Dans la presse...

 Un Meeting des Locataires de la Cité Jeanne-d’Arc - 1912

Un Meeting des Locataires de la Cité Jeanne-d’Arc

Le Journal — 25 novembre 1912

L'on sait que l'Assistance Publique a racheté la cité Jeanne-d'Arc pour faire démolir les noires masures qui la composent et édifier à leur place, sur les cinq mille mètres carrés qui s'étendent là, au fond de ce populeux quartier de la Gare, entre les rue Jeanne-d'Arc et Nationale, des maisons ouvrières à bon marché, gaies, saines et claires.

La Cité Jeanne-d'Arc vue de la rue Jeanne-d'Arc

Le même sort attend la Cité Doré, un autre ghetto sinistre et saie dont les ruelles serpentent dans le même treizième arrondissement, de la rue Jenner à la place Pinel. Cette mesure, réclamée depuis longtemps, est, nous l'avons dit, nécessaire. Les plus élémentaires soucis de salubrité et d'hygiène l'exigent impérieusement. Mais son exécution, encore lointaine, du reste, va poser un problème assez irritant et dont il importe de se préoccuper.

Dans ces deux cités sont logés plus de douze cents ménages, qui n'ont trouvé que là à abriter leurs nombreux enfants et cela moyennant un loyer et des conditions de payements qui n'existent pas ailleurs. Que deviendra toute cette population modeste — près de trois mille âmes — quand la pioche des démolisseurs abattra les taudis qui sont encore, malgré tout un home familial et un asile !

Les intéressés se sont réunis, hier après-midi, sur une convocation de la Fédération internationale des locataires, pour délibérer sur la situation et l'attitude à adopter en cas d'expulsion.

Le meeting devait se tenir à trois heures en bordure de la Cité Doré, dans un grand terrain accédant à la place Pinel, Mais il y fut interdit, cet endroit étant considéré comme une place publique.

Les assistants qui se trouvaient déjà au nombre de près d'un millier, s'inclinèrent sans protester devant cette mesure et allèrent se masser au cœur même de la Cité, sur le terre-plein d'un carrefour lépreux, pour entendre les orateurs annoncés. Il y avait MM. Cochon, Deschamps, tous les leaders de la fédération des locataires.

La réunion, qui se prolongea jusqu'à cinq heures, se termina par le vote de l'ordre du jour suivant qui résume les discours prononcés et les dispositions adoptées :

Les habitants de la cité Jeanne-d'Arc et de la cité Doré, tennis au nombre de 1.500, émus des bruits de démolition des immeubles qu'ils habitent,

Considérant que les loyers à Paris sont d'un prix inabordable et que partout les familles nombreuses sont chassées comme des parias ; qu'il y a par conséquent impossibilité de trouver ailleurs un logement en rapport avec leurs ressources,

Demandent à l'Assistance publique et au Conseil municipal de mettre à leur disposition, avant la démolition des locaux qu'ils habitent, et cela aux conditions actuelles, le nombre nécessaire de maisons ouvrières à bon marché ;

Prennent l'engagement de former dès maintenant une organisation puissante pour soutenir leurs intérêts, et se séparent aux cris de   « Vive la taxation des loyers ! À bas le privilège des propriétaires ! »

L'auditoire se sépara sans incidents en criant: « Vive Cochon !» et en chantant l’Internationale.

En prévision des manifestations, un important service d'ordre avait été organisé par M. Ringel, officier de paix du treizième arrondissement, mais il n'eut pas à intervenir.



A propos de la Cité Jeanne d'Arc

Sur les événements du 1er mai 1934

La fin de la Cité Jeanne d'Arc

Faits divers

Des textes de Lucien Descaves

La cité Jeanne d'Arc dans la littérature

Dans la presse...


Renseignement bien donné, circulation améliorée

Les boulevards qui font le tour de Paris ont été aménagés, élargis. De nombreux passages souterrains leur permettent d'éviter le croisement avec les routes nationales lorsqu'elles pénètrent dans la capitale. (1938)

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M. Albert Lebrun inaugure le monument élevé « à la gloire des mères françaises »

Cet après-midi, à 15 heures, a eu lieu, boulevard Kellermann, près de la porte d'Italie, l'inauguration du monument érigé à la gloire des mères françaises. La cérémonie s'est déroulée en présence du président de la République et de Mme Albert Lebrun, et de hautes personnalités. (1938)

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La statue du docteur Pinel

On va prochainement ériger sur la place de la Salpêtrière la statue en bronze du docteur Pinel. (1883)

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Inauguration de l'hôpital école de la Croix-Rouge

La Société de la Croix-Rouge française a inauguré, hier après-midi, l'hôpital-école qu'elle a fait édifier, rue des Peupliers, dans le treizième arrondissement. (1908)

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M. Steeg, maire de Berlin, à l'école de la rue Küss

Le Docteur Steeg, maire de Berlin, ou plus exactement, président de l'administration municipale de la capitale du Reich est, depuis quelques jours, on le sait, l'hôte de Paris. (1941)

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Saviez-vous que... ?

Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

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En mars 1911, à la suite de nombreuses plaintes déposées par des commerçants de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel. M. Yendt, commissaire de la Salpêtrière, arrêtait et envoyait au dépôt, sous l'inculpation de vol, les nommés Auguste Doré dit Godard, vingt-quatre ans, demeurant en garni rue Grange-aux-Belles, et Pierre Debosse, vingt-six ans, sans domicile.

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Les travaux du pont de Tolbiac enjambant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans commencèrent le 1er avril 1893.
Le pont fut inauguré par le Président de la République M. Félix Faure, le 15 juillet 1895.

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En décembre 1922, la commission du vieux Paris s’intéressait à des fouilles réalisées 54 rue Brillat-Savarin à l’occasion du creusement d’un puits profond et prenait acte qu’au n°79 de cette même rue, qui correspond sensiblement au parcours d’un ancien bras de la Bièvre converti en partie en égout, on pouvait voir très en contrebas, à la cote 36,03, l’ancien sol correspondant à peu près au niveau de la rive gauche de ce bras, le sol de la rue était à cet endroit à la cote 43,73 soit une hauteur de remblai de 7m70.

L'image du jour

La mairie du XIIIe

Le premier bâtiment de la Mairie en façade de la place d'Italie est dû à Paul-Henri Bonnet, architecte né en 1828, grand prix de Rome. Les travaux commenèrent en 1873. Bonnet les suivit jusqu'à sa mort en 1881. Des extensions de la mairie furent peu à peu constuites et elle occupa finalement, à la fin du XIXe siècle, tout le quadrilatère formé par la place d'Italie, l'avenue des Gobelins, la rue Philippe de Champaigne et le boulevard de l'Hôpital.