Un jour dans le 13e

 Les abris pour les gardes nationaux

Les abris pour les gardes nationaux

Le Figaro — 5 octobre 1870

La question des abris pour les gardes nationaux campés aux remparts ou sur les boulevards extérieurs mérite d'attirer l'attention, surtout à mesure que les nuits de viennent plus froides et plus difficiles, à passer. On nous signale, à ce sujet, un fait regrettable que nous croyons devoir livrer la publicité. Les 6e et 7e compagnies du 59e bataillon se trouvaient de garde, dans la nuit du 29 au 30 septembre, boulevard de la Gare, près de la raffinerie de M. Say. L'adjudant-major avertit que 120 hommes au moins pourraient s'abriter dans cet établissement La nuit arrivée, on s'y rendit, on ne trouva; qu'une cour au pavé, gras et humide, où l'on invitait les gardes nationaux à s'étendre pour passer la nuit.

La raffinerie Say, boulevard de la Gare

On réclama du moins quelques bottes de paille : mais le concierge ou l'intendant ré pondit que, n'ayant pas reçu d'ordres, il ne pouvait rien donner.

Les capitaines, indignés de voir leurs hommes moins bien-traités que les bœufs parqués à côté d'eux, ordonnèrent volte-face et quittèrent la maison pour aller camper dans la rue, sur le trottoir, où les deux compagnies passèrent la nuit.

Nous n'aurions pas-ajouté foi à un fait aussi contraire aux lois les plus élémentaires de l'humanité, s'il ne nous était garanti par un des garder nationaux du 59e bataillon.

(Le titre a été ajouté)


Saviez-vous que... ?

Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.

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Initialement, le boulevard Arago devait s'appeler Boulevard de la Santé.

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La rue Duméril s'appela rue du Gros-Caillou au XVIIè siècle, puis fit partie de la rue du Marché-aux-Chevaux. Son nom actuel lui fut donné en 1865 en l'honneur de Constant Duméril, naturaliste (1774-1860). La rue ne communique avec le boulevard que par un escalier.

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En 1880, on décida de l'installation de postes-vigies dits postes-avertisseurs fonctionnant au moyen d'un télégraphe à cadran permettant de rentrer en communication avec la plus proche caserne de pompiers où un soldat du feu était toujours présent afin de recevoir la déclaration de personnes venant faire connaître un incendie. L'un des ces postes fut installé au 26 de la rue des Cinq-diamants.

L'image du jour

Bastion 91 boulevard Masséna

Situé entre les portes d'Ivry et de Vitry, le site du bastion 91 est aujourd'hui occupé par la caserne de pompiers Masséna.