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 La rue Mouffetard - 1858

Les futures grandes voies du 13e arrondissement

La rue Mouffetard

Le Siècle — 8 juin 1858

Les nouveaux boulevards Saint-Marcel et de la Santé, dont nous avons indiqué le parcours assurent de l'est à l'ouest de la ville d'excellents débouchés à travers les déserts du douzième arrondissement. Mais les besoins de la circulation générale exigeaient encore l'ouverture de lignes qui, traversant du sud au nord ces quartiers perdus à l'extrémité du Paris élégant, complèteraient le système d'améliorations que réclamaient à la fois les intérêts locaux et ceux de la population générale.

La rue Mouffetard -Extrait d'un plan de 1858

Pour y satisfaire, l'administration a décidé qu'à partir de la barrière de Fontainebleau, point culminant de la rive gauche de la Seine et dont le niveau serait considérablement abaissé de manière à réduire la pente trop rapide qui existe entre ce point et le fond de la vallée de la Bièvre, la rue Mouffetard serait élargie à quarante mètres.

Cet élargissement, appelé depuis si longtemps, ne porterait cependant que sur la partie de la rue Mouffetard comprise entre la barrière et la rue Fer-à-Moulin. Arrivée là, cette voie nouvelle se diviserait en deux branches, dont l'une irait à gauche retrouver le boulevard de Sébastopol, à la hauteur de la rue Soufflot et l'autre, à droite, serait dirigée vers la place Maubert.

De la barrière de Fontainebleau à la rue du Fer-à-Moulin, la rue Mouffetard, ainsi élargie, serait un véritable boulevard, décoré, comme les deux autres voies dont nous avons récemment parlé, de doubles plantations qui changeraient complétement et heureusement la physionomie connue jusqu'ici du faubourg Saint-Marceau.

Entre la barrière et la rue du Petit-Gentilly, un peu au dessus de la manufacture impériale de tapisseries, ce faubourg a déjà la largeur que l'on veut donner à la voie nouvelle ; mais, à partir de ce point, ce n'est pour ainsi dire qu'une ruelle fangeuse et d'une pente impraticable, aux maisons laides et malsaines, mal construites et inhabitables, qu'il est grand temps de remplacer par des maisons aérées, solides et commodes, plus en harmonie avec les maisons du reste de Paris.

Ch. Marville - La rue Mouffetard vue depuis l'emplacement de l'actuelle rue Abel Hovelaque vers 1865/67 (CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet)

La voie nouvelle dégagera les rues du Banquier, des Fossés-Saint-Marcel (future rue Lebrun NdE) et Croulebarbe; elle fournira à la manufacture impériale des Gobelins, si intéressante à tant de titres des abords en rapport avec son importance; elle supprimera les petits bâtiments affectés au service du concierge et le bâtiment qui longe la rue Mouffetard et où sont logés quelques ouvriers de la manufacture; elle dégagera, en les traversant, les rues des Gobelins et de la Reine-Blanche, traversera les boulevards de la Santé et de Saint-Marcel-au point de leur intersection, dégagera les rues du Petit-Moine, de Valence et du Fer à-Moulin, et, à la hauteur de cette dernière, se divisera en deux branches de vingt mètres de largeur, l'une dirigée vers le boulevard de Sébastopol, l'autre dirigée vers la place Maubert, dont nous étudierons le tracé.

Une troisième branche, pour ainsi dire dans la direction même de la nouvelle voie, large de vingt mètres et se prolongeant jusqu'à l'extrémité des rues Pascal et Censier, rattacherait au fond de la vallée de la Bièvre ce système de lignes qui traversant la partie la plus éloignée de l'arrondissement.

Au point de vue de la circulation générale, des besoins de la population, de l'industrie et de la propriété de ces quartiers, cette transformation de la partie du faubourg Saint-Marcel, dont la misère était proverbiale, cette transformation est certainement de la première importance.

Elle est la conséquence naturelle de la loi du 13 avril 1850 sur les logements insalubres. L'exécution de cette loi, c'est à-dire l'élargissement de la rue Mouffetard combiné avec l'ouverture des boulevards Saint-Marcel et de la Santé, contribuera puissamment à modifier profondément, et même à faire disparaître les causes d'abandon et de dépopulation du douzième arrondissement.

