Les gares de Gentilly et de Grenelle
L'Opinion nationale — 23 mai 1874
Dans le discours qu’il adressait, le 4 février dernier au Tribunal de commerce M. le Président de la République annonçait l’exécution prochaine d’un certain nombre de travaux publics parmi lesquels figurait l’établissement de deux gares de marchandises à Grenelle et à Gentilly sur le chemin de fer de ceinture, rive gauche.
Malheureusement les choses ne pouvaient aller aussi vite que l’espérait le maréchal, et, maintenant qu’il a prononcé son discours, les projets de deux gares n’étaient point encore adoptés d’une manière définitive, et l’on ne savait pas dans quelle mesure ils donneraient satisfaction aux besoins du public.
Or l’enquête prescrite par la loi a eu lieu depuis cette époque, et nous avons le regret d’annoncer que les propositions faites par le Compagnie de l’Ouest pour la construction de la gare de Grenelle, provoquent les plus légitimes réclamations de la part des industriels établis, dans les quartiers qu’elle est appelée à desservir. Afin d’en montrer toute l’importance nous allons indiquer en peu de mots les dispositions des plans soumis par l(administration à l'approbation du public.
La gare de Grenelle
La gare de Grenelle sera située dans l’espace triangulaire compris entre la ligne du chemin de fer, le quai de Javel et la rue Leblanc, rectifiée de manière à former un alignement droit depuis le quai jusqu’auprès de l’avenue Saint-Charles ; son entrée principale se trouverait au milieu de la façade, du côté du quai, qui lui serait rattaché par deux rampes pour les voitures, et par un escalier pour les piétons ; sa superficie serait seulement de 4 hectares 33 ares, contrairement à l’avis de la Compagnie, qui proposait, le 5 janvier 1867, de lui donner 6 hectares 37 ares 30 centiares.
Comme elle ferait des échanges d’une grande importance avec la navigation et que, de plus, elle desservirait les usines établies dans Grenelle et celles qui viendront s’établir extra-muros dans la plaine d’Issy, on la relierait au port de javel par un embranchement qui traverserait à niveau la chaussée du quai. Mais, en outre de cet embranchement, il y aurait à créer sur les quais de Javel et de Grenelle, une voie spécialement affectée au service des usines, et la Compagnie en reconnaît elle-même la nécessité ; seulement elle tient à ce qu'on ne lui impose pas, l’obligation de la construire, et c'est sur ce point que portent les réclamations les plus vives.
Si, en effet, la nouvelle gare n’est pas immédiatement rattachée aux grands ateliers qu’elle doit alimenter de charbons, de fontes, de fers, etc. ; si elle ne peut recevoir sans transbordement les énormes machines qui sortent de ces ateliers, sa création ne diminuera les frais de transport qui les écrasent que dans des proportions relativement peu considérables. Aussi tous les industriels demandent que la construction de la ligne des quais soit entreprise en même temps que les autres travaux, et l’administration ne saurait, sous aucun prétexte, refuser de faire droit à leur demande.
En ce qui concerne les dispositions à donner à la gare elle-même, les réclamations ne sont pas plus fondées, et leur rejet ne s’expliquerait pas moins que le retard apporté à la création de embranchement des quais.
C’est à 38 mètres au-dessus du niveau de la mer que se trouverait, d’après les propositions de la Compagnie, la plate-forme de la gare, soit à 2 m. 50 au-dessus des rails du viaduc et à 6 m, au-dessus de la chaussée du quai ; de sorte que les camions qui viendraient y décharger des matières d’un grand poids auraient à gravir deux rampes extrêmement rapides, et ne pourraient y arriver qu’avec l’aide de chevaux de renfort. Ce serait un inconvénient tellement grave, qu’il est indispensable de le faire disparaître, et il suffit pour cela de se conformer aux indications consignées au registre d’enquête.
