace. La Bièvre avait marqué plus profondément son chemin. Dans quelques années, il aura été effacé à son tour dans Paris et il faudra aller dans les livres chercher ses méandres blasonnés et son souvenir de rivière de Paris.

Langé a compté qu'il y a vingt-six rivièrettes, de la Bourgogne à la mer, qui apportent à la Seine leurs eaux couleur du temps : Sarce, Ource, Vaucouleurs, Andelle, Epte, Bièvre...

Bièvre ! Bièvre ! Tu ne peux pas mourir.

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Le Petit Parisien (1937)

Saviez-vous que... ?

Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

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Initialement, l'avenue des Gobelins devait s'appeler Boulevard Mouffetard.

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Le bureau du Comité du 13e arrondissement du Groupement général des classes moyennes organisa une première réunion de propagande le 6 juillet 1937 au café du Clair de Lune à l'angle de la Place d'Italie et de l'avenue de Choisy.

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La mairie du 13e a été construite sur les plans de Paul-Emile Bonnet, architecte et grand prix de Rome (1828-1881). Les extensions latérales sont dues à Antoine Soudée.
M. Bonnet avait aussi étudié, sur un terrain à l'angle de la rue de Tolbiac et de la rue Damesme, un projet d'église qui ne fut pas exécuté et que celui de l'église Saint-Anne remplaça.

L'image du jour

La mairie du XIIIe

Le premier bâtiment de la Mairie en façade de la place d'Italie est dû à Paul-Henri Bonnet, architecte né en 1828, grand prix de Rome. Les travaux commenèrent en 1873. Bonnet les suivit jusqu'à sa mort en 1881. Des extensions de la mairie furent peu à peu constuites et elle occupa finalement, à la fin du XIXe siècle, tout le quadrilatère formé par la place d'Italie, l'avenue des Gobelins, la rue Philippe de Champaigne et le boulevard de l'Hôpital.