Dans la presse...

 Mille ans sous terre - 1871

Mille ans sous terre

Le Petit-Journal — 1er octobre 1871

Dans un quartier de Paris, renommé par ses tanneries, ses peausseries, et surtout par la manufacture des Gobelins, hélas ! incendiée en partie, est un vaste terrain, où s'élevait jadis une église dédiée à saint Martin, au faubourg Saint-Marcel.

Saint-Marcel était évêque de Paris, à la fin du quatrième siècle ; il mourut vers 440 et fut enterré dans le cimetière que l'on vient de découvrir. Selon la légende, le saint évêque avait délivré le pays d'un serpent monstrueux qui l'infestait.

"Fouilles Saint-Marcel, chapelle, face latérale sud", Photographie de Pierre Emonds, 1868. Paris, musée Carnavalet. (Enhanced with Photoshop)

Là, tout auprès des ruines pittoresques de la chapelle Saint-Marcel, construite sous Louis le Débonnaire en 840, était le couvant de la Collégiale, dont les moines et les abbés se faisaient enterrer dans le vaste cimetière qui l'entourait.

Longtemps ce cimetière resta oublié, et nulle habitation ne s'éleva sur son emplacement. Plus de mille ans se sont écoulés, et on vient enfin de décider qu'on bâtirait des maisons afin de loger des vivants sur les morts.. C'est en creusant des fondations profondes, dans l'angle de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel que la pioche a heurté sur des cercueils de pierre enfouis là pendant dix siècles.

Les ruines de l'église Saint-Marcel, sur la place de la Collégiale, mises à découvert par le percement du boulevard Arago

Aussitôt on a délégué un inspecteur des arts et métiers, et sous ses yeux les fouilles se continuent.

Les bières sont comme incrustées dans la terre et sont hermétiquement fermées par un lourd couvercle de pierre, où l'on cherche à découvrir quelque inscription demi rongée.

C'est ainsi qu'on a appris que des saints et des évêques de Paris étaient inhumés dans cette antique nécropole, nous avons lu, sur une tombe le nom de sanctus Godepire saint qui ne se trouve plus sur les calendriers.

Tous ces lourds tombeaux sont superposés l'un sur l'autre, et se trouvent, disséminés sans ordre au fond de la terre.

Il en est de tous petits, comme ayant appartenu à de jeunes enfants.

Il en est d'autres, d'énormes, ayant enseveli sans doute quelque gros abbé. On en trouve également en plâtre, où l'on peut apercevoir des ornements moulés grossièrement.

Un sarcophage découvert Faubourg Saint-Marcel

Mais, dans aucun d'eux, on ne trouve trace de joyaux, de verroteries ou de bagues de matière d'or ou d'argent ayant appartenu ceux qui y furent ensevelis.

Seulement on y trouve des tibias, des têtes et des côtes presque pétrifiés ; que l'on transporte, au fur et à mesure de leur découverte, au grand réceptacle des morts les Catacombes.

Bientôt la petite chapelle Saint-Marcel va disparaître également, et l'on n'ira plus contempler ses ogives brisées, ses murailles où grimpe le lierre. De superbes maisons prendront sa place, et l'on trouvera encore, dans les prochaines fondations, les ossements pieux des religieux de Louis-le-Débonnaire.

Marc Constantin


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Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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Les concierges des chiffonniers

À l’extrémité Sud de Paris, derrière la Butte-aux-Cailles, là où les rues, qui portent des noms inconnus du public boulevardier, aboutissent en pleine campagne au pied des coteaux de Gentilly, s'étend un immense terrain vague où depuis longtemps sont venus s'installer les chiffonniers de la rive gauche... (1898)

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La Cité Tolbiac

L’embellissement et l'assainissement de Paris se continuent, lentement il est vrai, mais d’une façon raisonnée. De tous côtés, se font des transformations tant au centre que dans la périphérie. Un jour c’est une de ces rues tortueuses du vieux Paris qui cède la place à une voie droite, large et aérée, le lendemain c’est une maison qui eut sa célébrité qui disparaît, aujourd’hui c'est une cité tout entière... (1898)

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Le monument Duval

Quatre habitants du 13“ arrondissement, parmi lesquels figure un ancien membre de la commune, M. Arnold, ont demandé au conseil municipal de donner son concours à l’érection d’un monument au « général » Duval et aux combattants de la Commune « morts pendant la lutte »... (1891)

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La chapelle Bréa sous la Commune

Cette petite chapelle qui portait aussi le nom de Saint-Marcel de la Maison-Blanche avait été élevée à la mémoire du général Bréa, tué à cet endroit au cours de la répression de l'insurrection de 1848. Elle s’élevait à la hauteur du n° 76 de l'avenue d’Italie... (1939)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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La rue Berbier du Mets tient son nom de Gédéon Berbier du Mets (1626-1709), qui fut le premier Intendant général du Garde-Meuble de la Couronne, ancêtre du Mobilier national.

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C'est le 10 juillet 1899 que le Conseil municipal de Paris décida de donner le nom d'Abel Hovelacque à la rue de Gentilly.

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Ferdinand Buisson (1841-1932) fut un des fondateurs de la « Ligue des droits de l'Homme » dont il sera le président, après la mort de F. de Pressensé.
Il fut aussi député du 13e arrondissement.
Ainsi, aux élections générales législatives des 27 avril et 11 mai 1902, il se présenta comme candidat radical-socialiste dans la 2e circonscription du 13e arrondissement de Paris, et fut élu au deuxième tour de scrutin, par 8.468 voix contre 7.747 à M. Paulin-Méry, député sortant, nationaliste.
Il retrouva son siège aux élections générales des 6 et 20 mai 1906, au deuxième tour de scrutin, par 8.887 voix contre 7.764 à son ancien adversaire Paulin-Méry.
À celles des 24 avril et 8 mai 1910, il l'emporta encore sur Paulin-Méry, au deuxième tour, par 8.204 voix contre 7.378.
Mais il subit un échec à celles des 26 avril et 10 mai 1914, où il arriva au premier tour en seconde position après le docteur Auguste Navarre, en faveur duquel il s’est désisté et qui, ainsi, lui succéda.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