Rue du Chevaleret
Locomotive emballée
Le Journal ― 24 juillet 1909

Un curieux accident de chemin de fer, qui n'a fort heureusement pas eu de graves conséquences, s'est produit hier soir, vers sept heures, sur la ligne de ceinture qui surplombe, dans le treizième arrondissement, la rue Chevaleret.
Le bruit se répandit aussitôt qu'une erreur d'aiguillage avait été commise, mais il résulte de l'enquête que cet accident ne peut être imputé à une négligence du personnel.
Venant de la nouvelle gare des Gobelins, et se dirigeant vers celle de la Râpée, un train de marchandises, chargé de sucre, devait se ranger, pour laisser passer un convoi de voyageurs, sur les lignes de garage de la station d'Orléans-Ceinture. Il venait de s'engager sur cette voie, et le mécanicien serrait ses freins pour bloquer les roues mais, soit que l'appareil n'obéît pas, soit que l'humidité du rail ait trompé les prévisions, le train continua sa marche et vint heurter violemment le butoir. La locomotive et le fourgon déraillèrent, et tandis que le chauffeur et le mécanicien sautaient précipitamment à terre, la machine, entraînée par son poids formidable, descendait le remblai et s'enfonçait dans le sol détrempé, que ses roues labouraient profondément.
Calée par les terres, elle s'arrêta, les tampons en avant, à quelques mètres de la chaussée, où l'on a monté la garde autour d'elle toute la nuit.
Aujourd'hui, elle sera descendue, sous la direction des ingénieurs, dans la rue Chevaleret, et conduite dans le chantier, tout proche, de l'Orléans. L'opération n'ira pas, toutefois, sans de sérieuses difficultés.
Les premiers projets de construction d'un chemin de fer de ceinture remontent à 1845 y compris pour la partie rive gauche.
Sur le chemin de fer de ceinture :
Les projets et les travaux de construction
- Ligne de ceinture rive gauche : le tracé définitif (janv. 1861)
- Le viaduc de la Bièvre (Le Siècle, 23 avril 1861)
- Gares et Stations du chemin de fer de ceinture rive gauche (1862)
- Le point sur les travaux de construction (Le Siècle, 20 juin 1864)
- Les travaux du chemin de fer de ceinture rive gauche (Le Siècle, 4 septembre 1864)
- Les travaux de la petite ceinture de l'ancien hameau du Bel-Air au pont Napoléon (avril 1865)
- Les travaux de la petite ceinture entre la route de Chatillon et la Seine (juillet 1865)
- Les travaux du chemin de fer de Ceinture : du pont Napoléon au tunnel de Montsouris (1866).
- Un nouveau chemin de fer (1867)
- Stations de Montrouge, Gentilly et Maison-Blanche (1868)
- La gare du Château-des-Rentiers (1902)
La gare de marchandises de Gentilly
Envisagée des les années 1860, la création d'une gare de marchandises sur la petite ceinture desservant les industries du quartier Maison-Blanche pris forme à partir de 1874 mais les études et les travaux trainèrent, notamment en raison de la nécésssité de créer une réesau urbain et la gare ne fut livrée à l'exploitation qu'en novembre 1882.
- Les gares de Gentilly et de Grenelle (1874)
- La nouvelle gare de marchandises dans le 13e arrondissement (1874)
- Les abords de la gare de Gentilly (1874)
- La gare marchande de Gentilly (1877)
La gare de marchandises des Gobelins
Cette gare fut également un projet à très long terme puisqu'elle ne fut mise en service que le 15 mai 1903.
La petite ceinture en fonctionnement
- Ouverture du chemin de fer de ceinture (1867)
- Le chemin de fer de ceinture (Théophile Gautier, 1870)
- De Paris à Paris par le chemin de fer de ceinture (1873)
- Affreux accident (1875)
- Horrible accident à la gare de la Maison-Blanche (1903)
- Locomotive emballée (1909)
- Le Journalier a-t-il été jeté sur la voie du Chemin de Fer ? (1910)
- De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour (1930)
La fin du trafic "voyageurs"


En janvier 1903, le quotidien Le Français s’étonnait que des rues de Paris étaient encore éclairées par des quinquets et signalait que M. Henri Rousselle, conseiller municipal du quartier de la Maison-Blanche, avait déposé une proposition pour demander l'éclairage au gaz de la rue Vergniaud, voie reliant le boulevard d’Italie à la rue de Tolbiac, à peine praticable dès la tombée de la nuit, en raison de l’obscurité qui y régnait. Les six lampes à huile qui s'y trouvaient, ne donnaient en effet qu’un faible éclat et de nombreux accidents se produisaient journellement par suite du manque de lumière.