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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

menu - Sur la Bièvre

Sur la Bièvre ...

Paris qui s'en va

A. Hermant (1865)

La Bièvre

Charles Frémine (Illust. Auguste Lançon) (1876)

La Bièvre (in Croquis parisiens)

J.K. Huysmans (1880)

Pauvre Bièvre !

Le Rappel (1883)

La Bièvre

J.K. Huysmans (1886)

La disparition de la Bièvre

Le Journal des débats politiques et littéraires (1893)

La Bièvre

G. Lenotre (1896)

La Bièvre déborde

Pierre Véron (1897)

La Bièvre

Louis Sauty (1898)

La Bièvre (Paris qui s'en va)

Gustave Coquiot (1903)

Le long de la Bièvre

Georges Cain (1905)

La perdition de la Bièvre

Adrien Mithouard (1906)

La couverture de la Bièvre

A.-J. Derouen (1907)

La rivière perdue (Léo Larguier)

Le Journal des débats politiques et littéraires (1926)

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le pont d'Austerlitz entre la place Walhubert et la place Mazas a été construit de 1802 à 1807 par Beaupré. Ses arches sont en pierre depuis 1854-1855 en remplacement des arches en fer fondu de la première construction.


Avant de recevoir le nom de Paul Verlaine en 1905, la place Paul Verlaine était tout simplement appelée place du puits artésien.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

Article - inclus

Noté dans la presse...

1910

La crue persiste

Au service hydrométrique, on escompte la cote de 5m. 20 à Paris-Austerlitz d'ici
à lundi matin et on espère qu'elle ne sera pas sensiblement dépassée.

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sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Excédé de l'inconduite de sa femme un gazier la blesse d'un coup de revolver - 1929

Excédé de l'inconduite de sa femme un gazier la blesse d'un coup de revolver

Le Petit-Parisien  ― 10 janvier 1929

Au cour» d'une querelle de ménage, survenue, hier soir, vers 21 heures, au sixième étage, 137, boulevard de l'Hôpital, Henri Noirot, vingt-huit ans, gazier, a tiré deux coups de revolver sur sa femme, Alice, vingt-neuf ans. Celle-ci  a été atteinte d'une balle dans le dos.

Prévenus par des voisins, des gardiens de la paix ont transporté la blessée à la Pitié où son état n'a pas été jugé grave. Arrêté, le mari meurtrier a déclaré que depuis trois années, ses trois enfants et lui menaient une existence lamentable, sa femme se livrant à la boisson et à la débauche.

Hier soir, comme d'habitude, Noirot, en rentrant de son travail, n'avait pas trouvé le diner  prêt ; ses enfants n'étaient pas encore débarbouillés. Il adressa  à sa femme des reproches, auxquels elle répondit par des injures et des menaces. D'où le drame. Les témoignages des voisins sont favorables au gazier.


 Une journée sanglante - 1895

Une journée sanglante.

Le Matin 25 mars 1895

C’est ainsi qu’on pourrait nommer la journée d’hier, au cours de laquelle il n’a été question que de coups de revolver et de coups de couteau.

Un sujet belge, Mime, se trouvant en état d’ivresse, cherche noise, rue de la Butte-aux-Cailles, à un sieur Beaucheron. Les agents Rostan et Carpentier interviennent. Mime décharge un- revolver sur le groupe et blesse Beaucheron au-bras gauche.

Le meurtrier qui s’enfuyait a pu être arrêté.


 La perdition de la Bièvre 2/

La perdition de la Bièvre 2/3

Il y avait longtemps que les méchants avaient juré sa perdition. Déjà au XIIè siècle, avant les jours où Dante vint habiter sur ses bords, les religieux de Saint-Victor l'avaient un peu taquinée, lui imposant de traverser leur enclos, dans les parages où une rue garde encore son nom, et de se jeter dans la Seine en face de Notre-Dame. Louis XII voulut lui faire reprendre son cours ; mais depuis lors son embouchure resta douteuse. Dites-moi si une rivière peut se bien conduire, qui est incertaine de sa destination. Au XVIè siècle il advint une fois que la Bièvre fut grosse, la pauvre petite. On allait lui faire son procès, lorsque deux jours plus tard la Seine se livra à son tour à un débordement. L'inondation de la Seine refoula celle de la Bièvre, dont les eaux coulèrent à l'envers. Elle devait en voir bien d'autres.

