Dans la presse...

 Les vingt arrondissements du nouveau Paris - 1859

Les vingt arrondissements du nouveau Paris

Journal des débats politiques et littéraires — 27 février 1859

Nous avons reproduit, d'après le Moniteur, le rapport adressé à l'Empereur par le ministre de l'intérieur sur les nouvelles limites de Paris ; nous avons aussi reproduit le décret du 9 février 1859, qui a ordonné l'enquête préliminaire prescrite par la loi du 18 juillet 1857 ; plus tard, lorsque cette enquête sera terminée, et avant que le Corps Législatif ait voté la loi qui seule peut prescrire l'extension du périmètre de la capitale, nous reviendrons sur quelques unes des graves questions que soulève cet important projet; nous ne voulons nous occuper aujourd'hui que de la division nouvelle de Paris en vingt arrondissements.

Cette division a déjà figuré dans nos colonnes, d'après un tableau que nous avions emprunté à un journal du soir ; mais ce tableau, très incomplet, ayant donné lieu à de nombreuses demandes d'explications de la part des intéressés, nous croyons devoir présenter une analyse beaucoup plus détaillée des nouvelles circonscriptions, comparées aux anciennes, et cela d'après le plan officiel, qui mis en vente depuis quelques jours, excite vivement la curiosité publique.

Les 20 arrondissements du nouveau Paris

Le premier arrondissement est formé de différentes parcelles empruntées à six des arrondissements actuels, à savoir : le 1er, le 2e, le 3e, le 5e, le 11e et enfin le 4e, qu'il absorbe tout entier. Il forme un vaste carré long compris entre la place de la Concorde, la rue Saint-Florentin, le boulevard de la Madeleine à gauche, et à droite le boulevard de Sébastopol, depuis l'église Saint-Leu jusqu'à la place du Châtelet ; au nord, sa limite est tracée par la rue Neuve-des-Capucines, la rue Neuve-des-Petits-Champs, la place des Victoires, la rue Pagevin et la rue Mauconseil ; au midi se trouve la Seine, depuis le pont de la Concorde jusqu'au pont au Change, en y comprenant la portion de la Cité qui appartient aujourd'hui au 11e arrondissement ; c’est-à-dire tout l'angle situé entre la rue de la Barillerie et le terre-plein du Pont-Neuf. Ainsi composé, le 1er arrondissement occupera le centre du nouveau Paris ; il renfermera les Tuileries, le Louvre ; le Palais-Royal, les Halles centrales, la Banque, le Palais-de-Justice et la préfecture de police.

Le second arrondissement absorbe tout l'ancien 9e, une grande portion du 7° et quelques îlots du 8e ; il comprend le reste de la Cité et l'Ile Saint-Louis ; au nord il est bordé par la rue Rambuteau, la rue de Paradis et la place Royale ; à droite, par le boulevard Beaumarchais, la place de la Bastille et le canal Saint-Martin, enfin, à gauche, par le boulevard de Sébastopol, depuis la rue Rambuteau jusqu'au pont Saint-Michel. Dans le nouveau second arrondissement nous trouvons l'Hôtel-de-Ville, la tour Saint-Jacques, l'Arsenal et Notre-Dame.

Le troisième arrondissement est formé de di verses parties empruntées au ler,1er, au 2e, au 3° et au 5e : il est compris au nord par toute la ligue des boulevards, depuis le boulevard des Capucines jusqu'au boulevard de Sébastopol ; il est séparé du nouveau premier arrondissement par la ligne que nous venons d'indiquer, et qui, commençant à la Madeleine, aboutit à l'église Saint-Leu, en passant par la place des Victoires. La Bourse, la Bibliothèque, l'Opéra-Comique et les Variétés sont compris dans le 3e arrondissement, qui se trouve aussi conserver sa mairie actuelle.