En effet, les industriels intéressés ne vont pas jusqu’à demander qu'on abaisse la plate-forme de la gare jusqu’au niveau du quai, ou seulement à un mètre au-dessus de ce niveau, bien qu’il n’y ait à cela rien d’impossible ; ils demandent qu’on la maintienne au niveau du viaduc du Point-du-Jour, et la Compagnie n’a aucune raison valable de t'opposer à ce changement — Alors il ne resterait à racheter qu'une différence de niveau de 3 m. 50, ce qui ne serait pas un inconvénient sérieux, surtout si l'entrée de la gare était reportée à l’angle de la rue Leblanc et du quai de Javel, de manière à ce qu’on put diminuer la pente des rampes d’accès en augmentant leur longueur.
À la vérité, ce ne dont pas ingénieurs de l’État qui ont rédigé les plans des travaux, mais ceux de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et nous craignons qu'ils ne trouvent dans les réclamations du public un prétexte à de nouveaux retards dans l'exécution du projet. Mais il faut espérer que le ministre des travaux publics ne leur permettra pas de renvoyer à l’année prochaine l’exécution d’un travail qui devrait être achevé depuis longtemps, car il a été mis à l’élude dans le courant de l’année 1866
La gare de Gentilly
Quant au projet de la gare de Gentilly, ses dispositions ont fait l’objet d’une approbation unanime, et tes observations produites à l’enquête ont presque toutes porté sur la nécessité de rattacher aux quartiers voisins l’emplacement qu’elle doit occuper.
Située entre la ligne de ceinture et le prolongement de la rue du Pot-au-Lait, la gare de Gentilly resterait à peu près inutile, si l’un ne créait pas de nouvelles voies à ses abords, et les projets de l’administration sont, à cet égard, tout à fait insuffisants.
En effet, ils n’annoncent que l'élargissement et le prolongement de la rue de l’Espérance, qui formerait une ligne presque directe entre la gare et les anciens boulevards extérieurs, el nous espérons qu’on y ajoutera quelques-unes des rues, dont les habitants ces quartiers, jusqu’alors si abandonnés, réclament le percement.
Les premiers projets de construction d'un chemin de fer de ceinture remontent à 1845 y compris pour la partie rive gauche.
Sur le chemin de fer de ceinture :
Les projets et les travaux de construction
- Ligne de ceinture rive gauche : le tracé définitif (janv. 1861)
- Le viaduc de la Bièvre (Le Siècle, 23 avril 1861)
- Gares et Stations du chemin de fer de ceinture rive gauche (1862)
- Le point sur les travaux de construction (Le Siècle, 20 juin 1864)
- Les travaux du chemin de fer de ceinture rive gauche (Le Siècle, 4 septembre 1864)
- Les travaux de la petite ceinture de l'ancien hameau du Bel-Air au pont Napoléon (avril 1865)
- Les travaux de la petite ceinture entre la route de Chatillon et la Seine (juillet 1865)
- Les travaux du chemin de fer de Ceinture : du pont Napoléon au tunnel de Montsouris (1866).
- Un nouveau chemin de fer (1867)
- Stations de Montrouge, Gentilly et Maison-Blanche (1868)
- La gare du Château-des-Rentiers (1902)
La gare de marchandises de Gentilly
Envisagée des les années 1860, la création d'une gare de marchandises sur la petite ceinture desservant les industries du quartier Maison-Blanche pris forme à partir de 1874 mais les études et les travaux trainèrent, notamment en raison de la nécésssité de créer une réesau urbain et la gare ne fut livrée à l'exploitation qu'en novembre 1882.
- Les gares de Gentilly et de Grenelle (1874)
- La nouvelle gare de marchandises dans le 13e arrondissement (1874)
- Les abords de la gare de Gentilly (1874)
- La gare marchande de Gentilly (1877)
La gare de marchandises des Gobelins
Cette gare fut également un projet à très long terme puisqu'elle ne fut mise en service que le 15 mai 1903.
La petite ceinture en fonctionnement
- Ouverture du chemin de fer de ceinture (1867)
- Le chemin de fer de ceinture (Théophile Gautier, 1870)
- De Paris à Paris par le chemin de fer de ceinture (1873)
- Affreux accident (1875)
- Horrible accident à la gare de la Maison-Blanche (1903)
- Locomotive emballée (1909)
- Le Journalier a-t-il été jeté sur la voie du Chemin de Fer ? (1910)
- De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour (1930)
La fin du trafic "voyageurs"