C'est à sa source en réalité que ses tribulations commencent. A peine elle est venue au monde qu'on lâche sur elle les eaux de l'étang de Saint-Quentin pour augmenter son débit et l'empêcher de flâner en route. Aussitôt née, on lui flanque une douche — toutefois quand on a de l'eau ! Elle arrive à Buc : on la fait passer sous un gigantesque pont de pierre, non pas un de ces honnêtes ponts à deux pentes sur lesquels un âne paraît si gentil, mais un ouvrage babylonien, un énorme pont à deux étages, en haut duquel passe une autre rivière. « Regarde bien, lui dit-on, les rivières, nous les faisons couler dans le ciel, nous savons de même les faire circuler dans les ténèbres de la terre. Toi aussi tu joueras un jour à saute-mouton. » En sorte que, tandis qu'on la tance à Bouviers pour ce qu'elle n'a pas assez d'eau, on lui retire ici les eaux du Trou-Salé, de Saclay, de la Mare Malheureuse, pour les faire passer sur sa tête et les mener aux jeux royaux de Versailles. Bientôt, pour qu'elle perde décidément le fil de son cours, on lui persuade de s'en aller à son tour en l'air et on la conduit à flanc de coteau, dans la montagne russe des moulins. Le lit qu'elle abandonne au fond de la vallée n'est plus qu'un cloaque où pullulent les rats et les moustiques jusqu'à ce qu'elle y retombe échevelée. C'est le hard-labour qui commence et le peu de force qu'elle véhicule est plié à d'incroyables travaux. On la courbe, on l'estropie, on la sangle, on la met à la meule. En 1822, au moulin Croulebarbe elle mouvait une tréfilerie, au moulin Fidel elle pulvérisait du charbon animal, au moulin Copeau elle faisait du vermicelle, au moulin Ponceau du papier. Aujourd'hui au moulin de l'Hay, elle lave du varech; au moulin de la Roche, elle fabrique des capsules métalliques pour bouchage ; au moulin de Gentilly, elle broie de la moutarde. Elle ne travaille pas, elle turbine. Trente-deux blanchisseries à Cachan, cent douze à Arcueil y déversent, roses, laiteuses ou fumantes, leurs eaux résiduaires. En échange de ses dérisoires services, les lieux habités lui rejettent tout ce qu'il y a de liquide ou de presque liquide dans leurs immondices. À mesure que les communes s'accroissent et que leurs habitants se multiplient, la Bièvre, se conformant à la densité des populations, devient plus sirupeuse. Ses eaux noirâtres ont des reflets tantôt vert réséda et tantôt bleu corbeau où filent de grandes baves d'argent. Les raffinements avec lesquels est patinée sa souillure sont inconcevables. Paris y infuse ses relents secrets en envoyant tremper son linge sale dans cette vallée.

À Gentilly toute une cuadrilla de mégissiers, de tanneurs, de corroyeurs, de laveurs de bourre et de laine, de féculiers entre en scène, plus de soixante fabriques, et passe son ancienne robe d'innocence dans des jus nouveaux. C'est une messe noire. On lui applique, moites encore, la peau des bêtes et l'écorce des chênes; les crimes se marient sauvagement en elle : elle est en proie à ceux qui écorchent les animaux et à ceux qui écorchent les arbres.

Ses affluents d'ailleurs sont dans la conspiration, tous les petits débits d'eau qui la pourraient rafraîchir d'un filet de vinaigre, le ruisseau des Godets qui prétexte des rétentions, le ruisseau de la Fontaine du Moulin qui reçoit les eaux louches de Bourg-la-Reine et de Sceaux et dont la rigole immonde promenait un tel choléra qu'on a dû le supprimer de peur qu'il ne figeât d'un seul coup la Bièvre et ne mît la peste dans le pays, le ruisseau de Fresnes qui mesure avec un compte-goutte les petites doses de ses violents extraits. Quant au ruisseau de Wissous qui du moins en hiver pourrait lui apporter le réconfort d'une certaine quantité d'eau, une société de glacières l'a supprimé.

La Bièvre recevait autrefois les belles eaux des fontaines de Rungis. On les a subornées. Une criminelle Italienne se chargea de consommer l'empoisonnement, jadis en effet un nommé Constance Chlore (il s'appelait ainsi et son nom dans l'histoire de la Bièvre est d'une âcreur particulière) avait capté les sources de Rungis et construit à Arcueil, pour les amener aux thermes de Julien, un aqueduc depuis lors tombé en ruines. Marie de Médicis recommença l'entreprise de ce chlorhydrique Gréco-Latin et fit édifier un nouvel aqueduc pour alimenter le Luxembourg qu'elle venait de construire. C'est cette Florentine qu'il convient de charger des calamités de la Bièvre, attendu que jusqu'à Henri IV la Bièvre et ses riverains vivaient heureux ensemble, sans que nul n'eût jamais porté plainte contre elle. Une situation nouvelle fut déterminée par la reconstruction de l'aqueduc d'Arcueil. C'était la grève des eaux qui commençait. À force de s'écouter jaser, tous ces ruisselets avaient fini par se laisser monter. La Bièvre fut mise en quarantaine par tous ces menus bavards. L'aventure méphistophélique de Bue n'avait fait que redoubler la brimade à d'Arcueil. Et c'est ainsi que par deux fois ses affluents s'envolèrent méchamment au-dessus d'elle.

Alors abrutie, asexuée, vidée, elle n'eut même plus la force de se dépoisser d'entre ses bords, où désormais elle collait trop pour s'écouler. Pour la surexciter par des sensations neuves, de temps à autre on la forçait encore à quitter son lit, des truands lui faisaient des passes, on la magnétisait, on l'obligeait de dédoubler sa personne en rivière vive et rivière morte, comme s'il lui était possible d'être plus sale qu'elle-même. Quand il fut bien démontré qu'elle n'en pouvait plus, on lui donna un affreux gardien, chargé de la suivre pas à pas, de peur qu'une bonne âme ne la prît en pitié et pour écarter d'elle, à force de parfums, la commisération du dernier poète. On lui adjoignit une rigole d'eau sale, parallèlement. C'est le collecteur départemental qui, sous prétexte de la soulager, l'accompagne, la soutient avec des flacons d'horribles salures, recueille les excédents de l'eau puante qu'on lui destinait, la déshonore par surcroît, parfois même emprunte son bras mort, le voyou enfin qui couche dans son lit pour la garder.

Et comme il n'y a pas de mauvaise aventure dans laquelle un savant ne puisse avec le plus grand sérieux jouer un rôle ridicule, on pria un jour Arago d'intervenir, car on en avait tant et tant fait, on avait tellement mortifié la pauvre petite, que l'on redoutait qu'elle ne tombât en l'état comateux. Le savant décida avec gravité qu'il convenait de lui inoculer du sérum. Il fit donc, en 1845, forer quelques puits artésiens pour lui transfuser de l'eau !


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