Le quatrième arrondissement ne garde rien de son ancienne circonscription ; il est formé de trois parties égales empruntées au 6e, au 7° et au 8e arrondissements ; faisant suite au nouveau 3e, il commence au boulevard Saint-Denis, et continue toute cette ligne jusqu'au boulevard Beaumarchais ; à gauche, il est borné par le boulevard de Sébastopol, et au midi il est séparé du 1er arrondissement par une série de voies publiques commençant à la rue Rambuteau et aboutissant à la rue du Pas-de-la-Mule. Le 4e arrondissement, qui va céder au 1er la belle mairie qu'on lui destinait sur la place Saint-Germain-L’auxerrois, obtiendra en échange le Conservatoire des Arts-et-Métiers, le Temple et l'lmprimerie impériale.

Le cinquième arrondissement est taillé tout entier dans le périmètre du 1er arrondissement actuel ; il est borné au nord par le boulevard extérieur, depuis la barrière de Clichy jusqu'à l'arc de l’Etoile ; au midi, la Seine l'enveloppe depuis le pont de l'Alma jusqu'au pont de la Concorde; à gauche se trouvera un des nouveaux boulevards que l'on va ouvrir dans Chaillot; à droite la rue Saint-Florentin, la rue de la Ferme, la rue du Havre et la rue d'Amsterdam. L'Élysée, la Madeleine, le Palais de l'lndustrie, le parc de Monceaux, l'embarcadère Saint-Lazare se trouveront dans le 3e arrondissement, qui, comprenant le faubourg Saint-Honoré et les Champs-Élysées, va devenir la circonscription la plus aristocratique de Paris.

Le sixième arrondissement comprendra tout l'ancien second, entre la ligne des boulevards, depuis la rue de la Ferme-des-Mathurins jusqu'à la rue du Faubourg-Poissonnière ; au nord il sera bordé par les boulevards extérieurs, entre la barrière de Clichy et la barrière Poissonnière • dans le 6e arrondissement on trouvera l'Opéra l'église Notre-Dame-de-Lorette et le lycée Bonaparte.

Le septième arrondissement est formé des deux portions du 3e et du 5e, comprises entre les boulevards et le mur d'enceinte actuel; il s'appuie, du côté gauche, sur le faubourg Poissonnière qui la sépare du 6e, et, du côté droit, sur le faubourg du Temple qui lui sert de limite avec le 8e ; l'hôpital de La Riboisière, les embarcadères de Strasbourg et du Nord, l'église Saint-Vincent-de-Paul, l'hôpital Saint-Louis, le Gymnase, la Porte-Saint-Martin et l'Ambigu se trouveront dans le septième arrondissement.

Le huitième arrondissement conserve à peu près sa circonscription actuelle, sauf les petites parcelles que nous lui avons vu céder au 2e et au 4e. Compris entre la ligne des boulevards, depuis le faubourg du Temple jusqu'au fau bourg Saint-Antoine, il resté comme aujourd'hui séparé des communes environnantes par le mur d'enceinte, depuis la barrière de Belle ville jusqu'à celle de Montreuil. Tous les théâtres du boulevard du Temple appartiendront au 8e arrondissement.

Le neuvième arrondissement est, dans l'ordre numérique, le premier dont la nouvelle circonscription franchit la limite actuelle de Paris pour s'étendre jusqu'aux fortifications. Il se compose, dans Paris, de la partie restante du 8e arrondissement, et au dehors des murs, ii absorbe une fraction des communes de Bercy, de Saint-Mandé et de Charonne. Comme on le voit, le neuvième arrondissement nouveau ne conserve rien de ses limites présentes. La barrière du Trône, l'embarcadère de Lyon et Mazas se trouveront dans cet arrondissement.

Le dixième arrondissement au contraire garde à peu près ses limites actuelles ; seulement à gauche, au lieu d'être terminé comme aujourd'hui par le mur d'octroi, il s'arrêtera à l'avenue de Suffren et cédera au nouveau 18e arrondissement tout cet angle de terrain ; à droite aussi, il aboutira rue des Saints-Pères et rue de Sèvres, et cédera quelques Ilots au 11e arrondissement.

