Un jour dans le 13e

Une initiative de M. SAY

Une initiative de M. SAY

La Presse — 1er octobre 1870

M. C. Say, raffineur, boulevard de la Gare, 123, étant obligé, dans les circonstances actuelles, d’arrêter sa fabrication, et par suite de laisser sans travail son nombreux personnel, qui s'élève de 1,000 à 1,100 ouvriers, vient d'afficher l’avis suivant dans ses ateliers :

Raffinerie C. Say

Prenant en considération la position difficile des ouvriers da la raffinerie qui font ou peuvent faire partie de la garde nationale, et désirant autant que possible leur venir en aide ; j'ai décidé, qu'il leur serait alloué :

1° Quinze centimes par heure passée à un service quelconque de la garde nationale ;

2° Vingt centimes par heure passée à la raffinerie en dehors de ce service, sans que pourtant le nombre d'heures puisse excéder dix heures par jour.

Chaque ouvrier devra indiquer le bataillon et la compagnie dont il fait partie, et devra justifier du temps passé au service de la garde nationale.

3° Quant aux ouvriers qui par leur âge ou par suite de circonstances particulières ne peuvent en faire partie, ils recevront trente centimes par heure de présence à la raffinerie, sans que la journée puisse excéder dix heures par jour. (Ces derniers ouvriers ne touchant pas l'indemnité accordée par le gouvernement.)

Paris, le 23 septembre 1870.

C. SAY
(Le titre a été ajouté)


La raffinerie Say

Lorsqu'on regarde des plans de Paris de la première moitié du XIXè siècle, on constate qu'un "cimetière du sud-est" est souvent dessiné à droite de la barrière de Fontainebleau en sortant de Paris. Ce cimetière, qui ne verra jamais le jour, devait être le pendant de celui, créé celui-là, qui deviendra le cimetière du Montparnasse. Dès lors, le coin nord-ouest du futur quartier de Gare, changera de destin, restant pour quelques années encore la partie la plus excentrée d'Ivry mais vivant de sa proximité immédiate de Paris.

La nouvelle raffinerie de la Jamaïque

En 1828, une raffinerie de sucre dite la "nouvelle raffinerie de la Jamaïque" sise "boulevard de l'hôpital extérieur" sur la commune d'Ivry, est à vendre sur licitation. On ignore quand cette raffinerie a été créée mais on sait qu'en 1826, un inventaire de succession en témoigne, elle était dans le patrimoine d'un nommé Jean-Amable de Juré (1773-1826), né à Nantes, colon réfugié de Saint-Domingue et qu'elle était exploitée par un nommé J.-J. Prévost qui possédait une autre raffinerie de sucre à Paris et qui se désintéressa, en  1830, de celle d'Ivry.

Cette vente sur licitation fut de toute évidence infructueuse, mais il est sûr qu'après de retrait de J.-J Prévost, la raffinerie devint en 1831 la propriété de Louis Say qui exploitait déjà une raffinerie à Nantes. Louis Say décèdera en 1840. La raffinerie sera exploitée ensuite par Constant Say, puis Henri Say qui s'associera avec Ernest Cronier.

En 1905, ce dernier tentera une opération de manipulation du cours des sucres qui échouera. Ce sera le "Krach des sucres". Il y laissera sa fortune et la vie puisqu'il se suicidera devant le désastre.

La raffinerie Say vue en 1890

Les articles publiés lors du "Krach des sucres"

L'accident de 1908

Voir aussi

La raffinerie Say se dota en 1869 d'un puits artésien construit en moins de 2 ans sans aucun problème tandis que le puits artésien de la butte-aux-Cailles, lancé 5 ans plus tôt s'enfonçait dans les difficultés. Un second puits fut creusé en 1936.



Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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La statue de Jeanne d'Arc située boulevard Saint-Marcel est due au sculteur Émile-François Chatrousse renommé pour être représentatif de l'art du Second Empire.

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Selon un article du Figaro du 29 août 1905, le 13e arrondissement comptait alors 938 jardins privés.

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En 1880, on décida de l'installation de postes-vigies dits postes-avertisseurs fonctionnant au moyen d'un télégraphe à cadran permettant de rentrer en communication avec la plus proche caserne de pompiers où un soldat du feu était toujours présent afin de recevoir la déclaration de personnes venant faire connaître un incendie. L'un des ces postes fut installé au 26 de la rue des Cinq-diamants.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.