Dans la presse...

 Les travaux de la petite ceinture de l'ancien hameau du Bel-Air au pont Napoléon - avril 1865

Les travaux de la petite ceinture de l'ancien hameau du Bel-Air au pont Napoléon

Le Siècle — 22 avril 1865

Les travaux en cours d'exécution pour l'achèvement du chemin de fer. de Ceinture peuvent se diviser en quatre sections, dont la première comprend le viaduc qui part de la section d'Auteuil, le pont du Point-du-Jour et l'arcature qui franchit les berges de Javel ; dont la seconde, partant de ce dernier point, se prolonge jusqu'à la route de Châtillon ; dont la troisième fait suite à la précédente jusqu'au delà de la Bièvre, et dont la quatrième enfin commence au bas de l'ancien hameau du Bel-Air et vient se souder avec la fraction déjà existante au pont Napoléon en amont de Paris.

C'est de cette dernière section que nous allons nous occuper aujourd'hui.

Après la vallée de la Bièvre, qui est franchie, comme nous l'avons déjà dit, au moyen d'un remblai de 7 mètres, la ligne rencontre le côteau du Bel-Air, qu'elle traversera au moyen d'une tranchée qu'on est en train d'ouvrir à l'ouest de l'avenue de Fontainebleau. Deux ponts de 9 métrés d'ouverture, dont un est déjà construit, livreront passage à la rue du Bel-Air et à celle du Moulin-de-la-Pointe, les deux voies principales de ce hameau annexé.

Au delà de l'avenue de Fontainebleau, voie de 45 mètres de large, que le chemin de fer franchira sous un pont de 13 mètres d'ouverture, commence une seconde section de tranchée qui coupe en biais la rue des Malmaisons jusqu'au chemin de Choisy. Ici, la chaussée va être prochainement entamée, et une passerelle en bois, qu'on vient d'établir, servira de passage provisoire en attendant la construction du pont fixe qu'on va commencer.

Au delà de l'avenue, de Choisy-le-Roi, la tranchée est beaucoup plus profonde, et le service des déblais se fait au moyen de wagonets , courant sur des rails jusqu'au delà de la porte d'Ivry, où l'on exécute des remblais considérables ; or, comme l'endroit où se font ces remblais est à un niveau inférieur à celui d'où l'on tire les terres, ces wagonets une fois chargés n'ont besoin que d'un simple mouvement d'impulsion qui les met en marche pour rouler jusqu'au lieu de la décharge d'où, une fois vides, ils sont ramenés au haut de la rampe au moyen d'un attelage.

Sur la route d'Ivry, que la tranchée traverse à 11 mètres en contre-bas, sera construit un pont semblable aux précédents. Au delà de ce pont, on commence à jeter les fondations des revêtements en maçonnerie destinés à maintenir la poussée des terres.

Après la route d'Ivry, la tranchée sera franchie plus tard par un pont qui livrera passage au prolongement projeté de la rue Nationale, lequel aboutira également à la porte d'Ivry, à droite du poste-caserne. Après le passage de la rue Nationale, la tranchée atteint une profondeur de 4 mètres car elle franchit la butte du Moulin-Neuf ; mais à 350 mètres plus loin, le sol s'abaisse subitement, et à la tranchée succède le remblai qui se prolonge jusqu'au pont Napoléon. Ce remblai dont les terrassements sont très-avancés, franchit le boulevard de l'Église au moyen d'un pont à grande portée, dont les culées en maçonnerie sont à peu près terminées, et dont le tablier de charpentes sera ultérieurement, remplacé par un tablier en métal.

À quelques mètres au delà du boulevard de l'Eglise, le remblai livre passage à un couloir blindé et surmonté d'une passerelle. Cette trouée, établie pour la rue du Chevaleret, sera bouchée plus tard, et cette rue, au lieu d'aboutir comme aujourd'hui au boulevard Masséna, où elle ne correspond à aucune issue extérieure, sera déviée vers le boulevard de l'Église au moyen d'une rue de 12 mètres qui sera ouverte au bas du talus du chemin de fer.

Après la rue précédente, le chemin de Ceinture rencontre la ligne d'Orléans qu'il franchit au moyen d’un pont de 45 mètres de portée. Ce viaduc, dont les culées en maçonnerie sont déjà faites, sera pourvu d'un tablier en métal appuyé sur des colonnes de fonte. C'est sur la partie du terrassement qui confine à ce pont que sera placée la station de correspondance avec la ligne d’Orléans.

Un peu plus loin se trouve le point de jonction de la nouvelle voie avec l'ancienne, point qui est indiqué par un jalon de tête qu'on vient de pavoiser et d'orner d'un énorme bouquet pour fêter l'arrivée au but de cette partie des terrassements.



Saviez-vous que ...

En 1911, selon Le Gaulois, on comptait onze ruelles dans Paris dont trois dans le treizième arrondissement : la ruelle des Gobelins, la ruelle des Kroumirs et la ruelle des Reculettes.

L'image du jour

Le café Dupont, place d'Italie

Vu dans la presse...