Le onzième arrondissement est également à peu près maintenu dans sa circonscription actuelle, sauf ce qu'il prend au 10e du côté de la rue du Cherche-Midi, et ce qu'il enlève aussi au 12e, entre la rue d'Enfer et la rue Saint-Jacques. Le boulevard Montparnasse lui sert de limite au midi, et toute la zone qui se trouve actuellement entre ce boulevard et le mur d'en ceinte devient la propriété du nouveau 19e arrondissement.

Le douzième arrondissement est tout entier compris dans les anciennes limites. Seulement au lieu de s'étendre au midi jusqu'aux barrières, il se trouve bordé par le nouveau boulevard Saint-Marcel, qui l'englobe depuis le boulevard du Montparnasse jusqu'au débouché du pont d'Austerlitz.

Auteuil, Passy et tout le quartier Chaillot composeront le treizième arrondissement, qui se trouvera ainsi enveloppé entre le bois de Boulogne et la Seine. L'avenue de Neuilly lui servira de limite au nord.

Le quatorzième arrondissement comprend la commune de Batignolles tout entière, les Ternes et une portion de Neuilly. Cet arrondissement s'appuie sur le Paris actuel, de la barrière de l'Etoile à la barrière de Clichy ; il se trouve ainsi compris entre l'avenue de Neuilly et la route de Paris à Saint-Ouen.

Montmartre et La Chapelle forment le quinzième arrondissement, de la barrière de Clichy à la barrière des Vertus, c'est-à-dire de la route de Saint-Ouen à la, route d'Aubervilliers.

Le seizième arrondissement embrasse toute la commune de La Villette et la moitié de celle de Belleville, c'est-à-dire la portion comprise entre la rue de Meaux et la rue de Paris.

Le reste de cette commune et celle de Charonne en entier composeront le dix-septième arrondissement, qui comprendra le cimetière du Père-Lachaise.

Sur la rive gauche, le dix-huitième arrondissement sera formé par les communes de Grenelle de Vaugirard et de Plaisance et en outre par la portion du 10° arrondissement actuel qui se trouve entre le mur d'octroi et l'avenue de Suffren.

Il en sera de même du dix-neuvième arrondissement ; il prendra dans le 11e arrondissement la zone comprise entre le boulevard extérieur et le boulevard du Montparnasse plus, le Petit-Montrouge et le Petit-Gentilly Le cimetière du Montparnasse se trouvera dans le 19e arrondissement.

Le vingtième arrondissement enfin, comprenant la Glacière, le Bel-Air, le village d'Austerlitz, la Maison-Blanche, c'est-à-dire différentes portions de Gentilly et d'Ivry, empruntera aussi au 12e arrondissement ce qui se trouve compris entre le mur d'octroi et le nouveau boulevard Saint-Marcel.

Telle est dans la plus vigoureuse exactitude la nouvelle circonscription de la capitale, dont le périmètre présentera un développement de 39 kilomètres et une superficie de 7,088 hectares, c'est-à-dire une augmentation de 3,800 hectares.

D'après le tableau que nous venons de présenter, on voit que 11 communes sur 88 seront entièrement supprimées dans le département de la Seine et réunies à Paris, à savoir : Auteuil, Passy, Les Batignolles, Montmartre, La Chapelle, La Villette, Belleville, Bercy, Vaugirard et Grenelle.

Treize autres communes sont conservées ; elles cèdent à Paris des portions de territoires plus ou moins considérables, et reçoivent en échange les parcelles des communes que l’on supprime et qui se trouvent situées au delà des limites de la ligne défensive ; les communes ainsi remaniées sont : Neuilly, Clichy, Saint-Ouen, Aubervilliers, les Prés-Saint-Gervais, Pantin, Bagnolet, Saint-Mandé, Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves et Issy. Il reste enfin quatre communes qui, sans céder aucune fraction de leur territoire se trouveront agrandies par l’adjonction du territoire des communes supprimées restant au delà des limites de Paris ; nous voulons parler de Boulogne, de Saint-Denis, de Montreuil et de Charenton.