La montée vers la barrière de Fontainbleau dans le plan dit de Turgot (1734-1736)

En outre, on débaptisera très certainement la rue Mouffetard. Cet ancien nom ne sera plus en harmonie avec sa physionomie nouvelle. Il ne dit rien comme étymologie, puisqu'il est difficile de retrouver Mons Cetardus dans Mouffetard, et, tout au contraire, il dit beaucoup trop comme réputation d'insalubrité : il est comme le type ou l'image du quartier le plus mal habité de la capitale, et cela n'est pas sans influence sur l'éloignement de certaines personnes. Aucune origine certaine, aucun souvenir historique ne motivant ni ne protégeant le nom de cette rue, on pourrait sans nul inconvénient le changer et lui substituer avec avantage celui de rue de Fontainebleau, ou, mieux encore, rue d'Italie, puisqu'elle aboutit à l'importante barrière connue sous ces deux noms.

Le percement de la rue Mouffetard et l'arasement de la future place d'Italie - Gravure parue en 1868

A lire également

L'élargissement de la rue Mouffetard et l'aménagement de la place d'Italie (1867)



Les futures grandes voies du XIIIe

Sur les futurs boulevards Saint-Marcel et Port-Royal :

Sur le futur boulevard Arago :

Sur la future avenue des Gobelins :

Sur les boulevards extérieurs

Sur la rue de Tolbiac (rue du Transit)

Premier projet abandonné

Deuxième projet

Le deuxième projet du tracé de la rue du Transit ne sera pas davantage réalisé. La guerre et les évènements liés à la Commune de Paris mirent en sommeil les travaux dans le quartier de la Maison-Blanche et le projet fut rediscuté. Un nouveau tracé, plus au sud,  abandonnant la ligne droite et comportant une inflexion, fut adopté. Les travaux de franchissement de la vallée de la Bièvre purent réellement commencer.

Sur le pont de Tolbiac sur la Seine

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Le Puits artésien de la Butte-aux Cailles

L'achèvement prochain des travaux du puits artésien de la place Hébert est venu nous rappeler un autre puits du même genr dont le forage fut commencé presque à la même époque que celui du puits des hauteurs des Belleville, mais tombé complètement dans l'oubli depuis une vingtaine d'années : nous voulons parler du puits artésien de la Butte-aux-Cailles. (1889)

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Les eaux thermales de la Butte-aux-Cailles

Nous avons pu rencontrer ce matin le sympathique conseiller municipal du treizième arrondissement, M. Henri Rousselle, sur l'initiative de qui les travaux avaient été poursuivis et qui, tout heureux du résultat obtenu, nous a donné sur le puits artésien de la Butte-aux-Cailles les renseignements suivants... (1903)

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Le dispensaire Emile-Loubet

Le quartier de la Gare était en fête hier, et la population de travailleurs qui l'habite a chaleureusement manifesté au Président de la République les sentiments de gratitude qu'elle nourrit à son égard pour la nouvelle preuve de sollicitude qu'il vient de lui donner en faisant édifier l'établissement philanthropique qui portera désormais son nom. (1905)

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Trois îlots à détruire d'urgence

Avant que d'être un égout, la Bièvre, semblable en cela à tant d'autres cours d'eau avait eu ses caprices, et avait formé, entre ce qui est maintenant le boulevard Arago et l'avenue des Gobelins, un îlot coquet, au milieu duquel poussait, au hasard des apports du vent, une flore des plus variées. (1923)

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L'inauguration du monument aux Mères Françaises

En présence de M. et Mme Albert Lebrun a été inauguré hier, boulevard Kellermann, près de la porte d’Italie, le monument élevé à la gloire des mères françaises, œuvre des sculpteurs Bouchard et Dalcatone et des architectes Greber et Bigot. (1938)

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Saviez-vous que... ?

La marché découvert des Gobelins — que l'on appelle aujourd'hui le marché Auguste-Blanqui — remplaça le marché couvert à compter du 9 mai 1898 et, comme maintenant, se tenait les mardis, vendredis et dimanches.

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Les batiments anciens de la gare d'Austerlitz ont été construits en 1867 sous la direction de l'architecte Renault.

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La rue du Petit Banquier que Balzac et Victor Hugo rendirent célèbre, l'un dans le colonel Chabert, l'autre dans les Misérables, perdit son nom au profit du peintre Watteau par décret impérial du 27 février 1867.

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En 1887, Charles et Alphonse Sécheresse, tous deux domiciliés 13 passage du Moulinet et tous deux marchands de vinaigre, constituaient une société en nom collectif ayant pour objet le commerce de marchand de vinaigre et de conserves. Alphonse en deviendra le seul propriétaie à partir de 1891. Plus tard, il sera condamné pour mise en vente d'huile falsifiée.

L'image du jour

Construction de la rue de Tolbiac : franchissement de la Bièvre à la Glacière

La photographie est de Charles Marville et a été prise vers 1876. La rue d'Alésia est déjà achevée. La construction de la rue de Tolbiac subit beaucoup de retard compte tenu de l'ampleur des travaux.