1861

Le nouveau Paris

L'ex-commune de la Maison-Blanche, au-delà du boulevard d'Italie, est une des parties annexées qui offrent le plus de difficultés pour le nivellement, car d'un côté il s'agit de franchir les hauteurs de la Butte-aux-Cailles, et de l'autre il faut remblayer des fondrières, des carrières abandonnées... (1861)

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1863

Les projets pour le XIIIe arrondissement

Le treizième arrondissement se compose, comme le douzième, d'une fraction de l'ancien Paris et d'une partie annexée. Cette dernière est comprise entre les anciens boulevards extérieurs, les rues de la Santé et de la Glacière, les fortifications et la Seine. La butte des Moulins, la butte aux Cailles et les bas-fonds de la Bièvre, en font une des régions les plus mouvementées de la zone suburbaine, et, par conséquent, une de celles qui présentent le plus d’obstacles à une viabilité régulière; de là, des tâtonnements et de longues études. (1863)

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1866

Les travaux du chemin de fer de Ceinture : du pont Napoléon au tunnel de Montsouris

Les travaux du chemin de fer de Ceinture, toujours conduits avec la même activité, sont terminés sur une grande partie, du parcours, en ce qui concerne les terrassements et les ouvrages d'art ; aussi a-t-on, déjà commencé le ballastage, la pose des voies et l'édification des bâtiments de stations. (1866)

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1861

Le viaduc de la Bièvre

On continue à s'occuper très sérieusement du tracé du chemin de fer de ceinture sur la rive gauche ; les études du pont à jeter sur la Seine et celles du viaduc dans la vallée de la Bièvre sont maintenant terminées. (1861)

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1925

Une nouvelle Cour des Miracles

Vous ne connaissez pas le passage Moret, cela n'est pas surprenant, car, sauf ses malheureux habitants, leur conseiller municipal qui se débat comme un diable pour les secourir, chacun à l'envi les oublie. Chaque fois que les représentants de l'administration se souviennent de ce restant de l'Ile des Singes, c'est pour lui causer un dommage nouveau. (1925)

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1925

Les habitants du passage Moret vont être « clos et couverts »

Les pauvres et déplorables locataires de la ville de Paris, dans son domaine de l'Ile des Singes, partie dénommée sur la nomenclature le Passage Moret, vont apprendre avec joie que l'inondation de leurs taudis, par en haut, va cesser à bref délai. (1925)

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1926

Un propriétaire avait vendu 100 francs son immeuble à ses locataires

Dans le populeux quartier des Gobelins, il est un groupe de gens à qui l'on a mis le bonheur — bonheur relatif, d'ailleurs — à portée de la main, et qui se disputent au lieu de le cueillir sagement. Ces gens demeurent sous le même toit, 9, passage Moret, voie vétuste qui semble être restée dans le même état qu'au temps des mousquetaires. (1926)

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1927

La Ville de Paris osera-t-elle jeter à la rue les locataires du passage Moret ?

La Ville de Paris, qui loue pour rien les luxueux pavillons du Bois de Boulogne aux jouisseurs et aux parasites, veut expulser de malheureux travailleurs de logements peu confortables certes, mais pour lesquels ils paient un lourd loyer. (1927)

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1927

La Ville de Paris est parvenue à faire expulser les locataires

Les locataires n'étaient pas plutôt dans la rue que des démolisseurs se mettaient à l'ouvrage pour le compte d'un garage Renault qui fait procéder à des agrandissements.
Ainsi les limousines des exploiteurs seront à l'abri et les locataires logeront où et comme ils pourront. (1927)

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1927

Dans le passage Moret où règne la misère

Que l'on démolisse les taudis, nids à tuberculose qui pullulent dans la « Ville-Lumière », nous n'y trouverons rien redire, au contraire ! Mais que sous prétexte d'assainissement, comme cela s'est produit passage Moret, on expulse, en 21 jours, au profit d'un garage, des malheureux que l’on a finalement « logés » dans des taudis sans nom, c'est un véritable scandale ! (1927)

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1937

Oasis faubourienne

Tout un coin de Paris est en train de se modifier singulièrement. Huysmans ne reconnaîtrait plus sa Bièvre. Non seulement le ruisseau nauséabond est maintenant couvert depuis bien des années, mais le sinistre passage Moret a presque complètement disparu de la topographie parisienne et, au milieu de cette année, les fameux jardins dont la jouissance était réservée aux tisseurs et dessinateurs de la Manufacture des Gobelins, vergers en friche qui, quelquefois, servaient de dépôt d'ordures aux gens du quartier, auront perdu leur aspect de Paradou abandonné. (1937)

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1938

Un jardin unique en son genre, celui des Gobelins, va être inauguré la semaine prochaine

Paris aura la semaine prochaine un nouveau jardin public, un très beau jardin. Il n’en possédera jamais trop !
Le fait est d’autant plus intéressant que ce nouveau jardin se trouve dans un arrondissement, au reste fort peuplé, le 13e, qui, il y a encore un an, ne possédait pas le moindre square. (1938)

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