Un jour dans le 13e

 L'explosion de la rue de Tolbiac

L'explosion de la rue de Tolbiac

Le Petit-Parisien — 24 octobre 1915

Les travaux du déblaiement des décombres de l'explosion de la rue de Tolbiac sont à peu près terminés. Les immeubles voisins reprennent peu à peu leur physionomie normale.

Hier matin, M. Boucard, juge d'instruction, s'est rendu sur les lieux en compagnie de MM. Kling, directeur du laboratoire municipal Guillaume, commissaire divisionnaire Delangiade, commissaire Dubié, secrétaire, pour procéder aux constatations.

Les magistrats ont eu avec M. Billant, directeur de l'usine, une conférence qui, pas plus que l'interrogatoire de nombreux blessés, n'a apporté de certitudes sur les causes de la catastrophe.

A la liste des sauveteurs, que nous publiions hier, il convient d'ajouter le gardien de la paix Davenne qui, de faction près de l'usine et blessé à la tête par l'explosion, se précipita quand même dans la fournaise pour porter secours aux victimes.

L'enterrement de l'aide-major Désandré aura lieu ce matin. Le convoi quittera le Val-de-Grâce à huit heures. L'inhumation aura lieu au Père-Lachaise. Les membres du comité central et des comités locaux et les adhérents de l'Alliance républicaine démocratique sont spécialement priés d'assister aux obsèques du docteur.

La catastrophe de la rue de Tolbiac a malheureusement fait un certain nombre d'orphelins. Le sort de ces pauvres enfants a ému le conseil de direction dit l'Orphelinat des armées, qui vient de décider de prendre à sa charge les orphelins des malheureuses victimes.

A la Morgue

Les reconnaissances à la morgue deviennent de plus en plus difficiles.

Hier soir, il restait encore à identifier treize cadavres, deux têtes et les débris contenus dans quatre cercueils.

Dans la matinée, un cadavre de femme, entièrement carbonisé, ne put être reconnu que par une protubérance osseuse ancienne d'un tibia. Une partie de tête fut identifiée par !a découverte d'un névus garni de poils et une calvitie en tonsure. Une femme, également carbonisée, ne fut reconnue que par des canines doubles qu'elle avait dû faire scier.

Contrairement à ce qui avait été annoncé par la préfecture, le corps de Mi. Cazier n'a pas encore été identifié. Quant à celui de M. Bizet, la reconnaissance n'est pas définitive,

Sur la liste de reconnaissances provisoires se trouve le nom de M. Raoul Le Guyadère, trente-sept ans, demeurant à Gentilly.

Quatre cadavres seulement ont été reconnus officiellement hier. Ceux de :

Mlle Marguerite Nicolas,, dix-neuf ans,  rue Danton, à Vanves Mme Pourchasse, née Henriette Lefort, vingt ans. journalière. 5, passage Barrault; M. Eugène Gillen, trente-six ans, soldat à la 22e section, dont il ni été retrouvé, jusqu'à présent, que la tête et l'épaule droite enfin, M. Louis BourserauJt, soixante-dix ans, 2, passage Barrault.

Cette dernière victime mérite une mention spéciale. Les témoins de la catastrophe s'accordent à dire que M. Bourserault passait au moment de la première explosion. Il arracha des planches de la clôture de l'usine et commença le sauvetage d'ouvrières bloquées par l'incendie et menacées par les explosions successives. C'est en retournant une seconde fois sur le lieu du sinistre que le hardi sauveteur trouva une mort héroïque.

Les victimes seront enterrées individuellement par les soins des familles. Mais, ainsi qu'il a été procédé lors de la catastrophe du bazar de la Charité, une cérémonie sera célébrée, aux frais de l'État, pour les morts dont les cadavres n'auront pu être identifiés.

Déjà, les obsèques de quatre victimes ont été réglées dans la soirée d'hier celles de Mines Joséphine Lalande, née Thudoret;  Labat, veuve Roy et Catonaud.

Celles de Mme Lalande auront lieu demain lundi départ de la morgue à huit heures et demie du matin; cérémonie religieuse Notre-Dame; inhumation au cimetière d'Ivry-parisien.

La catastrophe de la rue de Tolbiac - 20 octobre 1915


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18 novembre


21 novembre


10 décembre


L'accident du 23 juillet 1915

Saviez-vous que... ?

Le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital s'y installa le 1er avril 1878 revenant ainsi à proximité de son emplacement initial où il avait été installé une première fois au XVIIe siècle et dont il avait été chassé en 1866 pour permettre l'achèvement du boulevard Saint-Marcel.
Entre ces deux périodes le marché aux chevaux était implanté sur le boulevard d'Enfer, futur boulevard Raspail, non loin du boulevard du Montparnasse, sur un terrain rejoignant le futur boulevard Edgar Quinet, alors boulevard de Montrouge.

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La maison qui, en 1900, était située au 68 du boulevard d'Italie, servait de dépôt au sculpteur Rodin.

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La voie qui prit le nom d'avenue Edison en 1932, devait, initialement relier la place Nationale et la place d'Italie.
Le projet fut brutalement abandonné, ce qui explique l'aspect particulier de l'avenue à proximité de la place d'Italie où quelques dizaines de mètres seulement rester à percer.

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Le 13 décembre 1892, M. Béchu, porteur aux Halles, demeurant rue Beaudricourt, 28, apportait, au commissariat de M. Perruche, un obus chargé, enveloppé de papier qu’il venait de découvrir, â 5 heures du matin, contre la porte d’une maison rue de Tolbiac, à l’angle du passage du Moulinet.

L'image du jour

La place Pinel vue de la rue Esquirol avec un aperçu de la rue Nationale de l'autre côté du métro.

L'entrée de la cité Doré sur la place Pinel était situé à gauche.