L'image du jour

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.
![]()
UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Dans la presse...

Parmi tant de travaux poursuivis en ce moment par l'administration de la Ville de Paris pour l'amélioration de sa voirie, il en est de particulièrement intéressants. Tel est le percement de la rue des Reculettes dans le quartier Croulebarbe (13è arrondissement).

Jusqu'ici ladite rue ne méritait ce nom que dans l'amorce pavée qui partait depuis longtemps de la rue Croulebarbe. A ce bout de rue aboutissait à travers une sorte de maquis assez agreste une sente en zigzag, de deux mètres de large, venue des hauteurs de la rue Abel-Hovelacque. Bénie des amateurs de pittoresque, cette ruelle longeait sur une minuscule falaise, un petit ravin à coins buissonniers, tout comblé de maisonnettes disparates, peu fastueuses villas parisiennes où caquetaient les poules, et où l'on s'éveillait au chant du coq.
Un jour, la Ville de Paris a exproprié les amateurs de verdure. Et voici que des équipes de terrassiers ont raboté les avancées de falaise, que les démolisseurs ont abattu à grands coups de pic les masures qui ne tenaient guère. Les maçons avec leurs moellons et leur béton , établissent les substructions de la voie de douze mètres qui complétera la rue des Reculettes. Il s'y élève déjà des espèces de gratte-ciel pour familles nombreuses.
Ces travaux attirent l'attention des constructeurs à cause des procédés nouveaux qui y sont employés. Pour contenir la poussée des terres qui porteront la nouvelle rue descendant d'environ quatre ou cinq mètres sur une distance de soixante ou quatre-vingts, il fallait établir un large mur de soutènement qui eut coûté fort cher.
Les ingénieurs ont eu l'idée heureuse de construire pour supporter cette masse et en éluder la poussée, une série de voûte de décharge de décharge en maçonnerie. Elles permettent de diminuer beaucoup la largeur du mur de soutènement — réduite à soixante-quinze centimètres environ — et, par conséquent, la dépense. Cette opération constitue une innovation très remarquable , au dire des spécialistes.
La phrase classique : « Encore un coin pittoresque du Vieux Paris qui disparaît ! » me chante aux oreilles tandis que je suis le fond de l'ancien ravin sur des échafaudages aux planches plâtreuses. Dans un reste de buisson, deux ouvriers peuvent encore déjeuner sur l'herbe, mais c'en sera fait avant longtemps de ces plaisirs agrestes. Derrière une maison lépreuse et enfumée, j'aperçois encore un bout de jardin. Au fond d'une impasse, une porte, pouvant conduire au vaste jardin ombragé d'une brasserie, a, en blanc sur noir, cette inscription mélancolique et bien à sa place : Mort.
S'agit-il du sentier des amoureux ? Non.
C'est le reste de l'écriteau qu'on avait mis là : Danger de mort, pour empêcher les enfants d'escalader la clôture. Les arbres qui par-dessus « balancent leurs palmes » sont, sans doute, tout ce qui reste des dépendance du vieux moulin de Croulebarbe, lequel appartenait à un fief remontant au quatorzième siècle, propriété de Saint-Martin-des-Champs. Les moins de l'abbaye l'affermèrent jusqu'en 1668, époque où l'abbé de Saint-Marcel en revendiqua la propriété. Le nom de sente des Reculettes signifie qu'on se trouvait là dans un lieu reculé, peu central.
Comme je quitte le chantier, un habitant m'interpelle mélancoliquement :
— J'ai habité trente-six ans ici monsieur. Voici où se trouvait ma maison. Le soir, quand les usines s'arrêtaient nous nous croyons à cent lieues de Pris. On m'a exproprié. Avec l'argent, j'ai acheté un terrain en bordure de la rue qui sera peut-être très commode. Mais, voyez-vous, j'aimais mieux la ruelle, avec ses arbres, ses plantes, ses fleurs, ses masures, ses poulaillers et ses amoureux.

Sur la ruelle des Reculettes
Un pont américain à Paris : le pont de Tolbiac

Les Américains se sont acquis, depuis quelques années, une véritable renommée en matière de grands travaux publics leur initiative, leur audace, leur fougue, méritent d'être admirées et surtout imitées. Ce n'est pas la science qui manque à nos ingénieurs pour les égaler.
Nous signalons, avec beaucoup de plaisir, dans cet ordre d'idées, le beau pont « américain » dans la meilleure acception du terme, dont Paris vient d'être doté. (1895)
Splendeur et misère des Gobelins

Quand on visite les Gobelins, on ne peut s'éviter de remarquer l'état singulièrement délabré du célèbre établissement.
C'est qu'en effet il saute aux yeux, et je ne sais pas de spectacle plus affligeant que l'apparente ruine de ce qui demeure, après plus de trois siècles, une des vraies gloires de la France. (1894) ...

Depuis les démolitions et les nouvelles percées faites à travers le 13e arrondissement, le quartier des Gobelins, autrefois si populeux comprend de vastes parties désertes.
Une des causes de ce dépeuplement, est l'éloignement du marché aux chevaux, provisoirement transféré à la Halle aux fourrages du boulevard Montparnasse. (1870) ...
Les travaux de la petite ceinture entre la route de Chatillon et la Seine

Après avoir passé en revue les travaux en cours d'exécution sur la ligne du chemin de fer de ceinture, entre la grande rue d'Auteuil et la route de Châtillon, il nous reste à parler de ce qui s'effectue entre la route de Châtillon et le pont sur la Seine en amont, pour avoir exploré tout le parcours de la section à ajouter à notre chemin circulaire pour le compléter. (1865) ...

Parlons donc un peu de la rive gauche, qui a paru, jusqu'ici, plutôt délaissée dans l’établissement des premières lignes du réseau métropolitain... (1903) ...
Saviez-vous que... ?
En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.
*
* *
L'église Notre-Dame de la Gare, terminée en 1864 par M. Claude Naissant; est un monument assez élégant, construit dans le style de transition du douzième au treizième siècle, mais dont l'intérieur n'offrait, au moins en 1890 selon les observateurs de l'époque, rien de curieux.
*
* *
En 1860, Il y avait un commissariat pour deux quartiers dans chaque arrondissement de Paris. Pour le 13e, ces commissariats étaient installés 36 route d'Italie pour Croulebarbe et la Maison-Blanche et 62 boulevard de l'Hôpital pour les quartiers de la Salpêtrière et de la Gare.
*
* *
En 1849, face à la barrière des Deux-Moulins, sur le territoire de la Commune d’Ivry, dans la rue principale qui allait devenir la rue Nationale, deux bals se faisaient concurrence : La Belle Moissonneuse au 31 (ancienne numérotation), propriété de M. Latruffe et La Belle-Jardinière exploité par M. Cudat qui fut remplacé par Le Grand Vainqueur.
Le bal de la Belle-Moissonneuse accueillit de nombreuses réunions politiques de 1848 jusqu’en 1876 et ferma ses portes peu après.
L'image du jour

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.