Le nouveau marché aux chevaux
La France — 9 mars 1878

L’inauguration du nouveau marché aux chevaux est définitivement fixée au lundi 1er avril prochain.
Le marché provisoire, établi depuis 1866, au boulevard d’Enfer, sera supprimé à la même date.
L’origine du marché aux chevaux remonte à Henri III ; il fut d’abord installé en l’hôtel des Tournelles, puis transféré plus tard au faubourg Saint-Marcel. L’ancien marché occupait une superficie de 17.100 mètres. Le nouveau marché, rétabli sur l’ancien emplacement, mesure 17.800 mètres ; il a deux entrées ; l’une sur le boulevard de l’Hôpital, l'autre sur le boulevard Saint-Marcel. À droite de l’entrée principale se trouve le parc pour 150 voitures ; à gauche, les ventes à l’encan et les bureaux des commissaires-priseurs
À l’angle des deux boulevards Saint-Marcel et de l’Hôpital se trouve une coquette construction destinée au logement du concierge et du service de perception. Dans le même bâtiment est ins tallé un restaurant.

Vue en direction du boulevard de l'Hôpital
Les diverses pistes pour chevaux de selle, d’attelage, etc., mesurent 140 mètres au plateau et 163 aux extrêmes limites. Elles sont bordées de chaque côté, sur toute la longueur, de trous-stalles, réunis deux à deux par des bat-flancs, et qui sont au nombre de 84, pouvant contenir 1,050 chevaux, c’est-à dire un tiers de plus que l’ancien marché.
Un bâtiment spécial, éloigné des autres constructions, est destiné aux animaux atteints de maladies contagieuses.
Les dépenses de ce marché s’élèvent à plus d’un demi-million.
Ce nouvel établissement donnera une grande animation à ce quartier peu populeux qui, depuis le transfèrement du marché à Montparnasse, était pour ainsi dire délaissé. De belles constructions s’y font en ce moment, et grâce aux tramways et aux omnibus qui circulent en grand nombre dans le treizième arrondissement, les visiteurs ne manqueront pas dans ce quartier, si peu riche en établissements d’utilité publique.

Henri Godefroy (1909)
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet
Sur le marché aux chevaux
Les dernières années du premier marché aux chevaux du bd de l'Hôpital (1760-1866)
Le marché aux chevaux durant son exil dans le 14e (1866-1878)
(Cet exil était motivé par le percement du boulevard Saint-Marcel.)
- Le Marché aux Chevaux (1870)
- Le marché aux chevaux par Elie Frébault - L'Illustration, 17 février 1872
Le marché aux chevaux du retour d'exil au déménagement final (1878-1907)
- Le nouveau marché aux chevaux (1978)
- Le boulevard Saint-Marcel et le marché aux chevaux (1883)
- Le Marché aux Chevaux vu par M. G. Macé, ancien chef du service de Sûreté (1888)
- Coupeur de queues de chevaux (1888)
- Le Marché aux Chevaux (Alexis Martin, 1890)
- Un truc de faux maquignon (1897)
- Le marché aux chevaux vu par Jean Lorrain dans "La Maison Philibert" (1904)
- Le marché aux chevaux de Paris sera-t-il déplacé ? (1906)
En novembre 1907, le marché aux chevaux fut transféré rue Brancion dans le 15e arrondissement à proximité des abattoirs de Vaugirard, ce qui était devenu sa vraie place car, depuis longtemps, il était envahi par les animaux destinés à l'alimentation, et les marchands de chevaux de commerce avaient presque tous renoncé à y conduire des chevaux de trait ou de selle pour ne pas les déprécier et les exposer au contact de bêtes vicieuses ou malades.
La fermeture de l'abattoir de Villejuif, boulevard de l'Hôpital, en 1904, a accéléré ce transfert.
Sur l'abattoir de Villejuif

On remarquera à gauche le dôme de la chapelle de la Salpêtrière qui constitue un point de repère









Gustave Geffroy (1855-1926) fut directeur de la Manufactures des Gobelins. Il n'est donc pas anormal que la rue qui porte son nom soit située tout près de celle-ci.