En suivant sur une carte du département les indications que nous venons de donner d'après le plan officiel dressé par l'administration, il sera facile à chacun de reconnaître dans quel arrondissement il se trouvera rangé, si la loi à intervenir ne modifie en rien le projet qui est en ce moment soumis à l'enquête dans toutes les mairies du département de la Seine.

V. CAMUS


Les futures grandes voies du XIIIe

Sur les futurs boulevards Saint-Marcel et Port-Royal :

Sur le futur boulevard Arago :

Sur la future avenue des Gobelins :

Sur les boulevards extérieurs

Sur la rue de Tolbiac (rue du Transit)

Sur le pont de Tolbiac sur la Seine

Saviez-vous que ...

L'image du jour

La Zone à la porte de Bicêtre

Vu dans la presse...

1912

Sauvons les Gobelins !

Dans la pénurie lamentable des crédits affectés aux beaux arts, le budget des Gobelins est peut-être le plus précaire. (1912)

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1897

La voiture de la Mie de Pain

Souvent nous avons parlé de cette gentille œuvre la Mie de Pain, qui a rendu depuis six ans de si grands services aux pauvres de la Maison-Blanche. (1897)

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1893

Les travaux à réaliser dans le XIIIè

La revue "Les Annales industrielles" a dressé la liste des travaux de voirie à réaliser dans le XIIIè arrondissement (1893)

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1910

Les prochains grands travaux de Paris

Sur l'emprunt de 900 millions, dont la majeure partie doit servir à exécuter dans Paris de grands travaux de voirie (ce qui n'exclut pas ceux qui ont été décidés antérieurement à l'adoption de ce vaste plan de campagne), les quatre quartiers du treizième arrondissement auront une assez forte part. (1910)

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1910

La crue persiste

Au service hydrométrique, on escompte la cote de 5m.20 à Paris-Austerlitz d'ici à lundi matin et on espère qu'elle ne sera pas sensiblement dépassée. (1910)

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1897

L'assainissement de la Bièvre

Le préfet de la Seine a déclaré d'utilité publique l'assainissement de la vallée de la Bièvre aux abords de la rue du Moulin-des-Prés. (1897)

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1912

Une inondation boulevard Kellermann

Dans la soirée d'hier, vers six heures et demie, une conduite d'eau passant à la poterne des Peupliers, près du boulevard Kellermann, dans le treizième arrondissement, s'est rompue brusquement. (1912)

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1896

Mort de M. Ernest Rousselle

Ainsi que nous le faisions pressentir, M. Rousselle, conseiller municipal du quartier de la Maison-Blanche (treizième arrondissement), président du conseil municipal de Paris, a succombé hier matin à la maladie qui, depuis un certain temps, le tenait éloigné de l'Hôtel de Ville. (1896)

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1907

La suppression de la Bièvre

Le conseil ayant décidé, en 1899, après de lentes et nombreuses études, de faire procéder à la couverture de la Bièvre « dont les émanations exercent une influence fâcheuse sur la santé des riverains... (1907)

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1897

La villa des chiffonniers

Il faudrait battre longtemps Paris pour y trouver quelqu\'un de comparable à M. Enfert, qui vient de faire bénir, à la Maison-Blanche, une nouvelle œuvre. (1897)

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1923

Nouvelle ligne d'autobus

A dater du 28 octobre 1923, la S. T. C. R. P. mettra en service une nouvelle ligne d’autobus dénommée AI bis, « Place d’Italie-Gare Saint-Lazare » (1923)

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1915

Nécrologie : Eugène Bonneton

Une triste nouvelle nous arrive du front. Eugène Bonneton, le peintre
délicat du vieux Paris, de la Bièvre et des hivers parisiens, vient de s'éteindre dans une ambulance de l'Argonne. (1915)

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